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LA PAROLE ET LES ACTES

Vendredi 19 août 

Ce matin, le Congrès a procédé à l’élection de son président, des membres du bureau et des membres de ses différentes commissions.

La coalition Rassemblement-UMP, Avenir Ensemble, Union Calédonienne, Parti Travailliste et Didier Leroux a fait le plein de ses voix.

Dans le discours qu’il a prononcé une fois élu, Roch Wamytan a rendu un hommage particulier à Léonard Sam, qui a accompli sa tâche de président par intérim dans des conditions particulièrement difficiles. Nous voyons dans cet hommage une prise de conscience, par les membres de la coalition, du caractère blessant, voire insultant, des propos tenus par certains à l’égard de Léonard Sam. Cet hommage est donc pour nous très important.

Roch Wamytan a également prononcé des paroles d’apaisement. Ces paroles, nous les avons appréciées. Elles sonnaient juste.

Pour autant, nous attendons qu’elles se traduisent maintenant par des actes.

De notre côté, cela fait maintenant plus de trois mois que nous avons manifesté notre volonté de dialogue. Nous souhaitons qu’un compromis politique raisonnable soit trouvé au sein du gouvernement. Nous avons à plusieurs reprises fait des propositions concrètes, très récemment encore, mais en vain.

Mais, dès cet après midi, nous avons pu constater que la coalition est immédiatement retombée dans ses travers politiciens. Deux heures seulement après le discours de Roch Wamytan, la volonté affichée d’apaisement s’était déjà envolée.

En effet, la coalition a décidé de retirer de l’ordre du jour les deux propositions de délibération relatives à la vie chère (création d’une commission spéciale et saisine de l’autorité nationale de la concurrence) ainsi que la proposition de délibération concernant le drapeau du pays.

Ce sont ces trois textes qui avaient justifié la décision de Léonard Sam, hier soir, de maintenir la séance d’aujourd’hui.

Les deux premiers avaient été préparés par Calédonie Ensemble pour donner suite aux demandes de l’intersyndicale, qui avait explicitement réclamé :

– la création d’une commission spéciale du congrès, chargée de conclure des accords économiques et sociaux, définissant les grandes lignes et le calendrier des réformes à conduire pour lutter contre la vie chère et mieux partager les richesses

– la saisine, par le congrès, selon les formes explicitement prévues par la loi organique (article 203), de l’autorité nationale de la concurrence

Nous avions pris cette initiative suite à l’absence totale de propositions concrètes émanant tant du congrès que du gouvernement, alors que des engagements avaient été pris envers l’intersyndicale.

Nos propositions résultaient d’un travail de préparation conséquent, et ouvert à toutes les bonnes volontés :

– des avant-projets ont été transmis à tous les membres du congrès le 5 août,

– une réunion de travail a été organisée avec l’intersyndicale le 10 août

– une réunion interne au congrès, à laquelle ont été conviées toutes les formations politiques, a été organisée le 11 août

– les propositions définitives ont été officiellement déposées le 12 août par Calédonie Ensemble, le LMD et l’UDC

– elles ont été adressées à tous les membres du congrès et envoyées pour avis au gouvernement

– elles ont été examinées par la commission des finances et du budget le 17 août, lors d’une séance à laquelle avait été conviée l’intersyndicale

– l’avis favorable de la commission intégrait des amendements permettant de donner suite à toutes les remarques formulées

En quinze jours, nous avons fait le travail demandé à juste titre depuis trois mois par l’intersyndicale !

Malgré cette concertation approfondie, malgré l’avis favorable de l’intersyndicale, la coalition a aujourd’hui imposé le retrait de ces textes, pour des arguties juridiques. Elle s’engage à présenter un autre projet avant le 1er septembre, mais pourtant, sans que ce texte soit connu, le congrès a procédé à l’élection des membres de la future commission. C’est une pantalonnade ! Et une première dans l’histoire de l’institution !

Tout cela constitue un bidouillage politicien méprisable, et méprisant à l’égard des Calédoniens.

Cette manœuvre cache une volonté délibérée d’évacuer certains sujets importants, qui avaient été précisément inscrits dans les textes proposés aujourd’hui au vote du Congrès. Mais ceux-ci avaient un vice majeur : ils avaient été préparés par Calédonie Ensemble !

Quant au retrait de la proposition de délibération créant une commission spéciale chargée de rechercher en commun le drapeau du pays, il illustrela duplicité de la coalition.

La création de cette commission associant la société civile devait traduire l’une des conclusions du comité des signataires du 7 juillet 2011, dont le relevé de décisions invite les partenaires « à effectuer, conformément au point 1.5 de l’Accord de Nouméa, un travail de recherche en commun du drapeau exprimant l’identité kanak et le futur partagé entre tous ».

Ces conclusions avaient été adoptées par tous les membres du comité des signataires, y compris les représentants de la coalition.

 A Paris, la coalition signe ce relevé de conclusions. A Nouméa, elle oublie son engagement.

 Au bilan, la coalition fait une fois encore la démonstration de son mépris total des engagements pris, et ce sont les Calédoniens qui en paient le prix.

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