Accueil ACTUALITÉS DECRYPTAGE DES MEDIAS – 22 au 26 septembre 2011

DECRYPTAGE DES MEDIAS – 22 au 26 septembre 2011

Pierre FROGIER sur RRB le 22 Septembre 2011 

Nous allons tenter de décrypter la pensée de Pierre Frogier ou, a minima, son expression publique : l’exercice est ambitieux… 

« Journaliste : Vous êtes, depuis 96, député de la seconde circonscription. Pourquoi changer de mandat, aujourd’hui, pourquoi briguer un mandat de sénateur ?

Pierre Frogier : C’est une question complexe, donnez-moi quelques instants pour vous répondre (…) J’avais décidé d’interrompre, non pas ma vie politique, mais, au plan national, ma vie politique en 2012, au prochain renouvellement. Pourquoi ? Parce que pour être réélu en juin 2012, il y a une campagne, c’est toujours difficile, le résultat n’est jamais acquis et je suis arrivé dans les moments où j’ai moins d’énergie qu’auparavant. Rassurez-vous, politiquement, ça marche encore, mais c’est vrai que j’ai moins d’énergie. Et la deuxième circonscription, Yaté, Poum et Bélep, c’est… »

Journaliste : Toute la Calédonie, sauf Nouméa et les îles Loyauté ?

Pierre Frogier : « C’est ça. Donc, il faut beaucoup d’énergie, beaucoup de temps et c’est une campagne électorale dans laquelle il faut s’engager au moins six mois avant. Et pour tout vous dire, je n’ai plus cette énergie. (…) »

Enfin Pierre Frogier l’avoue dans un souffle… mais comme c’est douloureux ! Ainsi s’il ne se présente pas aux élections législatives en juin 2012 au terme de son mandat c’est parce que :
1- Il n’a plus d’E-N-E-R-G-I-E
2- Le résultat n’est jamais acquis !
Je vous demande de le relire pour le croire. Parce que nous à Calédonie Ensemble on est encore abasourdi que le député sortant Pierre Frogier après avoir fait le drapeau dans le dos des calédoniens, la présidence du congrès à un indépendantiste aussi, le renversement du gouvernement également, ait décidé de se faire élire sénateur dans le dos des calédoniens. Au motif qu’il est fatigué et qu’il a peur de perdre…C’est vrai, c’est en 2011, c’est en Nouvelle-Calédonie, et c’est Pierre Frogier !

Pierre Frogier : « Je ne pouvais pas dire à mes camarades au Rassemblement : bon, maintenant, débrouillez vous, moi, je m’en vais en 2012. Il y a eu, effectivement, cette opportunité de l’élection sénatoriale. Vous savez, j’y ai réfléchi longuement. Et il y a deux ans, des gens que je connais bien à Paris, notamment au Sénat, m’ont dit eux-mêmes : ta place, elle est là. Si tu peux te faire élire, ta place est là. (…)Je crois, aujourd’hui, et c’est ce qui a emporté ma conviction, que c’est au Sénat que pourra se porter la solution à laquelle nous aspirons tous. »

Deuxième explication qui vaut son pesant de cacahuètes : c’est pas lui qui voulait aller au Sénat, on lui a demandé : « Ta place elle est là ». Je le dis, à tous ceux qui en doutent, Pierre Frogier c’est un parlementaire qui s’arrache, un parlementaire que la France nous envie ! Tant est si bien qu’au Sénat on le supplie de quitter l’Assemblée Nationale pour rejoindre la chambre haute ! Mais maintenant on veut des noms : qui lui a demandé de venir au Sénat ?

« Journaliste : À ceux qui disent que, entre guillemets, vous vous défilez, que vous ne voulez pas affronter le suffrage universel en 2012 et que vous avez choisi le suffrage indirect, qu’est-ce que vous répondez ?

Pierre Frogier : Oh, je n’ai rien à répondre à ceux-là. Moi, je n’ai pas de comptes à rendre à ces gens-là. »

Au moins, on peut dire qu’il ne se mouche pas du coude. Il n’a de comptes à rendre à personne et surtout pas à la population calédonienne, à l’égard de laquelle, il a trahi tous les engagements qu’il a pris. On comprend pourquoi il veut éviter la « brûlure » du suffrage universel direct …

Pierre FROGIER sur RRB du 26 septembre 2011

Pour les mensonges c’est connu : plus c’est gros, mieux ça passe. Cas pratique issu des dernières élections sénatoriales.

« Journaliste : Des élections sénatoriales qui se déroulaient hier, dans la résidence du haut-commissariat, où avaient été installés les deux bureaux de vote. Les réactions de Pierre Frogier : il avait souhaité devenir sénateur, en estimant que c’est au Sénat que se portera le futur statut de la Nouvelle-Calédonie :

Pierre Frogier : Je crois que c’est une satisfaction pour le Rassemblement. Bien sûr que je souhaite remercier tous celles et ceux, enfin tous les grandes électrices, les grands électeurs qui nous ont permis d’obtenir ce résultat, et ce résultat a été obtenu grâce à une mobilisation au-delà, bien sûr, des forces du Rassemblement. »

Pierre Frogier nous indique que : « le résultat du RUMP aux sénatoriales a été obtenu grâce à une mobilisation au-delà des forces du Rassemblement ». Nous allons vous expliquer très simplement ce qu’il s’est passé. Au premier tour Frogier fait 230 voix, Vendegou 232 et Tutugoro (FLNKS) 121. Au deuxième tour, l’Union Calédonienne a tripatouillé avec le RUMP, ce qui a conduit Tutugoro à se retrouver avec 30 voix de moins (91), Frogier avec 10 de plus (240) et Vendegou avec 6 de plus (238). Ce résultat a été obtenu grâce au concours de 30 grands électeurs de l’UC qui ont pris le bulletin FLNKS, rayé le nom de Tutugoro et laissé celui de Pidjot, et en même temps, rajouté dans l’enveloppe un bulletin Frogier pour certains et un bulletin Vendegou pour d’autres.Voilà la petite alchimie d’arrière-cour qui conduit Tutugoro, victime collatérale du trafic, à se retrouver avec 30 voix de moins…et Frogier et Vendegou avec une petite dizaine en plus !
C’est ça que Frogier veut dire quand il parle : « d’une mobilisation au-delà des forces du Rassemblement »…

Adolphe DIGOUE sur RNC le 26 septembre 2011

Adolphe Digoué du Palika dénonce également ce petit trafic :

Journaliste : (…) Adolphe Digoué, maire de Yaté, élu de la province et du Congrès, a obtenu près de 16 % des voix, hier. Il dénonce, lui, le report des votes et l’alliance contre nature entre le RUMP et l’UC :

Adolphe Digoué : Moi, je dis que le report de voix positives sur la candidature de monsieur Pierre Frogier vient bien des voix qui manquent à Victor Tutugoro. Depuis le début de l’année, le Palika n’arrête pas d’alerter l’opinion sur ce sujet, ce rapprochement, et cette alliance que, nous, on a qualifié de contre nature. »

RNC du 26 septembre 2011

Les médias pour le RUMP doivent avoir une ligne de conduite simple, parfaitement incarné par RRB, qu’on peut résumer par une formule familière : lécher les bottes. Radio Nouvelle-Calédonie ayant eu l’outrecuidance de ne pas se livrer à l’exercice d’une manière suffisamment assidue, le RUMP manifeste sa mauvaise humeur en boycottant le média.

Journaliste : « Vous l’avez, en effet, sans doute relevé, ce matin, les deux nouveaux sénateurs, élus hier, n’ont pas brillé uniquement dans les urnes, ils ont également brillé sur notre antenne, mais par leur absence, cette fois-ci. Alors, nous devons, en effet, une explication à nos auditeurs, c’est la moindre des choses. Il faut savoir d’abord que ce n’est pas de notre fait. Notre reporter a bien sollicité, poliment, gentiment les deux sénateurs nouvellement élus, avant d’essuyer un non catégorique et on ne peut plus ferme, de la part de monsieur Frogier, et dans la foulée de monsieur Hilarion Vendegou. Dans le camp de monsieur Frogier, on a même avancé, à un moment, un différent qui opposerait le RUMP à notre maison. Cela étant dit, ce n’est pas la première fois en même temps que monsieur Frogier « refuse de parler à cette radio-là », pour reprendre ses propres termes d’hier soir. Combien de fois, en effet, nos journalistes ont tendu leurs micros au, désormais, nouveau sénateur, pour s’entendre dire : « non, je ne vous parle pas ». Donc, si vous n’entendez pas monsieur Frogier sénateur, ou monsieur Frogier président de la province Sud, sur nos ondes, quel que soit l’événement, ne soyez donc pas surpris, c’est que ce dernier refuse de s’exprimer tout simplement devant nos micros, point, sans plus d’explication de sa part. C’est son droit le plus absolu vous me direz, mais, c’est aussi notre devoir de le souligner, de le dire à nos auditeurs, par honnêteté. Cette même honnêteté qui anime chaque journaliste de notre rédaction. Des journalistes qui travaillent quotidiennement au service de notre public, de nos auditeurs, et non au service d’un parti, ou d’un homme politique, d’autres sont plus doués que nous dans cet exercice. Pour autant et par souci d’objectivité de pluralisme sur notre antenne, Messieurs les sénateurs, sachez-le, notre porte vous reste toujours grande ouverte. »

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