Accueil ACTUALITÉS L’ECOLE DU PAYS: LA PAROLE DES CALEDONIENS NE DOIT PAS ETRE CONFISQUEE

L’ECOLE DU PAYS: LA PAROLE DES CALEDONIENS NE DOIT PAS ETRE CONFISQUEE

Communiqué de presse Calédonie Ensemble du vendredi 7 octobre 2011

En 2010, le gouvernement présidé par Philippe GOMES a organisé un Grand débat sur l’avenir de l’Ecole calédonienne, dans le cadre du transfert des compétences de l’enseignement secondaire et du primaire privé prévu au 1er janvier 2012.

Une commission, chargée de l’organisation du Grand débat, a été installée le 26 février 2010, en présence de M. Luc CHATEL, ministre de l’Education nationale, qui avait salué cette initiative.

La commission du Grand débat était composée de 40 calédoniens issus du monde éducatif et de la société civile, représentatifs de tout le pays au plan géographique et communautaire. Elle a travaillé en toute indépendance sous la présidence de Monsieur Claude THELOT (ancien président du Grand débat national sur l’école en 2003-2004) et la vice-présidence de Madame Michèle DURAND ROIRE (inspectrice de l’Education nationale) et de Monsieur Octave TOGNA (ancien directeur du centre culturel Jean-Marie TJIBAOU).

Lancé à la mi-avril 2010, au cours d’un séminaire de préparation à Poindimié regroupant les membres de la commission et les référents institutionnels, le Grand débat sur l’avenir de l’école calédonienne s’est clos le 15 octobre suivant. Il a duré six mois, durant lesquels un travail remarquable a été effectué : six mois d’échanges intenses qui ont mobilisé près de 4000 personnes. C’est un exercice unique de démocratie participative qui a été accompli là.

Plusieurs milliers de Calédoniens du Nord, du Sud et des Iles se sont fortement mobilisés pour participer à plus de 200 débats publics réunissant 514 structures (écoles, collèges et lycées du public comme du privé, conseils municipaux, tribus, maisons communes, maisons de quartiers…). Au cours de ces réunions publics, des membres de la communauté éducative, des parents, des jeunes et des moins jeunes ont pu s’exprimer sur leur vision de l’école calédonienne et leurs attentes

En sus des réunions publiques, une cinquantaine d’auditions a été organisée et des contributions écrites émanant des forces politiques, syndicales et éducatives ont été transmises à la commission. L’expression des Calédoniens a été formalisée, dans un premier temps, au travers d’un document appelé le « Miroir du débat » (6 décembre 2010, www.monpaysmonecole.gouv.nc).

Ensuite, la commission a rédigé le Rapport de la commission, qui comprend « 60 recommandations pour la réussite de nos enfants ».

Le 19 avril 2011, la commission a remis officiellement ce rapport et ces recommandations au gouvernement présidé par Monsieur Harold MARTIN. Le communiqué de presse du gouvernement indiquait simplement : « Il s’agit là de pistes de réflexion qui devront à présent faire l’objet d’un véritable tour de table institutionnel et politique […] Il convient aujourd’hui de tout mettre en œuvre pour que ces 60 recommandations ainsi que celles faites par le passé par d’autres instances soient mises en commun pour aboutir à la rédaction d’un projet éducatif qui deviendra le socle de l’école de demain. ».

A ce jour, plus de six mois après, nous constatons que le rapport de la commission n’a toujours pas été diffusé à l’ensemble des référents du système éducatif, des directeurs d’écoles et chefs d’établissements du public et du privé. De la même manière, ce document n’est pas publié, ni sur le site du Grand débat, ni sur celui du gouvernement, et ce malgré une attente légitime de la population.

Des milliers de calédoniens, qui ont participé au Grand débat, se demandent en effet pourquoi le rapport et les recommandations ne sont pas diffusés, pourquoi la réflexion engagée ne se poursuit pas au sein des institutions qui ont la charge d’élaborer le projet éducatif du pays. Et c’est bien normal !

Un comité politique en charge du projet éducatif a été installé par Mme Sonia BACKES. Trois réunions de la commission de l’enseignement et de la culture se sont tenues au congrès pour informer les élus et débattre de l’avancée du projet. Les recommandations de la Commission du Grand débat n’ont jamais été évoquées. Tout se passe comme si elles n’existaient pas.

A Calédonie Ensemble, nous trouvons cela inadmissible ! Quel mépris pour les milliers de Calédoniens qui se sont investis dans cette réflexion, dans le seul but d’améliorer notre école. Quel gâchis pour les 40 calédoniens, membres de la commission du Grand débat, qui ont organisé la concertation la plus large et alimenter la réflexion commune.

C’est pourquoi, nous avons décidé de transmettre à tous les acteurs du système éducatif et aux élus des provinces et des communes, le document synthétique édité par la commission, intitulé « Quelle Ecole pour mon pays ? 60 recommandations pour la réussite de nos enfants ».

Nous avons transmis une copie de cette lettre au gouvernement (cf. pièce jointe) et lui avons demandé de diffuser, comme il se doit, le rapport de la Commission ou, a minima, de le rendre accessible sur le site du gouvernement et sur celui du Grand débat.

Nos élus ont engagé une démarche similaire lors de la réunion de la commission de l’enseignement et de la culture du congrès qui a eu lieu ce jour.

Sur un sujet aussi important, qui concerne l’école calédonienne et donc l’avenir de nos enfants, la parole des calédoniens ne doit pas être confisquée.

Pour lire la lettre adressée au gouvernement, cliquez-ici

Pour lire les 60 recommandations du Grand Débat, cliquez-ici

Pour consulter le livret du Grand Débat, cliquez-ici

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