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STOP AU CADENASSAGE DE LA LIBERTE D’EXPRESSION

Conférence de presse commune du 20 octobre 2011

UDC PALIKA CE LMD LKS

Nous dénonçons collectivement les manœuvres de la coalition et du CSA, visant à maintenir le verrouillage du paysage radiophonique calédonien !

Par ce courrier, nous dénonçons une procédure organisée pour maintenir le verrouillage du paysage radiophonique calédonien.

L’appel à candidatures « sur mesure » du CSA :

L’appel à candidatures lancé par le CSA le 19 juillet dernier porte sur 59 fréquences radiophoniques. Mais 45 d’entre elles sont déjà utilisées par RRB (22), Djiido (22) et NRJ (1). De plus, les 14 fréquences restantes sont toutes situées en brousse et dans les îles.

Est-ce parce qu’il n’existe pas d’autres fréquences disponibles sur le grand Nouméa ? La réponse est clairement non ! Le précédent appel à candidatures, lancé en 2005, avait proposé 8 fréquences nouvelles sur le Grand Nouméa et celles-ci sont encore disponibles aujourd’hui. A l’époque, 13 candidatures nouvelles avaient été déposées. Le président du groupe de travail du CSA pour l’outre-mer, Alain Méar, avait d’ailleurs reconnu, lors de sa dernière visite en Nouvelle-Calédonie, qu’ « il y a de la ressource question fréquences et si certaines n’ont pas trouvé preneurs, c’est qu’elles n’ont pas encore été mises à l’appel » (Les Nouvelles Calédoniennes du 1er octobre 2011).

En choisissant délibérément de ne pas proposer l’attribution des fréquences disponibles sur le grand Nouméa, le CSA privilégie donc ouvertement le maintien du statu quo, au profit de RRB et Djiido. Car aucune radio ne peut s’implanter en étant restreinte aux seules zones rurales.

Ce choix du CSA de limiter la consultation aux seules fréquences disponibles hors du grand Nouméa est illégal. La loi de 1986 sur l’audiovisuel garantit depuis un quart de siècle, le principe de liberté de la communication audiovisuelle. Et sur cette base, le CSA a déjà été condamné par le Conseil d’Etat pour avoir refusé de faire porter une consultation sur une fréquence techniquement disponible. C’est pourtant exactement ce qu’il vient de refaire aujourd’hui.

L’objet de notre lettre est de dénoncer cette illégalité, et de faire comprendre au CSA qu’à défaut d’un appel à candidature réellement ouvert, nous sommes prêts à saisir la justice, afin de faire respecter la loi sur l’audiovisuel.

L’avis liberticide du gouvernement :

Par un avis officiel en date du 19 juillet dernier, le Gouvernement de la Nouvelle-Calédonie a non seulement approuvé la consultation « restreinte » lancée par le CSA, mais surtout expressément recommandé qu’aucune radio nouvelle ne soit autorisée !

La coalition RUMP – PT – UC a justifié son opposition « à l’autorisation d’émettre de nouveaux projets radiophoniques, quels qu’ils soient », au motif que cela conduirait à « déstabiliser, à l’approche de l’échéance 2014-2018, la “donne institutionnelle” qui résulte des accords de Matignon et de Nouméa ». Elle a également déclaré qu’en cas d’autorisation de nouvelles radios commerciales, RRB et Radio Djiido perdraient des ressources publicitaires « déjà très restreintes », ce qui pourrait les conduire à ne plus émettre « notamment dans l’intérieur et dans les îles », en soulignant que cela serait « contraire à l’aspiration légitime d’établir, avec Radio Nouvelle-Calédonie Première, un véritable pluralisme politique sur tout le territoire calédonien et au bénéfice de tous les calédoniens » !

On croit rêver !

Faut-il rappeler qu’en juin 2008, lorsque le gouvernement national a fait modifier la loi pour prolonger de 3 ans les autorisations de RRB, Djiido et NRJ, tous les membres du Congrès, à la seule exception du Rassemblement-UMP, ont voté contre cette modification, qu’ils ont qualifiée d’« atteinte au droit fondamental de la liberté d’information et d’expression » (séance du congrès du 25 juin 2008).

L’ « exception » calédonienne :

La Nouvelle-Calédonie est, depuis trop longtemps, la seule partie du territoire national où l’on refuse d’appliquer le principe de liberté de la communication audiovisuelle.

Chez nous, et chez nous seulement, aucune radio nouvelle ne peut s’installer.

On compte 6 radios seulement en Nouvelle-Calédonie, contre 38 à La Réunion, 18 à Mayotte et 10 en Polynésie, ou encore 15 à Fidji et 27 en Tasmanie…

Aucune argutie ne peut le justifier.

La question du marché publicitaire est un prétexte totalement fallacieux :

D’abord, parce que le marché publicitaire d’une île telle que Mayotte, qui permet de faire fonctionner 18 radios, est évidemment inférieur à celui de la Nouvelle-Calédonie ;

Ensuite, parce que les recettes publicitaires de RRB et Radio Djiido ne représentent qu’une part résiduelle de leurs ressources, qui proviennent pour l’essentiel (environ 100 millions par an et par radio) de subventions publiques ;

Enfin et surtout, parce que la question du marché publicitaire n’est juridiquement pas recevable par le CSA, puisque la loi de 1986 ne la retient pas comme critère.

Sur le pluralisme, ensuite : selon la coalition, favoriser la liberté d’expression « déstabiliserait la “donne institutionnelle” qui résulte des accords de Matignon et de Nouméa ». Affirmer une telle ineptie, c’est vraiment se moquer des Calédoniens. Bien au contraire, l’approche de « l’échéance 2014-2018 » est une bonne raison pour faciliter le débat public et la réflexion collective, et pas pour le cadenasser au profit de deux mouvements politiques.

L’Etat reconnait lui-même que ce schéma bipolaire appartient au passé. En juillet dernier, il a ouvert, pour la première fois, le comité des signataires aux formations politiques apparues depuis la signature de l’Accord de Nouméa et légitimées par le suffrage universel, « pour tenir compte de l’évolution de la situation en Nouvelle-Calédonie et de l’expression démocratique » (François FILLON – 19 Mai 2011)

Une nouvelle fois, les signataires instrumentalisent l’accord de Nouméa, en lui faisant dire ce qu’il ne dit pas ! Qui peut croire que l’arrivée d’une nouvelle radio va « déstabiliser, à l’approche de l’échéance 2014-2018, la “donne institutionnelle” qui résulte des accords de Matignon et de Nouméa » ?

Qui peut croire que le pluralisme est garanti lorsque l’on limite le paysage radiophonique de la brousse et des îles à 2 radio de service public, l’une nationale et l’autre locale, et 2 radios d’expression, l’une aux ordres de l’UC et l’autre aux ordres du RUMP ? Ces radios sont des radios d’opinion, qui sont très loin de faire preuve d’objectivité dans leur façon de couvrir l’actualité, et leurs sensibilités respectives sont également très loin de couvrir l’ensemble des sensibilités politiques en Nouvelle-Calédonie.

Nous dénonçons fermement la volonté de la coalition de manipuler l’opinion et de restreindre la liberté d’expression.

Les élus calédoniens avaient déjà dénoncé les manœuvres du RUMP en 2005 et en 2008, destinées à empêcher l’arrivée de nouvelles radios. En 2010, ils avaient également dénoncé le chantage fait par la province Sud à l’encontre d’Océane FM, en conditionnant le versement de subventions à Océane FM à une évolution de la ligne éditoriale de la radio.

Nous dénonçons aujourd’hui les accointances entre le CSA et la coalition, destinée à maintenir muselée la liberté d’expression dans notre pays.

Lire la lettre adressée au CSAici

Paul Néaoutyne sur Radio Djido le 20 octobre 2011

Journaliste : On parle fréquences, le Palika, le LMD, Calédonie ensemble, l’UDC et enfin le LKS se sont positionnés pour dénoncer collectivement le verrouillage radiophonique au pays. D’après eux, c’est une affaire politique orchestrée par la coalition du gouvernement et le conseil supérieur de l’audiovisuel. Il faut donner la possibilité à d’autres radios de s’exprimer, dixit Paul Néaoutyine, porte-parole du Palika :

Paul Néaoutyine : On a pris position sur un même sujet. Donc, comme on est tous sur le fait de dire qu’il faut libérer les fréquences, pour permettre le débat…, je veux dire, si d’autres organisations, politiques ou pas, on devrait leur donner la possibilité d’organiser une radio et de pouvoir s’exprimer, donc, c’est ça la position, mais, c’est pas nouveau, pour ce qui concerne le Palika. Cette position, on l’a défendue quand le débat a eu lieu au Congrès, et au comité des signataires, quand le sujet a été évoqué, qu’il faudrait ouvrir les choses dans l’esprit de l’Accord de Nouméa. C’est une prise de position de principe, et c’est pas normal que les choses restent en l’état (…)

Journaliste : Donc, concrètement, vous dénoncez ce que…, l’UMP ou l’UC ?

Paul Néaoutyine : Je comprends pas que le CSA, dont la mission, c’est de permettre la transparence au niveau de l’audiovisuel ne va pas dans le sens de l’ouverture. Donc, elle a reçu certainement, le CSA a certainement reçu une injonction. Je rappelle que le comité qui correspond au CSA, en Nouvelle-Calédonie, est une émanation du gouvernement (…). Donc, bien évidemment que si le gouvernement Martin ne souhaite pas ouvrir les choses, peut-être que c’est pour cette raison que le CSA s’exécute, mais nous, nous sommes quand même dans l’opinion du pays. Donc, même si Djiido, c’est une radio que nous soutenons, mais, je rappelle que la province Nord finance aussi bien Djiido que RRB, c’est pas une raison pour cadenasser le paysage radiophonique.

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