Accueil ACTUALITÉS ACCORD AERIEN AVEC L’AUSTRALIE: NON A UN « CHEQUE EN BLANC »!

ACCORD AERIEN AVEC L’AUSTRALIE: NON A UN « CHEQUE EN BLANC »!

Réunion de la commission permanente du congrès du 21 octobre 2011

Projet de délibération habilitant le président du gouvernement de la Nouvelle-Calédonie à négocier un accord aérien avec l’Australie

Explication de vote de CALEDONIE ENSEMBLE

Monsieur le président, chers collègues,

Le projet de délibération qui nous est soumis aujourd’hui a pour objet d’autoriser le président du gouvernement de la Nouvelle-Calédonie à négocier avec le gouvernement fédéral australien, dans le respect des engagements internationaux de la République, un accord relatif aux droits de trafic aériens entre la Nouvelle-Calédonie et l’Australie.

Les raisons invoquées sont apparemment légitimes : Air Calin utilise en effet aujourd’hui 93% de la capacité dévolue aux compagnies françaises par l’accord actuellement en vigueur.

Les débats en commission ont montré que le gouvernement souhaitait obtenir plus de droits de trafic pour Aircalin, tout en reconnaissant qu’il lui faudrait alors accepter en contrepartie une augmentation des droits ouverts aux compagnies australiennes. Or l’Australie n’utilise aujourd’hui que 68% de ses droits de trafic. Lorsque ces droits seront augmentés, l’Australie pourra donc attribuer des droits très conséquents (supérieurs à 5 rotations par semaine) à toute compagnie enregistrée sur son territoire

Dès lors, il est tout à fait possible que cela intéresse une compagnie nouvelle.

Cela montre bien que cette question de l’accord avec l’Australie est une question majeure pour l’organisation de notre desserte aérienne.

C’est bien pour anticiper les conséquences de tels choix que l’ADANC a, à la mi 2010, décidé d’engager une « étude stratégique ». Ici même, le 20 décembre dernier, lors de la séance des questions orales au gouvernement, Philippe GOMES nous avait présenté les objectifs de cette étude et ses différentes phases. La phase I était alors en voie d’achèvement, et la phase II devait durer 8 semaines. Un débat au congrès devait avoir lieu avant la fin du 1er semestre 2011.

Or à ce jour ce débat n’a pas eu lieu, et le gouvernement n’a transmis au congrès aucune information sur les tenants et les aboutissants des évolutions possibles de notre desserte aérienne. Il ne nous a apporté aucun éclairage sur les conséquences possibles, pour le secteur du tourisme, pour les voyages des calédoniens, ou pour la compagnie internationale calédonienne, d’une ouverture plus ou moins rapide de nos relations aériennes avec l’Australie.

Pour nous, un tel débat, basé sur des études argumentées, est indispensable.

Tous les groupes politiques sont d’accord pour dire que notre desserte doit évoluer. C’est dans ce cadre que l’ADANC avait explicitement envisagé des scénarios volontaristes, allant même jusqu’à demander que soient étudiés les moyens permettant l’implantation d’une compagnie low-cost et les conséquences d’une telle implantation.

Mais aujourd’hui, avec ce projet de délibération, le gouvernement nous demande un chèque en blanc.

Lui-même n’a aucune idée du résultat auquel il souhaiterait aboutir, et encore moins des conséquences concrètes de cette négociation. Le président du gouvernement a ainsi reconnu en commission qu’il ne savait pas si, avec plus de droits de trafic, les prix des billets pourraient baisser…

Au terme de la négociation envisagée avec l’Australie, serons-nous encore maîtres de nos choix futurs ? Cette question importante n’a reçu aucune réponse.

Nous ne souhaitons pas suivre le gouvernement dans son cheminement vers l’inconnu.

Nous voterons donc contre ce projet de délibération.

À voir aussi :

Examen à l’Assemblée nationale du Projet de loi relatif à l’orientation et à la réussite des étudiants : Philippe Gomès se prononce contre la motion de renvoi en commission

( 12 décembre 2017 ) Ce mardi, les députés ont débuté l’examen du projet de loi relatif à …