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DECRYPTAGE DES MEDIAS – du 3 au 14 novembre 2011

decryptage des medias

Roch Wamytan et Charles Pidjot ne seraient plus indépendantistes grâce à l’action du RUMP au sein de la coalition. Pourtant, à chaque congrès de l’UC, ils travaillent sur la « Constitution de Kanaky » … Et au cas où certains finiraient par croire la propagande officielle sur des indépendantistes qui auraient viré leur cuti, deux d’entre eux rappellent les fondamentaux :

 Charles PIDJOT le 3 novembre 2011 sur Radio Djido.

Charles Pidjot : « Aujourd’hui, on est en fin d’année, on est à la veille des votes des budgets, à la veille de la déclaration de politique générale, (…), on est dans une période charnière qui va nous permettre, au rendu de ces rapports-là, de dégager les grands axes sur lesquels on pourra bâtir les politiques qui nous permettront d’accéder à la pleine souveraineté. (…)  À l’UC, il ne suffit pas de crier « Indépendance, indépendance », « Kanaky, Kanaky ». L’un des thèmes, c’est mettre le rêve à portée de main, c’est de dire que c’est devant, il faut le prendre. Il ne suffit pas de crier « Kanaky », (…) c’est aussi dire, (…) comment on continue à assumer, nous, le pays indépendant de demain ».

Roch Wamytan le 4 novembre 2011 sur RNC 1ère, dans l’émission « C’est-à-dire »

(…) Journaliste : Les divisions du FLNKS, c’est le grand écart entre l’UC et le Palika. Vous, bien sûr, vous êtes UC. Qui a trahi ? À qui la faute ? Au Palika ? À vous, à l’UC ?

Rock Wamytan : (…) Vous savez, sur l’essentiel, les indépendantistes vont toujours se retrouver. Sur les fondamentaux, notamment sur la question de l’accession à l’indépendance, la préparation de l’indépendance avec tous, avec l’ensemble de la population de la Nouvelle-Calédonie, les indépendantistes se retrouveront toujours. (…) Sur les fondamentaux, nous restons toujours attachés à notre projet de société indépendantiste. (…)

Quand Roch Wamytan salue le travail effectué par la commission du grand débat sur l’avenir de l’école calédonienne qui avait été instauré en 2010 par le gouvernement que présidait Philippe Gomès :

Journaliste : Martin, d’Ouvéa, veut vous poser une question en direct :

Martin : Bonjour Monsieur Wamytan. En fait, c’est une question qui interpellerait plutôt le gouvernement, mais vous êtes indépendantiste et moi, je voudrais revenir sur le projet éducatif. Le gouvernement Gomès avait engagé un grand débat à l’issue duquel des propositions sont sorties et a été adopté pour le projet éducatif du pays. Alors, qu’en est-il aujourd’hui ? Y a-t-il d’autres propositions ?

Rock Wamytan : C’est une problématique, bien évidemment, que le Congrès et le gouvernement suit de très près. Par rapport aux recommandations du grand débat qui avait été lancé par le gouvernement de monsieur Philippe Gomès, qui a fait un travail d’ailleurs remarquable, j’ai eu l’occasion de lire et d’analyser les 69 recommandations, si je ne me trompe pas. Ces recommandations vont évidemment être prises en compte (…) au niveau des groupes de pilotage qui sont mis en œuvre par le gouvernement, et dans le cadre de l’élaboration des textes qui vont suivre, à partir de l’année prochaine ».

Cette intervention est importante car les conclusions de cette commission, 6 mois après la remise du rapport au gouvernement (mars 2011) n’avaient toujours pas été communiquées aux acteurs du système éducatif, ni publié sur le site du gouvernement, ni sur le site du grand débat…

Pour lire la lettre de Philippe GOMES adressée au gouvernement le 5 octobre 2011, cliquez-ici.

Sylvain Pabouty sur RRB le 7 novembre 2011

Journaliste : La naissance d’un nouveau mouvement au sein de la mouvance indépendantiste. La Dynamique unitaire Sud officialise son divorce avec le Palika. Elle approuve l’entente constituée entre le Rassemblement, l’Avenir ensemble, l’UC et le Parti travailliste :

Sylvain Pabouty : Le plus important, c’est ce qu’on veut faire ensemble. Si une entente, une alliance ou un pacte consiste à lever le drapeau, c’est-à-dire le drapeau bleu blanc rouge et le drapeau Kanaky, nous, on est pour cette discussion-là qui aboutit à un résultat. (…) Si le pacte ou l’alliance ou l’entente permet de voir l’élection de Roch Wamytan à la tête de la plus grande instance de la Nouvelle-Calédonie, qu’est le congrès, 34 ans après l’élection de Rock Pidjot, ben, je pense qu’on ne peut pas trop réfléchir, il ne faut pas philosopher. (…)

Charles Washetine sur Radio Djido le 9 novembre 2011

Quand le Palika rappelle l’histoire…

Journaliste : Votre réaction par rapport à l’élection de l’assemblée en province Sud, qui s’est passée ce matin ?

Charles Washetine : Oui, j’apprends à l’instant qu’effectivement, Pierre Frogier a été reconduit à la présidence et qu’on a changé les vice-présidences. Je crois qu’on est dans le prolongement des manœuvres entreprises depuis le début d’année, qui a provoqué la crise institutionnelle que connaît le pays. En début d’année, qu’est-ce qui s’est passé ? C’est le renversement du gouvernement Gomès, des redistributions d’un certain nombre de présidences au Congrès de la Nouvelle-Calédonie, avec l’idée de marginaliser un peu plus ceux qui étaient un de leurs partenaires en 2009. (…)

Hélène Iékawé sur RNC 1ère le 9 novembre 2011

Calédonie Ensemble et le calendrier

Journaliste : Le futur calendrier scolaire, qui prévoit sept semaines de cours et deux semaines de vacances et qui sera appliqué en 2013, fait réagir le parti de Philippe Gomès. Hélène Iékawé, membre du gouvernement, parle de décision prise à la légère et sans concertation des membres de la commission de l’enseignement du Congrès.

Hélène Iékawé : C’est une décision qui a été prise à la légère, puisqu’aucun motif valable ne nous a été donné pour expliquer l’urgence de ce calendrier. Et, pour nous, c’est fait de manière superficielle, puisque l’année scolaire, elle doit être organisée en fonction de la semaine et de la journée. Ça, c’est sur le fond. Autre élément aussi sur le fond, c’est que le calendrier ne peut pas être séparé des programmes scolaires, ce qui va réduire notre marge de manœuvre si l’on veut articuler, après, avec les programmes. Quant à la méthode, il y a eu une concertation, selon madame Backes, mais à la date d’aujourd’hui, il y a aucune synthèse de ces personnes consultées, sur ce qu’elles souhaitent, sur ce qu’elles pensent de cette proposition de calendrier. Quant au gouvernement, lorsque ce sujet a été évoqué, la semaine dernière, en réunion de collégialité, il n’y avait aucun document. Donc, pour nous, c’est comme d’habitude, c’est un effet d’annonce, ça n’a ni queue, ni tête, et c’est fait de manière légère, et pas du tout sérieuse pour une problématique qui concerne l’ensemble des Calédoniens.

Journaliste : Calédonie ensemble prône donc une réforme globale, associée à une réflexion sur le rythme de la journée et les programmes scolaires.

Rock Wamytan sur TNC le 9 novembre 2011

Au cas où certains n’auraient pas compris que la coalition RUMP/Parti travailliste/UC/Avenir Ensemble est constituée au gouvernement et au congrès mais aussi à la province Sud…

Journaliste : La démission de Pierre Frogier, fin octobre, n’avait d’autre but que de retrouver son fauteuil, mais avec un exécutif entièrement Rassemblement UMP et Avenir ensemble. Il gérera donc la province Sud avec Alain Lazare, premier vice-président, avec Pascal Vittori, deuxième vice-président, et troisième Cinthia Ligeard. Pendant les différents votes, le FLNKS s’est positionné en observateur bienveillant.

Rock Wamytan : Nous avons estimé, en toute logique, qu’il fallait laisser le pacte républicain régler ce problème-là. Bon, nous étions quand même en attente au cas où, si Pierre Frogier manquait de voix, donc, il y aurait eu les voix du FLNKS.

Paul Néaoutyine sur TNC le 14 novembre 2011

Journaliste : Comment porter l’Accord de Nouméa lorsque les querelles politiques à répétition brouillent les cartes depuis deux ans. Les alliances et contre-alliances entre le RUMP, l’Avenir ensemble et les indépendantistes se font ou se défont, freinant surtout la marche du Congrès et du gouvernement. La création du conseil politique et de la Dynamique Sud confirment, elles, l’hémorragie qui frappe les grands partis historiques, sans éclaircir pour autant le paysage politique calédonien.

Paul Néaoutyine : L’Accord de Nouméa a été signé sous le sigle et avec l’organisation FLNKS, nous resterons au bureau politique et être membres du FLNKS pour faire valoir que cette organisation repose sur une charte et est composée de quatre partis politiques. Pour nous, il est pas question que des transfuges de nos différents partis, par le biais de l’USTKE qui sont arrivés au Parti travailliste, ou par le biais de la Dynamique unitaire Sud, on vienne à exiger d’être présent au bureau politique du FLNKS, ou à être membres du FLNKS sans passer par les choses habituelles.

Paul Néaoutyine rappelle, à sa manière, que la sortie de l’accord de Nouméa qui a été porté par le FLNKS est le préalable à une participation à l’organisation indépendantiste…Le parti travailliste qui considère toujours l’accord de Nouméa comme une « couillonnade » qui a « marginalisé le peuple Kanak » va-t-il revoir sa position pour intégrer le FLNKS ? Quant à l’UC, le fait que le parti travailliste soit opposé à l’accord n’a jamais été un problème pour qu’il constitue la coalition avec eux. Tant qu’il y des postes à se répartir les alliances les plus opportunistes avec le parti travailliste d’un côté ou le RUMP de l’autre ne pose pas de problème.


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