Accueil ACTUALITÉS SONIA LAGARDE REMET LES PENDULES A L’HEURE…

SONIA LAGARDE REMET LES PENDULES A L’HEURE…

Sonia Lagarde a remis les pendules à l’heure lors du renouvellement de la présidence et des vice-présidences de l’assemblée de la province Sud du 9 novembre 2011. 

Elle a rappelé notamment qu’aucun poste quel qu’il soit ne peut conduire Calédonie Ensemble a renié ses engagements et trahir la confiance des Calédoniens. 

 Assemblée de la province Sud –

Séance du 9 novembre 2011 

Intervention de Sonia Lagarde

Monsieur le Président, mes chers collègues,

Comme vous l’avez-vous-même souligné dans votre intervention, l’accord de stabilité institutionnelle que nous avions passé en mai 2009 prend officiellement fin aujourd’hui, avec la réélection de l’exécutif de l’Assemblée de la Province Sud. Je vous félicite d’ailleurs, pour votre brillante réélection !

Pourquoi avions nous conclu cet accord ? 

Est-ce, comme vous le suggérez, parce que nous avions passé avec vous un pacte de confiance sur le fondement des nouvelles orientations politiques que vous souhaitiez mettre en œuvre ?

Est-ce parce que vous aviez accepté de nous associer à l’exercice des responsabilités provinciales, en contrepartie d’un engagement de fidélité et de respect de votre supposé leadership politique ?

Bien sûr que non !

L’accord que nous avons passé en mai 2009 n’a été conclu que pour une seule et unique raison : il était nécessaire et même indispensable puisque vous ne disposiez pas de la majorité politique nécessaire pour diriger la Province, le Congrès et le Gouvernement…

Vous avez recueilli 19.000 voix en mai 2009, 15 sièges sur 40 en province Sud, 13 sièges sur 54 au congrès. Nous avons totalisé 16.000 voix lors de ces élections, 11 sièges en province Sud, 10 au Congrès.

Vous n’aviez donc pas d’autre choix que de rechercher avec nous, seconde formation politique de la province et du pays, cet accord de gestion des institutions.

C’est la première vérité que je veux rappeler avec force aujourd’hui.

Sur quels fondements politiques avons-nous conclu cet accord de stabilité institutionnelle ?

Le drapeau du FLNKS comme drapeau du pays ?

La présidence du Congrès à un élu indépendantiste ?

L’entrée du Parti Travailliste au Gouvernement ?

Bien sûr que non !

Il suffit, pour s’en convaincre de rappeler vos propres déclarations.

En mars 2008, lors d’un comité directeur du Rassemblemnt à Katiramona vous déclariez, je cite : « Le FLNKS veut imposer son drapeau. Il veut en faire un drapeau de la Nouvelle Calédonie. Pour lui, c’est un choix obligé, sans discussion possible (…) Je propose donc que nous prenions l’initiative. Que nous fassions notre proposition (…) C’est à mon avis le meilleur moyen de ne rien nous laisser imposer, car nous ne voulons pas servir de caution à des décisions qui pourraient être prises sans nous et contre nous ».

Quelques jours avant les élections de mai 2009, vous écriviez, dans votre lettre aux calédoniens, je cite : « les concessions qu’il fallait faire à nos partenaires indépendantistes, nous les avons faites, et même au-delà ».

Alors, je vous le demande : qui a trahi la confiance de qui ?

Ceux qui n’acceptent pas le dévoiement de l’accord de Nouméa sur la question des signes identitaires, ou ceux qui promettaient de purger l’indépendance dès 2014, par un référendum ?

Ceux qui ont appliqué à la Province Sud et au Gouvernement, la politique de réformes économiques et sociales sur laquelle nous nous sommes tous engagés devant les calédoniens ou ceux qui ont commandité le renversement du Gouvernement Gomès pour des raisons purement politiciennes ?

Ceux qui ont voulu rendre la parole aux calédoniens pour leur permettre de se prononcer sur les nouvelles orientations politiques prises depuis deux ans ou ceux qui ont choisi d’échapper au verdict des urnes il y a peu de temps !

Je vous le dis très solennellement, Monsieur le Président : Nous ne vous devons rien ! Nous n’avons de comptes à rendre qu’aux calédoniens devant lesquels nous avons pris des engagements que, NOUS, nous avons respectés. Et vous auriez été bien inspiré d’en faire de même !

Que vous décidiez d’enterrer l’accord de stabilité institutionnel de mai 2009, pour consacrer une alliance politique avec vos nouveaux amis, c’est votre choix… Mais de grâce assumez vos revirements politiques !

Cessez donc de croire que vous avez une légitimité supérieure, une espèce de prééminence qui obligerait les autres élus à faire acte d’allégeance politique au Rassemblement.

Sachez Monsieur le président, qu’aucun poste, qu’il s’agisse de la présidence du gouvernement, des vice-présidences de la province Sud, ou de celui de sénateur ne peut conduire Calédonie Ensemble à renier ces engagements et à trahir la confiance des calédoniens.

Pour conclure, Monsieur le Président, je ne peux que rappeler que l’exécution à laquelle vous allez procéder a pour toile de fond, entre autres divergences politiques, l’affaire du drapeau.

A ce sujet, je me permettrais de citer, dans cet hémicycle, Jacques Lafleur : « Cette proposition ne peut que diviser et empêcher l’émergence d’un destin commun.. C’est une énorme erreur, une faute, même » fin de citation.

Une page se tourne aujourd’hui et nous en prenons acte !

La parole en 2012 sera donnée aux calédoniens, il leur appartiendra de décider de la suite pour l’avenir de leur pays.

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