Accueil RÉFLEXION SHN (Société les Hôtels de Nouméa): VERS UNE VENTE A VIL PRIX?

SHN (Société les Hôtels de Nouméa): VERS UNE VENTE A VIL PRIX?

Lundi 26 décembre – Conférence de presse Paul Maes

 » SHN : Vers une vente à vil prix ?

Lors du conseil d’administration du 28 novembre dernier, les administrateurs de la SHN siégeant pour le compte de la Province Sud m’ont révoqué des mes fonctions de PDG, sans préavis, ni justification d’aucune sorte. Au cours de ce même conseil, ils ont refusé la souscription des emprunts bancaires, indispensables au bouclage financier du projet Gouaro Déva, pourtant conformes au plan de financement précédemment approuvé par la société. Ils ont également refusé d’entériner le budget prévisionnel de rénovation de l’hôtel Méridien de Nouméa.

Ces décisions ont été confirmées lors du conseil d’administration suivant, en date du 16 décembre. Elles ont fait l’objet d’une information officielle au conseil d’administration de la SEM Mwe Ara, chargée de l’aménagement de Gouaro Déva, le 19 décembre dernier.

La conférence de presse de ce jour a donc pour objet de rendre public ces décisions, susceptibles d’entrainer la remise en cause pure et simple du projet Gouaro Déva, avec des conséquences financières très lourdes pour la Province Sud, actionnaire à 85% de la SHN.

Je rappelle que ce projet d’investissement de 9 milliards CFP sur le site de Gouaro Déva a bénéficié d’un agrément à la double défiscalisation locale et nationale, pour un montant total de près de 4 milliards CFP. Dans ce cadre, la plupart des investisseurs intéressés ont d’ores et déjà souscrit aux appels de fonds exigibles avant le 31 décembre 2011, pour pouvoir bénéficier des déductions fiscales correspondantes. Dès lors que les emprunts bancaires indispensables au « bouclage » de l’opération ne seraient pas souscrits avant cette date, ces investisseurs seront fondés à réclamer la restitution de leurs apports et le paiement d’indemnités compensatoires.

Il faut également souligner qu’après quelques errements, dans le cadre du pacte de stabilité entre le RUMP et Calédonie Ensemble, j’ai obtenu l’approbation  unanime du conseil d’administration de la SHN sur ce projet, le 13 janvier 2011. C’est pourquoi la SHN a signé et notifié, 5 milliards de marchés à des entreprises locales, via sa filiale locale, la SHD. Cette signature s’est déroulée sur le site même, en présence d’Eric Gay, Vice Président de la Province Sud, Président de la SEM Mwé Ara. Les entreprises ont démarré les travaux du chantier depuis plusieurs mois.

La remise en cause du projet aurait donc des conséquences financières catastrophiques pour les attributaires de ces marchés, comme pour la SHN et la SHD, engagées par leurs signatures.

Je rappelle enfin que le projet de Gouaro Déva est un véritable projet de rééquilibrage, au nord de la Province Sud, sans précédent dans l’histoire de la Nouvelle Calédonie. L’investissement projeté sur place doit permettre la création de 250 emplois directs et indirects dans la région et procurer des retombées économiques majeures pour la zone de Bourail. Cette perspective justifie d’ailleurs un investissement public de près de 2 milliards CFP par la Province Sud, en complément des 9 milliards portés par la SHN. Tout cela serait irrémédiablement perdu si le projet venait à être abandonné.

C’est peut être la chronique de cette catastrophe annoncée, ou l’annonce de ce point de presse, qui ont conduit les dirigeants de la Province Sud à opérer une volte face de dernière heure. Je crois savoir en effet qu’un nouveau conseil d’administration de la SHN a été convoqué en urgence vendredi, pour revenir sur les décisions prises le 28 novembre et le 16 décembre dernier. Au final, les administrateurs qui avaient décidé, il y a quelques jours, l’arrêt du projet se seraient eux même déjugés en approuvant le montage financier de l’opération et les emprunts bancaires proposés… C’est en tous cas ce qu’il faut souhaiter.

Mais ces revirements successifs soulèvent naturellement une question : Pourquoi avoir tenté à plusieurs reprises de « torpiller » le projet Gouaro Déva ?

Nous savons tous que certains responsables du RUMP ont toujours été et demeurent farouchement opposés à ce projet. Je pense notamment à Pierre Brétégnier, Président de Promosud ou encore à Michel Quintard, conseiller de Pierre Frogier, associé la SNC Casinos, filiale de la SHN, dans des conditions que je ne rappellerai pas, mais qui lui ont permis de percevoir 500 millions CFP de dividendes à ce jour (pour un coût d’acquisition initial de 20 millions CFP…).

En 2003, l’équipe du RUMP à la tête de la SHN s’était organisée pour vendre la société à des casinotiers chinois de Macao, à un prix très attractif… Nous avons fait échec à cette opération et nous avons volontairement porté la participation de Promosud à 85% du capital de la SHN,  pour protéger la société de cette menace. Nous avons également signé un M.O.U avec le groupe Barrière en 2009 sur le fondement d’une expertise relevant la valeur de la SHN de 5 à 15 milliards CFP, avec le même objectif de protéger la société.

Sous ma présidence (de mi 2004 à fin 2011), la SHN a réalisé 6,6 milliards de bénéfices et distribué 5,6 milliards de dividendes dont près de 4 milliards CFP à Promosud. C’est ce qui a permis à la Province Sud d’accompagner de très nombreux projets de développement économique au travers de sa SAEM de participation. Durant cette période la SHN a également investi 500 millions CFP dans l’extension et la rénovation du Méridien de l’Ile des Pins. Elle a préparé le plan de rénovation complète de l’hôtel Méridien de Nouméa qui est aujourd’hui prêt à être lancé, pour un coût total de 2 milliards CFP. Elle a porté l’investissement de Gouaro Déva pour un montant de 9 milliards CFP.

Je crois donc que mon éviction de la présidence de la SHN, en même temps que les tentatives répétées de faire échec au projet de Gouaro Déva ne servent qu’un seul objectif : remettre à l’ordre du jour le projet de privatisation de la SHN auquel nous avons fait échec en 2004. Or, cette cession des intérêts publics dans la SHN, à un prix que je n’ose imaginer, serait, j’en suis convaincu, totalement contraires aux intérêts des calédoniens.

Nous avons fait de la SHN un outil de développement au service des populations de la Province Sud et il est clair que des actionnaires privés ne poursuivront pas les mêmes objectifs.

J’engage donc tous les responsables politiques de la Province à bien y réfléchir.

Paul MAES« 

À voir aussi :

Alain Christnacht élevé au grade d’Officier de la Légion d’honneur

( 21 octobre 2017 ) Philippe Gomès : « Alain Christnacht a été élevé hier soir, à la maiso…