Accueil VIDÉOS CALEDONIE ENSEMBLE VOTE CONTRE LA TV DE PROPAGANDE RUMP/UC

CALEDONIE ENSEMBLE VOTE CONTRE LA TV DE PROPAGANDE RUMP/UC

Réunion du gouvernement du 7 février 2012

Avis sur les candidatures à retenir ou à écarter dans le cadre de l’appel à candidature du 18 janvier 2011 concernant des services de télévision locale en mode numérique

Ce matin, le gouvernement devait émettre un avis, selon les termes mêmes de l’ordre du jour, sur le « projet de décision du conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) sur les candidatures à retenir ou à écarter dans le cadre de l’appel à candidature pour des services de télévision locale en mode numérique n° 2011-50 du 18 janvier 2011 ».

1. Or, le gouvernement n’a examiné aucun projet de décision du CSA. Il s’est borné à rappeler qu’un débat sur ce sujet avait eu lieu au congrès, le 29 décembre dernier, à l’occasion de l’adoption du BP 2012, et que, selon lui, une unanimité se serait dégagée sur la création d’une télévision locale privée.

Cette affirmation est totalement erronée. Les échanges qui ont eu lieu sur cette question n’ont en aucune manière été conclusifs, ni soumis à un vote formel du congrès. Lors de ce débat, Calédonie Ensemble s’est, d’ailleurs, opposé très fermement à ce projet.

Et, avant même ce débat, Calédonie Ensemble, rejoint par le RPC, le LMD et l’UDC, avait déjà alerté le CSA et l’ensemble des parlementaires de la République (lettre du 11 janvier 2012) sur la totale illégalité du projet de télévision de propagande du RUMP et de l’UC financée sur fonds publics.

L’avis du gouvernement se conclut en ces termes : « Ces observations faites, le gouvernement de la Nouvelle-Calédonie souhaite que le CSA les prenne en compte et n’attribue qu’une seule fréquence », avec obligation pour les deux projets de télévision de n’en faire qu’un.

En réalité, le gouvernement n’a donc émis aucun avis formel sur les deux candidatures (le projet NC.TV de la province Nord et le projet NC9 du Rassemblement-UMP et de l’Union Calédonienne).

2. Les arguments que nous avons développés pour contester le projet NC9 sont les suivants :

2.1. Tout d’abord, l’appellation de télévision « consensuelle » ne saurait faire illusion. Il s’agit, en réalité, de reproduire le schéma que connait la Nouvelle-Calédonie depuis de longues années en matière de radios, le paysage radiophonique privé étant partagé entre RRB et Radio Djiido, deux radios aux ordres de deux partis politiques : respectivement le RUMP et l’UC.

2.2. Ensuite, la ligne éditoriale de RRB est strictement alignée sur les positions politiques du RUMP et dénigre systématiquement l’action des autres partis politiques. Cette attitude de la rédaction de RRB est extrêmement critiquable au regard, d’une part, de l’obligation de neutralité et d’objectivité découlant du fait que cette radio reçoit en subventions et commandes publiques plus des trois quarts du montant de ses charges et, d’autre part, de l’interdiction faite aux personnes morales de concourir au financement des partis politiques, y compris en leur apportant des services à titre gracieux ou pour un prix inférieur au prix du marché.

Rappelons d’ailleurs que, le 28 décembre 2010, le gouvernement de la Nouvelle-Calédonie avait, sur proposition de son Président, Philippe GOMES, demandé, à l’unanimité, au CSA de modifier son projet d’appel à candidatures relatif aux chaines de télévision locale, de sorte qu’il soit bien précisé que les candidats devront annoncer « les dispositions envisagées en vue de garantir le caractère pluraliste de l’expression des courants de pensée et d’opinion, l’honnêteté de l’information et son indépendance à l’égard des partis politiques ».

2.3. Enfin, le coût de fonctionnement de NC9 se situe aux alentours d’1,2 milliards de francs CFP. Les rentrées publicitaires compenseront moins de 20% de ces charges, les 80% restant provenant de financements publics. Le 29 décembre dernier, le congrès a d’ores et déjà inscrit 150 millions de francs CFP pour couvrir le « prélancement » de ce projet et une partie « des charges d’exploitation du 4ème trimestre 2012 »de cette chaine, alors même qu’il ne fait l’objet d’aucune autorisation formelle du CSA !

Pour financer de manière pérenne leur projet, le député YANNO a dû faire passer un amendement, en catimini, le 9 décembre 2010, pour permettre l’installation de la Française des jeux en Nouvelle-Calédonie…

3. Enfin, lors de la réunion de ce jour, le gouvernement s’est prononcé, non pas sur la base des dossiers complets des candidats, mais sur la base de fiches synthétiques extrêmement sommaires (cf. pièce jointe).

Encore une fois, les membres Calédonie Ensemble du gouvernement n’ont pas été mis en situation de se prononcer en toute connaissance de cause, faute d’avoir pu bénéficier d’un dossier complet, comprenant l’ensemble des pièces nécessaires, prévues par l’annexe II de la décision du 18 janvier 2011 :

3.1. Ainsi, les membres Calédonie Ensemble du gouvernement n’ont pas pu vérifier que toutes les garanties en ce qui concerne le pluralisme des courants de pensée et l’indépendance vis-à-vis des partis politiques ont bien été fournies.

Les candidats n’ont fourni ni la « Charte d’indépendance » prévue par le point 1.3.4 de cette annexe, intitulé « Dispositions garantissant le pluralisme et, pour une société, l’indépendance de l’information vis-à-vis des actionnaires », ni la « Charte d’éthique » prévue au point 1.3.5.

Cette absence de garantie en ce qui concerne le pluralisme et l’indépendance à l’égard des partis politiques de NC9 est d’autant plus dangereuse que 13,5% de la programmation de NC9 sera consacré à l’information contre 1,5% pour NC.TV.

A cet égard, la composition de l’association ICI, qui porte le projet NC9, est tout à fait éclairante : Bruno MEGE (président de l’association) est un affidé du RUMP (conseiller en communication de Pierre FROGIER pendant les campagnes électorales) et Elisabeth NOUAR (vice-présidente) ainsi que Jean-François BODIN sont respectivement directrice de la rédaction et journaliste à RRB… Aucun représentant de Djiido ne siège dans le bureau de cette structure qui apparaît comme la télévision du RUMP, les indépendantistes de l’UC servant de caution bienveillante.

Quant au comité d’éthique promis, il est constitué de membres de l’association dont nous avons montré la proximité avec le RUMP.

3.2. De même, les membres Calédonie Ensemble du gouvernement n’ont pas pu vérifier la nature et le montant des engagements financiers de la puissance publique au soutien des deux projets candidats.

Ils n’ont pas pu disposé du « Contrat d’objectif et de moyens » prévu par le point 1.6 de l’annexe II précitée, en cas de « collaboration envisagée avec des collectivités territoriales ». Ils n’ont pas davantage eu connaissance des « justificatifs des aides des collectivités qui seraient appelées à contribuer au financement du projet » conformément au point 5 « Plan d’Affaires » de l’annexe II précitée, ou encore, « chaque financement devant être décrit précisément et justifié selon la source », des « lettres d’engagement » des sociétés effectuant des apports en fonds propres ou d’établissements financiers en cas d’emprunt, toujours selon le même point 5.

Bien sûr ! La situation des opérateurs est différente. En ce qui concerne le projet du Nord TV.NC, la province, en tant qu’actionnaire, participera au financement de cette télévision (en investissement, 418 millions de francs CFP et, en fonctionnement, 500 millions de francs CFP).

En revanche, en ce qui concerne le projet NC9, les promoteurs invoquent des soutiens de la Nouvelle-Calédonie (à hauteur tout de même d’1 milliard de francs CFP en investissement et, à nouveau, d’1 milliard de francs CFP annuel, en fonctionnement), sans aucun engagement formel du congrès de la Nouvelle-Calédonie, si ce n’est 150 millions votés au BP 2012.

Ces sommes, près d’1,5 milliards en fonctionnement, représentent le montant alloué chaque année au titre des Allocations Familiales de Solidarité (AFS) pour 13 000 enfants ou de l’aide au logement (AL) pour 4000 familles….

Pour toutes ces raisons, Calédonie Ensemble a voté CONTRE l’avis proposé par le gouvernement. Une télévision de propagande politique comme NC9 n’existe aujourd’hui dans le monde que dans certains pays africains, la Corée du Nord ou Cuba.

Qu’on se comprenne bien ! Calédonie Ensemble n’est pas opposé par principe à une télévision locale numérique véritablement « partagée », selon les mots utilisés dans le discours de politique général du gouvernement de Philippe GOMES, à condition, d’une part, que les projets ne soient pas inféodés à une partis politique et, d’autre part, que le financement de ces projets repose principalement sur des opérateurs privées et non sur les fonds publics dont ce n’est pas la vocation, notamment dans le contexte actuelle de restriction budgétaire et de vie chère.

Venez découvrir la chaîne Caledonie Ensemble sur  et abonnez-vous pour suivre l’actualité !

À voir aussi :

Un avenir dans la France aux couleurs de la paix : Réunion d’information à Ducos

Les 11 et 18 juin prochain, à l’occasion des élections législatives, les Calédoniens désig…