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CALEDONIE ENSEMBLE ET LA TGA

CALEDONIE ENSEMBLE ET LA TGA

Océane FM FEV 28 MID – Philippe GOMES

Journaliste : Autre problème : la TGA. Rappelons que votre parti et l’UDC avait obtenu au Congrès que la loi sur la mise en place de la TGA soit à nouveau examinée en seconde lecture, ça devrait intervenir d’ici le 5 mars prochain, parce que vous estimez qu’aucune étude sérieuse n’ait été faite et que cette loi, en l’état actuel des choses risque d’engendrer divers problèmes. Quels sont ces problèmes ?

Philippe Gomès: Je rappelle que l’intersyndicale qui était pourtant demandeuse de la mise en place d’une TVA qu’on appelle TGA, après l’adoption du texte s’est prononcée contre, a fait une conférence de presse en disant : on voulait une TGA, mais sûrement pas celle-là, et s’est plainte de l’absence de concertation qui a prévalu sur ce dossier-là, comme la quasi-totalité des autres d’ailleurs. Je rappelle également que la CGPME qui regroupe l’ensemble des PME, avec la FINC, la fédération des industries de transformation, avec les artisans, avec le syndicat des commerçants et avec beaucoup d’autres, s’est également opposée à la mise en place de la TGA, en disant : ce texte n’apportera rien de bon pour le pays. La concertation a été insuffisante. Donc, c’est pas juste Calédonie ensemble qui serait dans une stratégie d’opposition systématique, qui ne trouverait rien de bien. Les principales forces sociales et les principaux acteurs économiques partagent notre point de vue sur le sujet. Alors, pourquoi on se retrouve avec une opposition aussi forte des forces vives du pays et de Calédonie ensemble ? C’est pour trois raisons. La première raison : la fiscalité indirecte. Il n’y a pas plus injuste. C’est la différence avec la fiscalité directe. Quand vous payez un produit, quel qu’il soit, y compris un produit de base, alimentaire, que vous gagniez un million par mois ou que vous gagniez 50 mille francs par mois, vous allez payer la même taxe sur le produit. Pourquoi est-elle toujours préférée par les pouvoirs publics et par les gouvernements ? Parce qu’elle est indolore. Bien sûr, le consommateur, il ne se rend pas compte. Il achète son paquet de Sao, il sait pas que sur le paquet de Sao, il y a 20 %, c’est payé en impôt. Mais qu’on gagne un million ou 50 mille balles, on paye tous les 20 % en impôt. Ça, c’est la première raison pour laquelle nous sommes opposés à cette réforme. La deuxième raison, c’est que cette réforme aura un effet inflationniste. En clair : rendez-vous en 2013, l’inflation sur l’année sera au moins de 4 %. C’est considérable. Aujourd’hui, elle est de deux. C’est une inflation multipliée par deux, et notamment sur les produits de première nécessité : farine, sucre, pâtes, eaux minérales, etc. Je rappelle qu’aujourd’hui, ils sont exonérés de toute taxe, et que demain, ces produits de première nécessité payeront une taxe de 6 %. Donc, 4 %, c’est l’inflation moyenne, tous produits confondus. Mais il y aura une inflation encore plus forte sur les produits de première nécessité. Il faut quand même prendre en considération qu’il y a des ménages, dans notre pays, le quart de la population qui vit au-dessous du seuil de pauvreté, ça fait quelque chose comme 75 mille Calédoniens, eh bien, les produits de première nécessité pour ces75 mille Calédoniens, ça représente 10 à 15 % des dépenses par mois. Donc, quand ces produits de première nécessité augmentent de 6 % dans l’année, ils le sentent rudement sur leur portefeuille. Donc, c’est pas juste une petite théorie économique que je suis en train de développer. C’est la réalité que vont subir les Calédoniens lorsque cette TGA entrera en application. Enfin, troisième injustice : vous trouvez normal qu’il y ait un seul taux, quel que soit le produit ? J’achète un produit alimentaire, je paye 6 %. J’achète un bijou, je paye 6 %. J’achète une Porsche Cayenne, je paye 6 %. J’achète une 205, je paye 6 %.

Journaliste : Vous rejoignez l’intersyndicale…

Philippe Gomès: Tout à fait, qui demandait trois taux en disant : c’est déjà assez injuste, la fiscalité indirecte, si en plus on n’essaye pas de différencier en fonction de la nature des produits, on aggrave une injustice, on conforte une injustice, c’est la double peine, quoi. Non seulement tout le monde paye, quels que soient ses revenus, mais en plus qu’on puisse s’acheter des produits de luxe ou des produits de base, on paye la même chose. Voilà pour quelle raison Calédonie ensemble s’est opposé, a demandé cette deuxième lecture…

Journaliste : Est-ce qu’elle va servir a quelque chose ?

Philippe Gomès: Non, elle va servir à rien. C’est ça qui nous désole, c’est que quand on demande cette deuxième lecture, on demande au président du Congrès, Rock Wamytan, on lui dit : Monsieur le Président, ce texte n’a pas fait l’objet de la concertation nécessaire, l’intersyndicale le dit, les forces économiques le disent, donc, en tant que président, prenez les trois mois nécessaires, avant de réinscrire ce texte à l’ordre du jour d’une séance, de façon à ce que ça oblige le gouvernement à mener cette concertation. Ça n’a pas été le cas. Rock Wamytan n’a pas agi en tant que président du Congrès, il aurait pu se placer au-dessus de l’intérêt des partis, en tant que président de cette institution. Hélas, il a agi comme membre de la coalition, et donc, il s’est plié au dictat de la coalition sur le sujet, donc, c’est réinscrit le 5 mars, il n’y a pas eu de concertation supplémentaire, donc, effectivement, notre volonté de réviser ce texte, dans le sens que je vous ai indiqué s’est heurté aux oukases de la coalition par la voix de Rock Wamytan, et nous le regrettons.

Journaliste : Donc, d’ici le 5 juin, la TGA sera adoptée.

Philippe Gomès: Le 5 mars. Mais je rappelle qu’elle a vocation à entrer en vigueur qu’au 1er janvier 2013. À mon avis, ils ont voulu sauter les prochaines élections pour pas que les Calédoniens ne sentent le fer de la TGA de manière un peu trop vive.

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