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CALEDONIE ENSEMBLE ET LES ELECTIONS PRESIDENTIELLES

CALEDONIE ENSEMBLE ET LES ELECTIONS PRÉSIDENTIELLES

Océane FM FEV 28 MIDI – Philippe GOMES

Journaliste : Salâm ‘aleïkoum, Philippe Gomès, et merci d’avoir accepté notre invitation. On commence par la présidentielle. En n’appelant pas à voter pour Nicolas Sarkozy, vous venez encore d’allumer une mèche courte dans votre propre camp. Pour certains, c’est l’incompréhension, pour d’autres, vous êtes un traître. Expliquez-nous votre position.

Philippe Gomès: D’abord, bonjour !

Journaliste : Bonjour à vous !

Philippe Gomès: Bonjour aux auditeurs de radio Océane. Ben, dites donc, vous y allez pas avec le dos de la cuiller : traîtrise ou incompréhension. Non, écoutez, je crois que Calédonie ensemble a pris une position qui est une position tout à fait fondée, c’est-à-dire que…

Journaliste : Inattendue.

Philippe Gomès: Inattendue pour celles et ceux qui peut-être envisageaient que nous prenons une autre position, mais en tout cas, nous en avons débattu en interne, et c’est celle que nous avons arrêtée. Première chose : nous sommes un parti calédonien. On insiste là-dessus. Nous ne sommes pas une représentation d’un parti national, nous n’avons pas d’affiliation particulière, nous ne sommes pas intégrés dans une formation hexagonale. Nous sommes un parti calédonien, nous en sommes fiers. Ce qui veut dire que nous défendons d’abord l’intérêt du pays et l’intérêt général des Calédoniens, et c’est ça que nous souhaitons affirmer au travers de la liberté de vote que nous donnons à nos sympathisants, adhérents et électeurs à l’occasion de ces prochaines élections présidentielles. La deuxième chose que nous constatons, qu’il s’agisse de la gauche comme de la droite, elles ont quand même commis des erreurs majeures dans l’histoire du pays, ne serait-ce que ces 30 ou 40 dernières années. Certes, la gauche a rétabli la paix dans le pays au travers des Accords de Matignon et de Nouméa, mais elle a quand même, à un moment donné de son histoire, soutenu la vocation de la Nouvelle-Calédonie à l’indépendance. C’était l’une des 101 propositions du candidat François Mitterrand, en 1981. Quant à la droite, certes, elle a toujours, et Nicolas Sarkozy a encore récemment, affirmé sa préférence pour une Nouvelle-Calédonie dans la France, mais en même temps, elle nous a fait subir le drapeau qui est quelque chose qui, selon Calédonie ensemble, est tout à fait contraire à l’Accord de Nouméa. Ce que je veux dire, c’est que les partis nationaux ont commis des erreurs qui ont été, à notre sens, dommageables pour le pays. C’est pour ça que nous ne souhaitons pas dépendre d’un candidat, quel qu’il soit, à la présidence de la République, nous ne souhaitons pas dépendre d’une formation politique nationale, quelle qu’elle soit. Et enfin, dernier argument : franchement, vous lisez les déclarations de Nicolas Sarkozy, d’une part, et de François Hollande, d’autre part. Qu’est-ce que Nicolas Sarkozy a dit dans son discours de Paita ? Il a dit : ma préférence, c’est que la Nouvelle-Calédonie reste dans la France, mais si vous choisissez l’indépendance, la France vous accompagnera sur ce chemin-là. Nous respecterons, en tout état de cause, le chemin que vous avez choisi. Que nous dit François Hollande ? Il a fait une déclaration très récente, le 27 février à la télévision. Quand on lui pose la question : est-ce que vous êtes pour un référendum ? Il dit : oui, je suis pour qu’il y ait un référendum, je suis pour respecter la parole de ceux qui, à un moment en conflit, se sont retrouvés pour ce calendrier, pour cette évolution du territoire. On lui pose la question : est-ce que vous avez une préférence pour la Nouvelle-Calédonie dans la France ou la Nouvelle-Calédonie indépendante ? Il répond : non, pour moi, ce sont les Calédoniens qui répondront comme ils l’entendent. Le journaliste insiste : vous n’avez pas de préférence ? Il dit : si j’avais une préférence, je ne le dirais pas, c’est le principe-même de la démocratie. Le journaliste revient et dit : mais Nicolas Sarkozy a indiqué sa préférence, et vous, c’est quoi ? Et il dit : il y a un processus, les Calédoniens seront consultés, je respecterai leur choix. Donc, si on veut faire un constat objectif sur les deux principaux candidats à la présidentielle, à droite, comme à gauche, on s’aperçoit qu’ils disent, tous les deux, deux choses fondamentales. La première : on respectera l’Accord de Nouméa, parce que c’est la loi des parties, qu’il a été constitutionnalisé et qu’aujourd’hui, la majeure partie des Calédoniens le porte. Et deuxième chose, ils disent : c’est aux Calédoniens qu’il appartient de décider de leur destin, et nous respecterons leur choix, quel qu’il soit. Donc, essayer de faire croire, comme Gaël Yanno a tenté de le faire récemment, avec une ficelle tellement grosse qu’elle ressemble à un câble, que voter Sarkozy, c’est voter pour la France, et voter pour Hollande, c’est voter pour l’indépendance, c’est franchement prendre les Calédoniens pour des imbéciles. Notre avenir, il est dans nos mains, notre avenir, il sera ce que nous en ferons, c’est à nous de nous mobiliser pour faire en sorte que cet avenir, selon Calédonie ensemble, s’inscrive dans un lien reconstruit avec la France, mais toujours avec la France, parce que pour nous, tout ça n’aurait pas de sens que la Nouvelle-Calédonie rompe ce lien qui, aujourd’hui, et depuis maintenant 150 ans, lui permet de progresser sur la voie du développement.

Journaliste : Donc pas d’état d’âme ?

Philippe Gomès: Ah non, aucun état d’âme. Au contraire, vous savez, on a, chez nous, des personnes, des Calédoniens qui vont voter dans toutes les sensibilités. C’est vrai qu’on a chez nous, une grande part de gens qui votent Nicolas Sarkozy, mais on a aussi, chez nous, des centristes qui vont voter Bayrou, des Verts qui vont voter Joly, des socio-démocrates qui vont voter Hollande, des gens qui vont voter Marine Le Pen. La question, pour nous, elle est pas : quelle est votre sensibilité nationale ? À Calédonie ensemble, on a le droit d’avoir la sensibilité nationale qu’on veut. La question, chez nous, c’est : est-ce qu’on est capables de se rassembler sur un projet politique pour le pays ? Et c’est ça qui nous intéresse, au sein de Calédonie ensemble, et quelle que soit la sensibilité des électeurs, des sympathisants ou des adhérents, il faut que nous soyons capables de nous réunir pour le projet politique pour le pays. Enfin, dernier petit détail : une consigne de vote, ça a pas un côté un petit peu dépassé ? Les gens, ils obéissent aux consignes, comme le maître d’école qui donne des consignes dans la classe ? Je crois que les Calédoniens, ils sont matures, ils sont responsables, ils sont adultes. Ils savent dire quelle est leur sensibilité au plan national, et je crois qu’il faut les laisser faire.

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