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LE BILAN DE LA POLITIQUE DU RUMP EN MATIERE DE SECURITE: UN DESASTRE

Le haut-commissaire et la procureure de la République ont rendu publics, le 24 janvier dernier, les chiffres de la délinquance pour 2011.  Le maire de Nouméa a présenté, le 10 février, en présence du haut-commissaire et des présidents du gouvernement et de la province Sud,  les objectifs du contrat local de sécurité pour la période 2011-2015.

Il nous apparait à cette occasion opportun de faire un point sur le problème de l’insécurité dans notre pays et dans la capitale, pour analyser le bilan de l’action publique en la matière.

Ce point se justifie d’autant plus que le Rassemblement-UMP a fait de la lutte contre la délinquance le thème majeur de ses campagnes électorales : législatives 2007, municipales 2008 et provinciales 2009. Et, à l’approche des prochaines élections législatives, il ne fait guère de doute que la thématique de la sécurité sera de nouveau au cœur des propositions du R-UMP.

Par ailleurs, il est clair que les Calédoniens, de plus en plus souvent victimes d’actes de délinquance ou d’incivilité, ressentent aujourd’hui un très fort sentiment d’insécurité.

Les chiffres officiels publiés par le haut-commissariat montrent que, pendant la mandature 2004 – 2009, la délinquance a constamment baissé, en particulier sur Nouméa.

Par exemple, sur Nouméa :

  • De 2006 à 2007, la délinquance a baissé de – 4 %.
  • De 2007 à 2008, elle a baissé de – 3 %.
  • De 2008 à 2009, elle a baissé de – 3,3 %.

Cette baisse n’est pas le fruit du hasard : les politiques menées par Calédonie Ensemble à la tête de la province, entre 2004 et 2009, en faveur de l’insertion des jeunes et de l’égalité des chances, étaient en effet volontaristes.

Nous rappellerons notamment :

  • toutes les mesures prises en matière d’enseignement, qui visaient à rendre l’école plus efficace dans ses missions d’éducation et d’apprentissage et donc à prévenir la déscolarisation.  C’est l’augmentation du nombre d’enseignants titulaires, la création des écoles prioritaires, l’accompagnement scolaire ainsi que l’allocation spéciale de rentrée scolaire, le relèvement des plafonds de bourses…  La liste n’est évidement pas exhaustive.
  • Le triplement des budgets des chantiers d’insertion engagés à l’égard des jeunes, le renforcement des moyens affectés à la mission d’insertion des jeunes de la province Sud (MIJ), les centaines de bénéficiaires des opérations « jobs d’été », le programme PPIC, etc.
  • l’accès des boursiers aux centres de vacances et de loisirs « Vacances pour tous »,  qui permettaient aux enfants les plus défavorisés d’être pris en charge durant les vacances scolaires, c’est-à-dire lorsqu’ils sont livrés à eux-mêmes, avec tous les risques que cela implique en termes de délinquance,
  • l’attribution de licences sportives gratuites aux élèves boursiers, afin de leur permettre de pratiquer le sport de leur choix, quelque soit le montant des frais d’inscription,
  • le doublement des effectifs d’assistantes sociales, afin d’assurer un suivi de proximité des populations défavorisées de notre pays,
  • le triplement de la production de logements sociaux,
  • etc.

Avec le changement de majorité à la tête de la province, ces politiques ont été stoppées ou considérablement ralenties.

Les programmes de logement sociaux ont été réduits de manière drastique. Les subventions aux associations d’insertion ont été réduites. Le recrutement de nouvelles assistantes sociales, a été suspendu. La licence sportive gratuite, instaurée en 2006, a été supprimée. Etc.

Mais à partir de la mi-2010, les chiffres de la délinquance se sont inversés.

Le document diffusé par le haut-commissaire, intitulé « La sécurité en Nouvelle-Calédonie – Bilan 2010 » établit qu’« après plusieurs années consécutives de baisse de la délinquance en Nouvelle-Calédonie, l’année 2010 a été marquée par un infléchissement net de cette bonne tendance. Les chiffres encourageants de la délinquance du 1er semestre ne se sont pas confirmés au 2nd semestre ».

Le bilan chiffré de ce renversement de tendance est tout à fait impressionnant, puisqu’entre 2009 et 2010, les services de police ont enregistré, sur l’ensemble du territoire :

  • + 8,9 % d’atteintes aux biens, en zone police, et + 10,1 %, en zone gendarmerie
  • + 14,3 % d’atteintes à l’intégrité des personnes, en zone police, et + 14,9 %, en zone gendarmerie

Cette véritable explosion de la délinquance est parfaitement datée : elle a eu lieu en juin 2010.

Alors que, dans le prolongement des bons chiffres des années précédentes, la délinquance a continué de baisser, sur Nouméa, jusqu’au mois de mai 2010 inclus (de janvier à mai 2010, les chiffres montrent une baisse de la délinquance de 1,5 % par rapport à 2009), en juin 2010, la tendance s’inverse :

  • Sur le mois de juin 2010, le nombre de faits constatés était supérieur de + 7 % à celui de juin 2009.
  • Sur l’ensemble du troisième trimestre 2010, c’était + 15 %.
  • Et au quatrième trimestre : + 20 %.

Ce mouvement, comme tous les Calédoniens l’ont constaté, a touché tout le territoire. Le rapport du haut-commissaire, cité plus haut, apporte à cela certaines précisions : « Les délits ont particulièrement augmenté sur le secteur du Grand NouméaLes cambriolages et les vols de voitures sont les principales infractions relevées. »

Cette nette aggravation de l’insécurité aurait pu rester un phénomène temporaire. Mais la tendance s’est pourtant nettement confirmée en 2011, comme l’ont montré les chiffres rendus publics par le haut-commissaire et la procureure de la République, le 24 janvier dernier.

Ainsi, 8943 délits ont été recensés en 2011, contre 8449 un an plus tôt, soit une nouvelle hausse de + 5,8 % ! Les atteintes volontaires à l’intégrité physique ont augmenté de + 7,0 % entre 2010 et 2011. Les atteintes aux biens ont augmenté de + 5,9 %. Et les vols de voitures ont augmenté, sur les dix premiers mois de l’année, de + 41,6 %.

Que s’est-il donc produit, qui puisse expliquer cette inversion des chiffres et l’explosion des faits de délinquance à la mi-2010 ?

On peut chercher des éléments de réponse à cette question dans le rapport du haut-commissaire cité plus haut. Ce rapport évoque le « changement de mentalités » qui « conduirait certaines personnes de l’intérieur et des îles, installées dans le Grand Nouméa ou n’y faisant que passer, demeurées en marge de la croissance économique calédonienne, à considérer désormais Nouméa et les trois communes limitrophes comme un lieu d’impunité et de mise à disposition des richesses auxquelles ils n’ont pas accès ». Les vols sont« perpétrés bien souvent par des jeunes désœuvrés (…) qui se caractérisaient jusqu’à présent par une insouciance et une propension naturelle à avouer leurs méfaits » et qui opposent désormais aux forces de l’ordre « une attitude plus fermée et hostile ».

Le diagnostic local de sécurité, dont les principaux éléments figurent dans le « contrat local de sécurité de Nouméa pour 2011-2015 » (CLS), poursuit ainsi cette explication : « Certains jeunes récidivistes motivent désormais leur action par la haine raciale. Il s’agit pour eux de “voler le blanc”. Des inscriptions apparaissent désormais sur le capitonnage intérieur de certains véhicules volés et retrouvés endommagés : “Nic les blancs”, “Nic la France”, “Nic la justice coloniale”, “Kanaky”…  le tout avec des dessins relatifs au cannabis ». (voir pièce jointe)

Le rapport du haut-commissaire précité fait aussi la remarque suivante, concernant le rapport des Calédoniens vis-à-vis des forces chargée du maintien de l’ordre public dans notre pays : « Certains évènement récents (cambriolages à Lifou avec caillassage des forces de l’ordre, violente prise à partie du maire UMP et grand chef de l’île des Pins envers les gendarmes mobiles venus protéger l’accostage du Betico) sont préoccupants car ils révèlent un changement et, parfois, une radicalisation des comportements. »

En résumé, c’est donc un profond changement de mentalité qui explique l’explosion de la délinquance à compter de la mi-2010.

Et il faut à l’évidence faire un lien entre cette explosion et un fait particulièrement marquant qui s’est produit exactement à la même date : la montée du drapeau du FLNKS au fronton des édifices publics…

Jacques Lafleur ne qualifiait-il pas ce geste, dès le mois de février 2010, d’« inutile et dangereux » ? N’avions nous pas été nombreux à annoncer que ce geste ne pouvait que diviser les Calédoniens et « empêcher l’émergence d’un destin commun » ?

Quand aux députés du R-UMP, Gaël Yanno et Pierre Frogier, qu’ont-ils fait pour s’opposer à la réduction des moyens de l’Etat en matière de lutte contre l’insécurité ? On a ainsi assisté, le 31 Août 2010, à la fermeture du commissariat de Tindu. En juin 2009, à la fermeture de la gendarmerie de Moindou, commune désormais rattachée à la gendarmerie de La Foa. Le même type de regroupement est en cours ailleurs, et notamment en province Nord. Ainsi, certaines zones habitées de la grande-terre seront bientôt à 2 heures de route de la gendarmerie la plus proche.

Pourtant, dès 2010, la province Sud a rétabli la subvention en faveur de la mairie de Nouméa afin de mettre en place des auxiliaires de proximité (P.P.I.C.).

En avril 2010, la municipalité de Nouméa a mis en place 11 caméras de vidéo surveillance. Et elle prévoit pour 2012 une enveloppe de 120 millions de francs, afin d’installer 30 caméras supplémentaires.

Tout ceci s’avère totalement inefficace.

Ni les caméras de surveillance, ni les auxiliaires de proximité n’ont empêché l’augmentation de la délinquance dans les quartiers. L’incendie de quatre établissements scolaires en novembre 2011 est là pour le rappeler.

Enfin, alors que le RUMP avait affirmé en 2009 dans son programme électoral qu’il créerait « des structures semi-fermées alternatives à la prison », c’est exactement le contraire qui s’est produit : Gaël Yanno a fait bloquer, par la mairie de Nouméa, le permis de construire demandé par l’Etat pour créer au sein du camp Est des capacités d’accueil adaptées aux peines légères (création de 80 places dans un « centre pour peines aménagées »), afin que soit donnée aux délinquants concernés des réponses pénales adaptées.

En conclusion, nous affirmons :

  • que la décision de hisser le drapeau indépendantiste a contribué à l’explosion de la délinquance constatée depuis la mi-2010, à Nouméa et sur l’ensemble de la Nouvelle-Calédonie ;
  • que la politique et les moyens mis en œuvre par le R-UMP dans le cadre de la lutte contre la délinquance sont totalement inefficaces ;
  • et que les premières victimes de cette augmentation de l’insécurité sont les populations des quartiers populaires.

C’est pourquoi, il appartient aux institutions de refonder la politique de lutte contre l’insécurité :

  • par un renforcement des politiques de prévention en faveur des populations défavorisées du pays, et plus particulièrement de sa jeunesse, notamment celle qui se trouve en situation d’échec scolaire : accompagnement scolaire et social de proximité, mesures d’insertion, encouragement des activités sportives et culturelles,  développement des actions socio-éducatives, reprise des programmes de construction de logements sociaux, etc. ;
  • par un renforcement des moyens de l’Etat, aussi bien dans les zones police que gendarmerie, pour l’exercice plein et entier d’une compétence régalienne dont l’accord de Nouméa ne prévoit pas le transfert ;
  • par la mise en œuvre d’une véritable politique de la famille ;
  • par une implication réelle, visible et structurée des autorités coutumières, qui doivent contribuer à rendre aux jeunes des repères qui ont aujourd’hui totalement disparu ;
  • par une implication également des mouvements politiques du pays, qui doivent condamner de manière claire et ferme le racisme, d’où qu’il vienne, véritable poison pour une société multiculturelle comme la nôtre.

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