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REPONSE DE PHILIPPE GOMES SUITE A L’ARTICLE PARU DANS LES NOUVELLES CALEDONIENNES DU 8 MARS

Réponse de Philippe GOMES suite à l’article intitulé « Le voyage controversé de WAMYTAN » publié en page 5 des Nouvelles Calédoniennes du 8 mars 2012.

Lors de la conférence de presse tenue le 7 mars 2012, j’ai condamné le déplacement effectué à Fidji par M. Roch WAMYTAN, président du congrès, au motif que cette visite avait contribué à cautionner la dictature militaire en place dans ce pays depuis 2006.

J’ai rappelé que cette dictature porte des atteintes très graves aux libertés publiques : état d’urgence, censure des médias, restriction des droits syndicaux et de la liberté de manifester, destitution de certains magistrats et avocats, limogeage de certains haut-fonctionnaires et mainmise de l’armée dans les rouages du pouvoir.

Interrogé par votre quotidien, M. WAMYTAN a déclaré : « Ce n’est pas un GOMES qui va dicter à un responsable kanak dans quel pays mélanésien il doit aller ».

Je condamne, avec la plus grande fermeté, cette attaque personnelle qui suinte le racisme.

Je ne dénie à aucun responsable, kanak ou non kanak, issu de la société civile ou politique, le droit d’aller ou bon lui semble, en Mélanésie ou ailleurs.

Par contre, je dénie le droit à M. WAMYTAN, en sa qualité de président du congrès, par la grâce du Rassemblement-UMP et de l’Avenir Ensemble, d’aller à Fidji pour apporter la caution du pays au régime putschiste de M. BAINIMARAMA.

Je le dénie pour deux raisons :

1. parce qu’aux termes de l’Accord de Nouméa, le pouvoir d’engager le pays appartient, selon le cas, au gouvernement ou au congrès, dès lors que ces instances en ont décidé. Le président du congrès, en tant que tel, ne dispose de strictement aucun pouvoir propre en la matière.

2. parce que le soutien apporté par M. WAMYTAN au régime dictatorial Fidjien est contraire aux engagements internationaux de la France, de l’Union Européenne, du Commonwealth et de l’ONU, ainsi que du Forum des îles du Pacifique qui, depuis 2009, a suspendu Fidji de cette instance.

Au moment où, partout sur la planète, des peuples luttent contre l’oppression parfois au prix de leur vie, il est inconcevable de voir notre pays soutenir le seul dirigeant putschiste de la Mélanésie. Cette faute politique nous interpelle sur l’image que nous donnons à la communauté internationale et sur le modèle de société que nous entendons construire dans notre pays.

Contrairement aux citoyens Fidjiens, M. WAMYTAN peut donc parfaitement jouir de la liberté d’aller et venir – liberté garantie par la Constitution française. Dans ce cadre, il peut soutenir, à titre individuel ou au nom du FLNKS, le régime militaire fidjien. Mais, il ne peut le faire au nom du pays.

Pour Calédonie Ensemble, le peuple calédonien doit être aux côtés du peuple Fidjien opprimé, pas du côté de ses tortionnaires. A chacun son camp !

Pour trancher cette question autrement que par l’insulte à connotation raciste, j’ai engagé les démarches afin que l’assemblée délibérante débatte des conditions dans lesquelles la Nouvelle-Calédonie est représentée au plan international et du soutien que la Nouvelle-Calédonie doit, ou non, apporter au régime fidjien.

Philippe GOMES

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