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PHILIPPE MICHEL SERA SUR OCEANE FM VENDREDI 23 MARS A MIDI

Un rendez-vous à ne pas manquer, vendredi 23 mars à midi, Philippe MICHEL, Secrétaire général de Calédonie Ensemble, était sur Océane FM.

Journaliste : Philippe Michel, bonjour !

Philippe Michel : Bonjour !

Journaliste : Votre actu, c’est demain, la réunion du 9e conseil politique de votre organisation. C’est quoi un conseil politique et à quoi ça sert ?

Philippe Michel : Le conseil politique, c’est en quelque sorte le conseil d’administration, d’un mouvement politique, c’est-à-dire que c’est l’instance qui réunit, d’une part, l’ensemble des élus qui représentent Calédonie ensemble dans les différentes institutions du pays, c’est-à-dire les 3 membres du gouvernement, les 15 membres des assemblées de provinces, les 4 maires, les 70 conseillers municipaux que nous avons sur l’ensemble des communes du pays, et puis, d’autre part, l’ensemble de nos militants responsables de structures sur le terrain, c’est-à-dire les présidents, les responsables de comités de communes, de quartiers ou de tribus, ou de communautés, etc., ce qui représente 300 à 350 personnes qui seront donc, demain, appelées à débattre sur un ordre du jour en quatre points. Premièrement, un point de situation sur l’actualité politique et de dossiers du moment. On parlera donc, à ce titre-là de dossiers qui préoccupent les Calédoniens, comme la vie chère, comme la réforme du minimum vieillesse ou du minimum retraite, comme la problématique de la légalisation des squats, la réforme fiscale, etc., et puis, bien sûr, sur les sujets d’actualité plus politiques qui sont les échéances à venir, c’est-à-dire les élections présidentielles, d’une part, et les élections législatives, d’autre part. Voilà ce qui sera au menu demain, et qui y participera.

Journaliste : Donc, du lourd.

Philippe Michel : Oui, conseil politique effectivement dense, à l’approche des échéances, et compte tenu du ressenti des Calédoniens sur les sujets qui impactent leur vie quotidienne, c’est-à-dire pour l’essentiel, la question de la vie chère, la question de l’insécurité qui est une question au cœur des préoccupations permanentes de tous les Calédoniens, compte tenu de la montée de la délinquance, et puis, un certain nombre de dossiers, notamment de protection sociale ou de réforme sociale.

Journaliste : On sait que vous êtes déjà en campagne pour les législatives. On peut avoir le nom des candidats ? Et comment ça se passe sur le terrain ?

Philippe Michel : Les noms, ça sera demain.

Journaliste : D’accord. J’aurai essayé.

Philippe Michel : C’est évidemment au conseil politique qu’il appartient au premier chef de choisir et de trancher. Je précise que statutairement, c’est ensuite un congrès de tous les adhérents de Calédonie ensemble qui doit entériner officiellement ces noms. Comment ça se passe sur le terrain ? En réalité, nous faisons depuis plusieurs mois maintenant, des tournées et des réunions permanentes sur le terrain. Depuis le mois de septembre, on a fait quatre tournées de réunions en province Nord, sur la côte Est, comme sur la côte Ouest, et puis, dans l’agglomération, on multiplie, on est chaque soir en réunion…

Journaliste : Chez des particuliers…

Philippe Michel : Oui, c’est ce qu’on appelle chez nous des réunions « Tuperware », c’est-à-dire qu’on va chaque soir à la rencontre des Calédoniens qui ne sont pas des adhérents ou des militants de Calédonie ensemble, si possible, pour essayer de confronter nos idées et nos projets aux sentiments des Calédoniens. Et ça se passe très bien. Il est très clair que ces élections législatives sont perçues par beaucoup de Calédoniens comme un moment capital dans la vie politique et l’évolution institutionnelle de notre pays, non seulement au vu des nouvelles alliances politiques, pour le moins surprenantes, auxquelles on a assisté ces derniers mois, mais également au regard des questions d’avenir, et notamment la question de la sortie de l’Accord de Nouméa et d’autres.

Journaliste : Un commentaire sur la candidature d’Isabelle Lafleur du RPC ?

Philippe Michel : Le premier commentaire, c’est qu’on est en démocratie et qu’évidemment tout le monde a le droit de se présenter. Donc, là-dessus, il y a rien à dire. Le deuxième commentaire, c’est que j’incite et j’appelle tous les Calédoniens à réfléchir sur les enjeux de cette élection. C’est-à-dire qu’on est vraiment à un moment charnière de validation ou, au contraire, de sanction des nouvelles orientations politiques et des nouvelles alliances qui ont été prises, contrairement aux engagements, d’ailleurs donnés par différents partis politiques aux Calédoniens en 1989, et qu’il est très clair que du résultat de ces élections législatives dépendra la poursuite de la coalition et, surtout, la mise en œuvre de son projet de boucler l’indépendance-association pour le pays qui sera soumis aux Calédoniens en cas de victoire de la coalition avant 2014, et qui pèsera lourd sur notre avenir à tous. Donc, par rapport à ces enjeux-là, moi, j’appelle chaque Calédonien, à faire preuve de discernement et de sens des responsabilités, parce qu’aujourd’hui, et ça, c’est le cas déjà depuis 2 années maintenant, il n’y a qu’une seule formation politique qui a dénoncé les dérives de l’Accord de Nouméa, les reniements politiques du Rassemblement, l’existence d’une coalition politique contre nature entre des indépendantistes et des non-indépendantistes, et puis derrière, le projet d’indépendance-association. Cette formation politique, c’est Calédonie ensemble. Autrement dit, il n’y a qu’une seule alternative politique réelle, aujourd’hui, à cette coalition et à ce projet d’indépendance-association, c’est Calédonie ensemble. Donc, au moment où les Calédoniens seront appelés à faire leur choix et à mettre leur bulletin dans l’urne, il faudra penser à ça, parce que très clairement, dans cette élection, il y aura des votes utiles, et puis, il y aura des votes inutiles, par rapport à cette problématique de capacité réelle à constituer une alternative à la coalition. Moi, j’engage tout le monde à réfléchir à ça, parce que même si Isabelle Lafleur, comme n’importe qui d’autre, est légitime à se présenter à une élection, moi, je crois que, compte tenu de l’enjeu, l’heure n’est pas à la dispersion des voix, l’heure est à la réflexion et à la gravité sur les enjeux de cette élection et la nécessité de voter pour une véritable alternative à cette coalition, si, tout au moins on n’est pas d’accord, bien sûr, avec les membres de la coalition.

Journaliste : Concernant la 2e circonscription qui apparaît comme difficile, la dispersion des voix du camp loyaliste au premier tour ne risque-t-elle pas de favoriser, mathématiquement l’élection d’un député indépendantiste ?

Philippe Michel : En tout cas, ce qu’il y a de sûr, c’est que cette dispersion des voix ne favorise pas une alternative politique à la coalition, pour ceux qui veulent sanctionner la coalition. Ça, c’est certain. On peut même dire que cette dispersion des voix favoriserait arithmétiquement un duel au second tour, entre un candidat du Rassemblement et un candidat de l’UC, c’est-à-dire deux candidats de la coalition. Oui, il faut réellement, dans cette élection, faire preuve de réflexion et de gravité, parce que les enjeux sont effectivement extrêmement lourds. On a en face de nous, il faut bien s’en rendre compte, j’appelle tous nos auditeurs à bien réfléchir à ça, à une coalition politique entre le Rassemblement, l’UC et le Parti travailliste qui est aujourd’hui extrêmement ligotée, liée les uns aux autres. Je rappelle que cette coalition a tout de même permis, au mépris complet des engagements des uns et des autres. Pour les uns, passer d’un message « On va purger l’indépendance et on garantira le maintien de la Nouvelle-Calédonie dans la France » au drapeau du FLNKS, à l’élection d’un indépendantiste, minoritaire au sein du Congrès, avec les voix du Rassemblement et réciproquement d’un président du gouvernement totalement minoritaire au sein du gouvernement avec l’élection des indépendantistes, plus l’entrée du Parti travailliste au gouvernement avec l’attribution de responsabilités clés, et j’en passe et des meilleures, ce que je veux vous dire, c’est qu’en réalité, dans cette coalition, la survie des uns conditionne la survie des autres. Et moi, je le dis, et je prends date aujourd’hui devant vous et devant vos auditeurs, je suis convaincu qu’au deuxième tour des élections législatives de juin, dans les deux circonscriptions, si c’est nécessaire, les candidats et les responsables du Rassemblement UMP appelleront, si c’est nécessaire, à soutenir le candidat de l’UC ou à voter pour lui, et réciproquement. Parce que, je le répète, la survie politique des uns dépend de la survie politique des autres. Donc, voilà dans quelle configuration, aujourd’hui, cette élection se présente, et voilà pourquoi la mobilisation d’abord de tous les Calédoniens, c’est-à-dire leur participation, j’insiste beaucoup là-dessus, dès le premier tour, à cette élection législative…, je rappelle qu’habituellement, aux élections législatives en Nouvelle-Calédonie, un Calédonien sur deux ne va pas voter le jour de l’élection, soit parce qu’il préfère aller à pêche, soit parce qu’il attend le deuxième tour. Mais je le redis : peut-être qu’il y aura pas le deuxième tour qu’on croit dans cette affaire. Donc, il faut se mobiliser, dès le premier tour, et deuxièmement, il faut très clairement réfléchir à voter utile par rapport à ces enjeux politiques-là, parce qu’on est vraiment dans une période de notre histoire où les enjeux sont extrêmement lourds, où les reniements politiques et les positionnements des uns et des autres sont en totale contradiction avec leurs valeurs fondamentales et les positionnements historiques qu’ils avaient, donc, oui, il faut que les Calédoniens se sentent véritablement concernés. Parce qu’évidemment, généralement, c’est ceux qui n’ont pas voté qu’on entend le plus fort, après. Mais il est clair que les Calédoniens, comme d’ailleurs tous les citoyens de la planète auront les responsables politiques qu’ils méritent et le destin politique qu’ils méritent. Après, c’est à chacun de savoir si c’est à cause de son abstention ou de son désintérêt, que le pays dans lequel on vit peut prendre une direction qui n’est pas conforme à ses souhaits.

Journaliste : Combien de voix et de pourcentage pour passer le deuxième tour ?

Philippe Michel : D’abord, il faut préciser que selon toute probabilité, dans aucune des deux circonscriptions, aucun candidat ne peut prétendre être élu dès le premier tour, puisqu’il faut rassembler plus de la moitié des voix dès le premier tour pour être élu, ce qui représenterait dans la 1ère circonscription à un volume de voix très supérieur à celui de n’importe quel candidat individuel, et idem dans la 2e circonscription. On peut donc penser que, selon toute probabilité, nous aurons un deuxième tour dans les deux circonscriptions. Ce qu’il faut savoir, c’est que, sont admissibles au deuxième tour, les deux premiers, c’est-à-dire les deux candidats arrivés en tête avec le plus grand nombre de voix, et puis, s’il y en a, les autres candidats qui auraient dépassé, qui auraient recueilli l’équivalent de 12,5 % des inscrits, ce qui représente des volumes énormes. Dans la 1ère circonscription, il faut totaliser quasiment 10 mille voix au premier tour pour être au deuxième tour, si on n’est pas premier ou deuxième, et dans la 2e circonscription, il faudra totaliser 12 mille voix pour être admis au deuxième tour, si on n’est pas premier ou deuxième. Donc, ce sont des barres extrêmement élevées. Ça souligne ce que je disais il y a un instant à propos, d’une part, la nécessité de se mobiliser dès le premier tour, et d’autre part, la nécessité d’exercer un vote utile par rapport aux enjeux politiques de cette élection.

Journaliste : Sur quel programme et sur quel thème faites-vous campagne ?

Philippe Michel : Le programme et le thème est extrêmement simple, on peut le résumer en une formule : ces élections législatives seront un référendum pour ou contre la coalition et les nouvelles alliances politiques et un référendum pour ou contre le projet d’indépendance-association qui est, d’ores et déjà, en cours de discussion entre le Rassemblement, l’UC et le Parti travailliste. Un référendum pour ou contre la coalition, de quoi je parle ? Je parle très clairement de la technique, je vais l’appeler la technique de l’enfumage qui est mise en œuvre depuis maintenant trois ans par le Rassemblement UMP. Qu’est-ce que c’est, la technique de l’enfumage ? La technique de l’enfumage, c’est très simple, ça consiste à promettre et à garantir une chose avant les élections, et à faire à peu près le contraire après l’élection. Alors j’illustre : la technique de l’enfumage du Rassemblement, 2009, ça a été quoi ? Ça a été, un, de promettre la purge de l’indépendance, et deux, d’appeler à un grand rassemblement républicain des forces non-indépendantistes. Et puis, après l’élection, il s’est passé le contraire, c’est-à-dire qu’au lieu de purger l’indépendance, le Rassemblement UMP a initié la montée du drapeau du FLNKS, l’élection d’un indépendantiste minoritaire au Congrès de la Nouvelle-Calédonie, l’entrée des indépendantistes les plus virulents au sein du gouvernement de la Nouvelle-Calédonie. Voilà. Cette technique de l’enfumage, le Rassemblement va nous la resservir pour ces élections 2012, en nous promettant de négocier une solution politique d’avenir pour le pays au sein de la République française. C’est le thème de la brochure de campagne d’Éric Gay : Bâtissons un avenir partagé dans la France. Donc, ça, c’est le thème de campagne aujourd’hui, et la réalité, c’est que c’est un projet d’indépendance-association qui est en cours de discussion entre les uns et les autres. Parce que, je sais pas si Pierre Frogier y croit lui-même quand il prétend que l’ultime concession, ce sont les indépendantistes qui la feront en renonçant à la notion d’indépendance…

Journaliste : C’est ce qu’il a déclaré publiquement.

Philippe Michel : C’est ça. Mais moi, je crois que n’importe quel Calédonie sensé, qui connaît un tout petit peu l’histoire du pays a parfaitement compris que les indépendantistes n’ont jamais renoncé à rien. Et aujourd’hui, ceux qui font des concessions inutiles et dangereuses, comme l’avait dit Jacques Lafleur de son vivant, à propos de l’affaire du drapeau et le reste, sont en train, au minimum, d’être parfaitement naïfs, et en tout cas pas à la hauteur de leurs responsabilités, et surtout, sont en train de faire prendre des risques énormes aux Calédoniens. Donc, le premier enjeu de cette élection, c’est celui-là, c’est le respect de la parole donnée, c’est le respect des engagements qu’on a pris ou pas. Le deuxième enjeu de cette élection, c’est l’avenir. C’est-à-dire que les choses vont être extrêmement simples, à l’issue des législatives. Ou bien les candidats de la coalition sont élus, et ils considéreront, à juste titre, que les Calédoniens ont validé leurs orientations politiques, approuvé, légitimé leurs orientations politiques, ces deux dernières années, et à partir de là, ils seront fondés, justifiés, à poursuivre jusqu’au bout leur projet d’indépendance-association avec l’UC et le Parti travailliste, ou bien les Calédoniens n’élieront pas des candidats de la coalition, et ce faisant, ils sanctionneront clairement une ligne politique, des alliances politiques et un projet politique, celui de l’indépendance-association. Et à partir de là, bien sûr, l’histoire pourra s’écrire différemment. J’ajoute qu’au travers de cette élection, il est aussi question, ça va sans dire, d’élire deux députés, c’est-à-dire deux parlementaires qui représentent la Nouvelle-Calédonie à Paris. Je vous rappelle qu’il y a, en tout et pour tout, quatre parlementaires qui représentent la Nouvelle-Calédonie à Paris, deux députés, deux sénateurs. Je rappelle que ces deux députés et ces deux sénateurs sont évidemment les interlocuteurs permanents et privilégiés de l’État, à Paris. Ils portent la voix de la Nouvelle-Calédonie. À partir de là, la question qu’il faut se poser, c’est : devons-nous confier la représentation politique totale du pays, exclusive du pays, a tel ou tel parti politique ? Moi, il me semble que la réponse est non, pour une raison très simple : c’est que le Rassemblement qui dispose déjà de deux des quatre postes de parlementaires, en l’occurrence, les deux postes de sénateurs, ne peut pas prétendre, et c’est peu dire, représenter tous les Calédoniens. Le Rassemblement représente aujourd’hui électoralement 15 % des inscrits et tout au plus, un tiers des électeurs non-indépendantistes. Il n’y a donc aucune justification, à ce que le Rassemblement truste intégralement la représentation parlementaire à Paris et je vous indique que c’est parfaitement important. Parce qu’il est très clair que si nous avions eu, en 2010, un député ou un sénateur non-Rassemblement, eh bien, nous n’aurions pas eu le drapeau du FLNKS. Parce que si l’État avait demandé à ce parlementaire, non issu des rangs du Rassemblement, s’il était d’accord avec le drapeau et si les Calédoniens l’approuvaient, on aurait expliqué à l’État la réalité des choses.

Journaliste : Votre position, qui est de ne pas donner de consigne de vote, de ne pas appeler à voter Sarkozy, fait plus que grincer des dents dans votre propre camp, on vous attaque même violemment sur cette question. Explications :

Philippe Michel : Ne pas donner de consigne de vote, ça ne veut pas dire, ne pas appeler à voter Nicolas Sarkozy. Qu’on se comprenne bien. Ne pas donner de consigne de vote, ça veut dire laisser, à chacun, la liberté de voter pour qui il l’entend. C’est quand même très différent. Je dis ça, parce que j’ai bien compris la petite manipulation politique à laquelle Gaël Yanno, par exemple, a essayé de se livrer en nous mettant en demeure, pas moins, de soutenir Nicolas Sarkozy. La liberté de vote, c’est pas appeler à sanctionner tel ou tel candidat à la présidentielle. Pourquoi cette position ? Pour trois raisons simples : d’abord, le premier boulot d’un responsable politique calédonien ou d’une formation politique calédonienne, c’est de défendre l’intérêt des Calédoniens, et en particulier à Paris. Si on veut défendre pleinement, complètement, librement, les intérêts de la Nouvelle-Calédonie et de ses populations, il ne faut dépendre d’aucun parti politique national. Ça tombe sous le sens. Il ne faut être lié à aucun candidat à l’élection présidentielle. Et d’ailleurs, le bilan de Gaël Yanno, le bilan de député en témoigne. C’est-à-dire que moi, je pose une question très simple : est-ce que l’appartenance de Gaël Yanno à l’UMP a empêché l’État de réduire de manière considérable ces moyens et ces dépenses en Nouvelle-Calédonie ? Ben non. Gaël Yanno nous avait promis qu’il ferait barrage de son corps à la suppression de l’indexation des retraites des fonctionnaires d’État. Résultat : l’indexation a été supprimée. Il nous avait indiqué que, grâce à son appartenance UMP, il s’opposerait à la réduction de la défiscalisation des investissements en Nouvelle-Calédonie. Zéro résultat. Il nous avait promis tout un tas d’autres choses. Donc, qu’est-ce que ça veut dire ? Ça veut dire que, non seulement, quand l’État français à des difficultés budgétaires et qu’il est obligé de refermer les robinets, personne n’y peut rien. Mais ça veut dire, en plus, que quand on fait partie de la majorité présidentielle, par solidarité politique, on est muselé et on ne peut pas critiquer l’action d’un gouvernement qui fait partie de la même majorité. Voilà pourquoi il faut être libre de défendre les intérêts des Calédoniens. Ensuite, on nous dit : on essaye de faire croire aux Calédoniens que, voter pour l’un, c’est voter pour l’indépendance de la Nouvelle-Calédonie, ou de voter pour l’autre, ça serait voter pour garantir le maintien de la Nouvelle-Calédonie dans la France. Mais c’est une plaisanterie ! C’est une plaisanterie, parce que, pour prendre des principaux candidats. Nicolas Sarkozy, comme François Hollande ont tous clairement expliqué qu’ils respecteraient, quoi qu’il arrive, l’Accord de Nouméa, et surtout, le choix des Calédoniens. Nicolas Sarkozy a dit, ici, en Nouvelle-Calédonie, à la grande salle omnisport de Paita : ma préférence, c’est la Calédonie française. Mais si les Calédoniens font un autre choix, je vous garantis que l’État l’accompagnera. Une fois qu’on a dit ça, on a parfaitement compris que ces histoires de droite, gauche, ou de personnalités propres des candidats, n’ont rien à avoir avec le fait que c’est aux Calédoniens, et à eux seuls, qu’il appartient de défendre leur avenir et que l’État accompagnera ce choix. Il n’y a pas d’enjeu, contrairement à ce qu’on essaye de nous faire croire, dans le soutien au conditionnel à tel ou tel candidat. Par contre, il y a bien un inconvénient, une fois qu’on est parlementaire, à être lié à telle ou telle famille politique, parce qu’après, forcément, on ne peut plus s’exprimer aussi librement.

Journaliste : Même si vous allez en débattre demain, quelle est la stratégie de Calédonie ensemble pour cette année et surtout, comment préparez-vous la sortie de l’accord et avec qui ?

Philippe Michel : Ça, Ali, c’est une question fondamentale, parce que je voudrais, aujourd’hui, dire la vérité sur cette affaire de sortie de l’Accord. Au départ, il n’y avait que les indépendantistes, et même les indépendantistes les plus durs, qui faisaient de 2014 une échéance politique incontournable. C’était un couperet, c’est le célèbre slogan de Louis Kotra Uregei : Kanaky 2014. Et aujourd’hui, ce qu’il y a de curieux, c’est qu’on entend ses nouveaux amis, du Rassemblement UMP, Pierre Frogier, Éric Gay, Gaël Yanno, ou de l’Avenir ensemble, je crois que Pascal Vittori l’a dit hier sur vos antennes, être d’accord avec Louis Kotra Uregei et l’UC, sur le fait que les échéances, c’est 2014. Mais la vérité, c’est que c’est un mensonge. Que dit l’Accord de Nouméa ? L’Accord de Nouméa dit : à partir de 2014, si une majorité des trois cinquièmes des membres du Congrès le décident, on peut organiser un référendum, puis deux, puis trois, etc. L’Accord de Nouméa dit ensuite : quoi qu’il arrive, avant fin 2018, l’État doit organiser un référendum. Donc, une fois qu’on a dit ça, qu’est-ce qu’on comprend ? On comprend que la seule échéance obligatoire, fixée par l’Accord de Nouméa, ça n’est pas 2014. C’est 2018. On comprend aussi que le rapport politique, étant ce qu’il est dans le pays, de toute façon, même si, par extraordinaire, il y avait un référendum décidé à partir de 2014, de toute façon, ça serait non à l’indépendance. Donc, la vérité, c’est que la question ne se pose réellement qu’à partir de 2018. Et à partir de là, ce qu’il faut que les Calédoniens comprennent, c’est que la technique qui consiste à essayer de leur bourrer le crâne, en leur expliquant que l’échéance, c’est 2014, qu’il faut absolument trouver une solution avant 2014, c’est un gros mensonge. Il n’y a rien qui nous contraint, strictement rien qui nous contraint…

Journaliste : On aura le temps ?

Philippe Michel : Mais bien sûr qu’on a le temps. C’est même pas une obligation juridique, parce que l’Accord de Nouméa (assure?). L’autre idée, l’autre mensonge, dans la position du Rassemblement et ses alliés de l’UC et du Parti travailliste, c’est de dire : on est condamné à trouver une solution. Mais c’est faux ! C’est totalement faux. Là aussi, l’Accord de Nouméa, il est très clair. L’Accord de Nouméa précise que…, on pose la fameuse question. En réalité, cette question du référendum, c’est trois questions. C’est : est-ce que vous voulez le transfert des compétences régaliennes à la Nouvelle-Calédonie, est-ce que vous voulez transformer la citoyenneté en nationalité et est-ce que vous voulez que la Calédonie ait un siège à l’ONU ? Pour résumer L’Accord de Nouméa précise que si la réponse est, autant de fois que nécessaire, non, à cette question-là, qui consiste à dire, en gros : voulez-vous devenir indépendant ? Après, les choses ne s’arrêtent pas. En réalité, la Nouvelle-Calédonie reste, à ce moment-là, à son dernier stade d’évolution institutionnelle, c’est-à-dire une autonomie très élargie, ce qu’on connaît aujourd’hui, sans aucune espèce de difficulté particulière. Non seulement, on n’est pas pressés de discuter sous la contrainte, après avoir fait d’ailleurs autant de concessions inutiles, mais en plus, on n’est même pas, dans l’absolu, obligés de faire évoluer le statut de la Nouvelle-Calédonie. Cela dit, qu’on se comprenne bien, pour garantir la paix et l’avenir institutionnel de notre pays, bien sûr qu’il est souhaitable de réfléchir à une solution politique et institutionnelle qui sera portée…, partagée d’abord entre les indépendantistes et non-indépendantistes, et ensuite, portée par la majorité des Calédoniens. Pour nous, les choses sont très claires : cette solution, ça n’est pas…, ça ne peut pas être la dépendance-association. Parce que, dans indépendance-association, il y a association, mais il y a surtout indépendance. Et que pour choisir une formule d’indépendance-association, il faut d’abord être indépendant, ça tombe sous le sens. Et l’indépendance, c’est définitif. Tandis que l’association, on ne sait pas. Autrement dit, pour dire clairement les choses, dans un projet comme celui-là, il y a un énorme risque qui est que : oui, on est sûr d’être indépendants, mais ensuite, on ne sait pas quand et comment, et combien de temps on restera associés. Et ça, c’est un risque que les responsables politiques et les Calédoniens qui sont attachés à leur avenir ne peuvent pas prendre, c’est en tout cas la position de Calédonie ensemble.

Journaliste : Philippe Michel, merci.

Philippe Michel : Merci.

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