Accueil FOCUS MÉDIA DEUX DRAPEAUX: QUEL DESTIN COMMUN POUR NOTRE PAYS?

DEUX DRAPEAUX: QUEL DESTIN COMMUN POUR NOTRE PAYS?

Le 9 avril 2011, 5000 Calédoniens sont descendus dans la rue pour affirmer leur attachement à la « recherche en commun d’un drapeau qui représente l’identité kanak et le futur partagé entre tous », pour reprendre les termes de l’Accord de Nouméa.

Calédonie Ensemble, qui s’était opposé, dès l’origine, c’est-à-dire en février 2010, à la proposition de Pierre FROGIER de faire flotter côte à côte le drapeau du FLNKS et le drapeau tricolore, avait soutenu cette marche organisée par le Collectif pour un drapeau commun.

Près d’un an après, il nous paraît indispensable de faire un point sur cette question qui reste au cœur du débat politique calédonien.

1. Le drapeau commun, c’est la mise en œuvre de l’Accord de Nouméa

Calédonie Ensemble est le seul mouvement politique à avoir pris des initiatives pour qu’un travail soit engagé en vue de « rechercher » un drapeau commun. Car c’est la mise en œuvre des dispositions de l’Accord de Nouméa, ainsi d’ailleurs que des conclusions des Comités des signataires de juin 2010 et de juillet 2011, qui est en jeu.

Nous avons déposé un premier vœu, en juin 2010, en même temps que le vœu déposé par MM. FROGIER, WAMYTAN et MARTIN pour que le drapeau du FLNKS et le drapeau tricolore flotte au haut-commissariat, celui-là même qui sera approuvé, sans nos voix, le 13 juillet suivant, quelques jours avant la visite du Premier ministre en Nouvelle-Calédonie. Ce même 13 juillet, la Coalition refusait d’inscrire notre vœu à l’ordre du jour de la séance.

Cette position fut confirmée, le 20 août suivant, en séance publique, par un vote à main levée. La Coalition a donc refusé tout débat sur cette question !

Ce premier vœu de Calédonie Ensemble visait à créer une commission spéciale chargée de faire des propositions sur un drapeau exprimant « l’identité kanak et le futur partagé entre tous », à l’instar de celle qui avait été créé en 2009 et qui avait permis au congrès, après deux ans de travail, d’adopter trois des cinq signes identitaires : la devise, l’hymne et le graphisme des billets de banque.

Nous avons déposé un second vœu, le 15 mars 2011. Il n’a pas connu plus de succès que le précédent.

Enfin, durant l’intérim du président du congrès par Léonard SAM, nous avons déposé une proposition de délibération créant une commission spéciale chargé de rechercher en commun le drapeau du pays, qui a été inscrite à l’ordre du jour de la séance du congrès du 19 août 2011, au cours de laquelle le président du congrès devait être réélu.

A la minute même où M. WAMYTAN a retrouvé son siège de président du congrès, il a retiré ce texte de l’ordre du jour, avec le soutien sans faille des autres membres de la Coalition.

Nous avons donc tenté, depuis plus de deux ans, de créer les outils de ce débat. Cela a été systématiquement refusé, malgré les engagements pris par le RUMP sur le sujet (cliquez-ici pour lire la déclaration de Sonia LAGARDE à ce sujet).

Refuser d’engager le moindre débat sur cette question du drapeau commun, c’est porter une atteinte majeure à l’Accord de Nouméa, qui a été approuvé par 72% des Calédoniens, et s’essuyer les pieds sur les engagements pris par le Comité des signataires.

2. Le drapeau commun est un objectif poursuivi par les indépendantistes comme par les non-indépendantistes. Il transcende les clivages politiques traditionnels en Nouvelle-Calédonie

Contrairement à ce que la Coalition a tenté de faire croire, Calédonie Ensemble n’est pas opposé au drapeau du FLNKS. Comme nous l’avons dit à plusieurs reprises, nous respectons le drapeau du FLNKS. Nous le respectons pour ce qu’il est : le drapeau d’une lutte, d’un mouvement de libération, d’un parti politique. C’est un drapeau qui fait partie intégrante de l’histoire du pays et qui flotte déjà, depuis plus de 20 ans, au côté du drapeau tricolore au fronton des institutions au sein desquelles le FLNKS est majoritaire.

Mais, ce drapeau ne peut pas exprimer « le futur partagé entre tous ». Il ne peut pas devenir le drapeau du pays, car tous les calédoniens ne se reconnaissent pas en lui.

Et nous ne sommes pas les seuls à le dire. Des indépendantistes l’affirment aussi : nous devons rechercher un drapeau commun.

Le 13 juillet 2010, lors de l’adoption du vœu, Nidoïsh NAISSELINE a affirmé qu’il se sentait « complètement piégé ». Il ajoutait « Où est la place des autres calédoniens ? (…) Je me vois très mal voter contre le drapeau du FLNKS. De quoi j’aurais l’air ? (…) Mais, dans mon for intérieur, je souhaite qu’il n’y ait qu’un seul drapeau qui n’exclut aucun Calédonien. ».

Lors de la même séance, Victor TUTUGORO, signataire de l’Accord de Nouméa, président de l’UPM et porte-parole du FLNKS, déclarait : « Je suis fier que mon drapeau flotte aux frontons des établissements publics, mais, en même temps, je suis signataire de l’Accord de Nouméa, et ce n’est pas ce que l’on a dit lors de cet Accord (…) Je reproche que les décisions soient prises sans que les uns et les autres soient mis au courant. Cette histoire de drapeau aurait pu faire l’objet de plus de concertation et d’humilité. ».

A l’occasion de la marche citoyenne du 9 avril 2011, Paul NEAOUTYINE affirmait : « Nous dénonçons que des indépendantistes appellent à contre-manifester par rapport à l’objectif de trouver un drapeau commun (…) Nous sommes signataires de l’Accord de Nouméa, où il est dit qu’il faut trouver un drapeau commun. ».

On le voit bien, même dans les rangs indépendantistes, y compris dans ceux de l’Union calédonienne, beaucoup considèrent que nous devons nous engager dans la recherche d’un drapeau commun conforme aux termes de l’Accord de Nouméa.

Afin de marquer le premier anniversaire de cette marche pour un drapeau commun, une nouvelle proposition de délibération a été déposée par Calédonie Ensemble sur le bureau du président du congrès. Pour consulter notre proposition de délibération, cliquez-ici.

Venez découvrir la chaîne Caledonie Ensemble suret abonnez-vous pour suivre l’actualité !

À voir aussi :

Philippe Gomès : « J’ai demandé un rendez-vous au président de Vale-monde »

( 20 juillet 2017 ) En déplacement à Paris, le député Philippe Gomès a été reçu à Matignon…