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SONIA LAGARDE SUR RADIO OCEANE LE 12 AVRIL 2012

Sonia Lagarde

Sonia Lagarde, candidate, Calédonie Ensemble, dans la 1ère circonscription aux législatives, était ce 12 avril 2012, l’invité sur Océane FM.

 

Journaliste : Sonia Lagarde, bonjour !

Sonia Lagarde : Bonjour, Ali !

Journaliste : Vous êtes candidate comme titulaire, avec Hélène Iekawé comme suppléante dans la 1èrecirconscription, donc, un tandem femme-femme, inédit sur le territoire. Pourquoi ce choix de la part de Calédonie ensemble ?

Sonia Lagarde : Ce choix constitue une première en Nouvelle-Calédonie. Ce choix, aussi, s’exerce pas pleinement en France métropolitaine, puisqu’on voit très bien que les tickets femme-femme représentent environ 1 %…

Journaliste : Il y a encore du boulot.

Sonia Lagarde : Il y a encore du boulot, comme vous le dites. Et puis, ça démontre aussi que Calédonie ensemble fait confiance aux femmes, à leur investissement en politique, et puis surtout, c’est aussi une marque de confiance, dans le sens où on envoie une femme, donc, avec un ticket femme-femme, pour briguer un poste à l’Assemblée nationale. Et là encore, je vais faire un petit clin d’œil aux femmes, pour dire qu’à l’Assemblée nationale, la parité elle s’exerce pas pleinement, puisque les femmes ne représentent que 20 %. Donc, c’est pas beaucoup, il y a environ 102 femmes pour un peu plus de 450 hommes. Cela dit, ce que je voudrais dire aussi, c’est que le choix de Calédonie ensemble, découle pas seulement du fait que je suis une femme. Je crois que le parti a regardé ce que j’avais fait, depuis 1995. Il s’agit d’avoir des convictions et j’ai une certaine fierté à dire que je suis une femme de convictions. J’ai reçu beaucoup de coups parce que j’ai fait 9 ans d’opposition, et donc, ça marque un peu, et je dis toujours : je suis un peu comme les tortues, j’ai une carapace, et aujourd’hui, l’eau glisse. J’ai un parcours politique sans faille, j’ai jamais cédé, j’ai jamais plié, je ne me suis jamais couchée devant qui que ce soit. Les tentatives ont été, pendant ce parcours politique, relativement nombreuses, et en particulier, ces trois dernières années, parce que, avec l’entente républicaine, on a été relativement très gentil avec moi à la vice-présidence de la province Sud, et je savais très bien, pour ne pas être née de la dernière pluie, ce que ça voulait bien dire. Et donc, voilà, moi, je ne trahis personne. Si j’avais accepté un certain nombre de choses, je serais toujours vice-présidente de la province, aujourd’hui. Ça n’est pas le cas, et donc, je respecte les engagements que j’ai pris vis-à-vis, avec d’autres à mes côtés, vis-à-vis des électeurs, durant toutes ces années. Et puis, enfin, je crois que le dernier aspect de votre question concerne la 1ère circonscription, et je pense que Calédonie ensemble a voulu, au travers de cette candidature, marquer notre attachement, nos convictions, et les engagements que nous avons pris face aux électeurs, en 2009. Et là, je le dis avec une certaine fierté, parce que tout le monde ne peut pas dire la même chose, tout le monde ne peut pas, malheureusement, en faire autant. C’est la raison en particulier…, je crois que sur votre antenne, j’avais lancé une boutade pour parler de Gaël Yanno, et dire que je l’avais comparé à Richard Virenque. Voilà, moi, j’ai un parcours clair en politique, sans détour, sans trahison. Je crois que ça, ça va véritablement, et je le pense sincèrement, ça va faire la différence entre lui et moi.

Journaliste : Quel est l’état de la condition féminine en Nouvelle-Calédonie ? Quels sont les problèmes spécifiques que vivent les femmes du pays ?

Sonia Lagarde : Hélas, ils sont encore très nombreux, et puis, on va essayer de faire court, mais il y a un problème qui est grave, dans ce pays, c’est le problème des violences qui sont faites aux femmes. Je rappelle quand même que les chiffres parlent. Il y a une femme sur quatre, en Calédonie, qui est battue, et il y en a une sur dix, en métropole.

Journaliste : C’est énorme.

Sonia Lagarde : C’est énorme, et donc, cette étude, elle remonte à 2003. Depuis 2003, on constate aujourd’hui, et tous les acteurs qui sont autour du problème constatent la même chose, c’est que les choses n’ont pas évolué dans le bon sens. La seule évolution qui s’est traduite ces dernières années, c’est que les femmes osent en parler aujourd’hui, elles osent aller déposer plainte.

Journaliste : Et on en parle médiatiquement.

Sonia Lagarde : Et on en parle médiatiquement. Et quand nous étions, avec Philippe Gomès, aux manettes de la province Sud, nous avons mis en place un certain nombre de choses, en particulier un dispositif qui consiste à accueillir dans des appartements des femmes qui souhaitent se reconstruire avec leurs enfants. Un autre dispositif aussi, où il y a un traitement psychologique qui est dispensé, par rapport aux violences. Ces choses marchent aujourd’hui relativement bien, mais puisqu’on est dans des élections législatives, je voudrais rappeler que nous avons absolument besoin de l’aide de l’État, en particulier en matière de police et de gendarmerie, mais aussi en matière de justice. Et là, je m’aperçois que pas grand-chose n’a été fait. C’est-à-dire qu’on n’est pas allé en France pour dire : il y a un véritable fléau dans notre pays, il faut nous aider, parce que c’est aussi le rôle de la justice, et le rôle de la police, etc., d’avoir un accueil particulier vis-à-vis de ces femmes qui sont violentées. Et malheureusement, sans doute parce que les députés ont toujours été des hommes, ils n’ont pas véritablement été porter ça à Paris, et demander l’appui de l’État. En ce qui concerne l’insertion économique des Calédoniennes, là, je crois qu’il faut rappeler un certain nombre de chiffres. C’est qu’elles ne représentent que 43 % des effectifs salariés, que les femmes qui ont des postes à responsabilité, de direction, elles sont, en Calédonie, 21 %, et que là, il reste aussi un problème qui est entier, parce qu’au début de la campagne des élections présidentielles, on s’est aperçu que plusieurs personnes, des personnalités politiques qui se présentent à cette élection, mais aussi des ministres, qui ont parlé de la discrimination de salaire qui était faite aux femmes, en particulier, à diplôme égal, les femmes aujourd’hui sont sous-payées. En France métropolitaine, c’est de l’ordre de 25 %. Donc ici, on n’a pas d’observatoire des salaires. Il serait bon de faire parler les chiffres. Nous allons le faire, et si tel était le cas, il n’y a aucune raison pour que se soit différent ici, et si tel était le cas, nous allons déposer une proposition de loi du pays de façon à ce que, à diplôme égal, les femmes soient payées exactement de la même manière. Et enfin, il y a un autre aspect, en ce qui concerne la formation des femmes dans le pays. on s’aperçoit que seulement 30 % d’entre elles accèdent à la formation professionnelle, et qu’il est temps de se pencher sur ce problème pour instaurer, dans la mesure du possible, sur certains métiers, un quota de femmes, et puis aussi sur les postes à responsabilité, que ce soit dans la fonction publique ou que ce soit dans le privé, là aussi les femmes accèdent moins aux postes à responsabilité, et que ça passe, là encore par un quota. Donc, vous voyez que toutes ces choses-là, eh bien, le rôle du député a un rôle prépondérant à Paris, pour aller expliquer tout ça, et surtout, pour demander l’appui technique de l’État qui dispose d’un corpus juridique qui est beaucoup plus étoffé que le nôtre. Donc, vous voyez qu’il y a du travail.

Journaliste : Quels sont, pour vous, les principaux enjeux de ces législatives ?

Sonia Lagarde : J’ai envie de dire qu’il y a plusieurs enjeux, mais il y a avant tout un enjeu politique. Cet enjeu politique, c’est celui de la représentation parlementaire du pays. Il faut bien comprendre que les parlementaires sont des interlocuteurs privilégiés de l’État, à Paris, et que la situation actuelle, aujourd’hui, si on prend le Rassemblement UMP, il détient déjà deux parlementaires, puisqu’ils ont déjà deux sénateurs. Et la question qu’il faut se poser, c’est donc : est-ce que le Rassemblement UMP doit occuper demain les deux postes de député ? C’est une vraie question. Est-ce que cela correspond à la réalité politique du pays ? Et quelles seraient les conséquences, si tant est que, demain, il y ait deux députés Rassemblement UMP ? La conséquence majeure, j’ai envie de dire : ça serait qu’une seule voix qui serait portée à Paris, et cette voix, elle ne représenterait pas tous les Calédoniens, et qu’il est temps, effectivement, de faire entendre une voix différente, celle de la vraie réalité du pays. Est-ce que vous croyez que si j’avais été député, par exemple, à la place de Gaël Yanno, j’aurais accepté la montée du drapeau kanaky ? Eh bien, moi, je vous dis que non, parce que je me serais battue avec mes convictions, bec et ongles, et j’aurais dit : il faut surtout pas faire ça. Deuxièmement, il y a un autre enjeu, qui est celui de l’accompagnement financier de l’État, et ça, c’est quand même pas une mince affaire. On sait aujourd’hui, que chaque année, l’État injecte 130 milliards CFP en Calédonie, et que ça conditionne bien évidemment le niveau de vie des Calédoniens. Mais nous savons aussi, par ailleurs, que l’État a d’énormes difficultés budgétaires, ce qui amène la France, ces derniers temps, tout le monde l’a constaté, à réduire ses interventions dans le pays. Et le travail des députés, il est effectivement de veiller au maintien de ces interventions financières. Le troisième enjeu, j’ai envie de dire que c’est celui des convictions, et non pas celui des promesses. Et ça, ça me semble aussi extrêmement important. Or là, ce que je constate, c’est que Gaël Yanno a un bilan, contrairement à ce qu’on pourrait dire sur la place publique, qui est catastrophique. Et je vais vous donner quelques exemples. Il avait promis, pendant sa campagne de 2007, que les fonctionnaires retraités d’État ne subiraient pas de désindexation de leur pension de retraite. Et on a assisté à quoi ? Les retraites, elles ont été désindexées. Ensuite, les moyens concernant les forces de l’ordre : il avait dit qu’elles seraient augmentées. Et là on assiste à quoi ? Bah, non, elles ont été réduites, et on a assisté, ces derniers temps à la fermeture du commissariat de Tindu, la gendarmerie de Moindou a aussi fermé, et puis demain, il est envisagé que ce sera la même chose dans le Nord. Concernant le drapeau, Gaël Yanno avait promis, en 2007, qu’il organiserait un grand débat public. D’ailleurs, à ce sujet, quand même, je ne peux pas m’empêcher de vous lire quelque chose, parce que ça, c’est vu, c’est su, ça a été lu absolument par tout le monde, ça émane de la campagne de Gaël en 2007. Et il avait écrit ceci : nous n’acceptons pas que les emblèmes de la lutte indépendantiste deviennent ceux de la Nouvelle-Calédonie, quitte à être le seul mouvement politique à s’opposer à cette dérive indépendantiste de la lecture de l’Accord de Nouméa. Donc voilà, je crois que les choses sont dites. Ça, c’est le troisième enjeu, c’est aller porter une voix différente, et puis, c’est le dire avec ses tripes, c’est le dire avec ses convictions et ne pas dire autre chose que ça. Et le quatrième enjeu, j’en termine là-dessus, c’est bien évidemment aussi quelque chose d’essentiel, puisqu’il s’agit de l’avenir de la Nouvelle-Calédonie. Parce que la coalition RUMP, UC et Parti travailliste, dont fait partie monsieur Yanno, est en train de négocier, et ça, c’est grave, un projet d’indépendance association dans le dos des Calédoniens. Et là, je voudrais encore rappeler que, dans votre studio, le 13 octobre dernier, Éric Gay, qui était votre invité, déclarait, et là, je vais le citer : pour nos partenaires indépendantistes, il y a cette volonté d’accéder à quelque chose qui puisse s’appeler « indépendance », sur laquelle on ne peut accepter de prendre des responsabilités. Alors tout ça, c’est pas très bien dit, c’est sans doute pas très français, mais en tout cas, il a été très clair, et nous en avons pris acte.

Journaliste : Sur l’indépendance association, vous dénoncez le risque de l’indépendance association, mais que proposez-vous aux Calédoniens, vous, à Calédonie ensemble ?

Sonia Lagarde : Vous savez, après la montée du drapeau kanaky, l’élection de Rock Wamytan à la présidence du Congrès, l’entrée du Parti travailliste au gouvernement, nous avons souhaité rendre la parole aux Calédoniens. Et d’ailleurs, on avait des petits macarons, le slogan était très clair : « La parole au peuple ». L’État en a décidé autrement. Ces élections législatives, elles vont donner la parole au peuple. Et donc, l’enjeu est extrêmement important. Ce qu’on veut, nous, pour la Nouvelle-Calédonie, et là, je vais le dire franchement, c’est qu’il n’est pas question d’indépendance association. Nous, on veut rester dans la France, c’est-à-dire que les compétences régaliennes restent aux mains de la France, et pas autre chose. Et donc, il faut, aujourd’hui ou demain, négocier et mettre tout le monde autour d’une table. Pourquoi je dis qu’il faut que les compétences restent aux mains de la France ? Parce que, imaginez une seconde que la police soit, demain, aux mains de Louis Kotra Uregei, si on était indépendants. Je pense que les Calédoniens auraient du souci à se faire. Et puis, je ne peux pas faire l’impasse sur des déclarations récentes d’Octave Togna dans la presse, la semaine dernière, qui disait, en reprenant des paroles de Jean-Marie Tjibaou d’ailleurs et en prenant ces compétences régaliennes, et en particulier la défense. Et il a dit quoi, Jean-Marie Tjibaou ? Il a dit : mais une armée, pour quoi faire ? Pour aller attaquer le Vanuatu ? Donc, on voit bien que ces compétences, elles doivent rester au sein de l’État, qu’il faut se mettre effectivement autour d’une table pour négocier, mais que cette négociation, elle ne peut se faire qu’après 2014. Parce qu’aujourd’hui, on assiste à quoi ? On assiste au fait que Louis Kotra Uregei, au Congrès, crie en permanence : Kanaky 2014. Mais Kanaky 2014, ça n’a jamais été écrit dans l’Accord de Nouméa. L’Accord de Nouméa, on a encore six ans, jusqu’en 2018. Et on pense très sincèrement que le choix qui sera fait par les Calédoniens, aux provinciales de 2014, c’est-à-dire de mettre des hommes et des femmes en place, c’est eux qui auront la légitimité, à ce moment-là, pour pouvoir négocier.

Journaliste : À la prochaine mandature !

Sonia Lagarde : À la prochaine mandature. Mais l’Accord de Nouméa, il n’a jamais dit que c’était avant 2014. Et ça, il faut aussi…

Journaliste : À partir de, jusqu’à même 2020, pour aller jusqu’à 2020…

Sonia Lagarde : Exactement. Il faut le dire, et j’aurais envie de vous dire autre chose, c’est que, quand on arrive à la table des négociations, on doit toujours arriver d’égal à égal. Or, aujourd’hui, on assiste à quoi ? Tout ce qui a été fait, c’est-à-dire la présidence de Wamytan au Congrès, le drapeau, Louis Kotra Uregei, etc., tout ce qu’a fait la coalition, je veux dire qu’ils ont lâché énormément de choses, et en particulier, ils ont lâché un symbole qui est très fort, qui est celui du drapeau. Il reste quoi, aujourd’hui, à lâcher ? Quand vous arrivez à la tête des négociations, c’est d’égal à égal. Vous n’arrivez pas en état de faiblesse. Or, là, ils sont en état de faiblesse.

Journaliste : Outre le député sortant, Gaël Yanno, Isabelle Lafleur pour le RPC est aussi candidate. Un commentaire ?

Sonia Lagarde : Oui. Vous savez, on est en démocratie, et donc, chacune et chacun a le droit de se présenter. Moi, je trouve plutôt, personnellement, parce que je suis une femme, donc je trouve plutôt sympathique les candidatures féminines. Le nom que vous évoquez, celui de Lafleur, ne peut m’empêcher de rappeler quand même que mon combat politique, il s’est fait en face de lui, en 1995. Mais ce que je voudrais dire, c’est que je l’ai combattu debout, en face, avec d’autres, à la loyale, tout le monde ne peut pas en dire autant, et je vais passer sur cet épisode douloureux, et je reste très, très objective par rapport à l’homme, parce que je sais ce qu’il a fait. Je sais ce qu’il a fait en toute humilité, dans des moments qui étaient relativement graves pour la Nouvelle-Calédonie. Vous aurez bien compris que l’enjeu de ces élections, il est important. Et ce que je voudrais dire, c’est qu’il ne faut pas se laisser emporter par n’importe quel petit plaisir électoral, dès le premier tour. Il faut une mobilisation massive au premier tour, parce que les Calédoniens ont deux questions à se poser. C’est : quelle est la formation politique qui s’est opposée à la coalition, ces dernières années ? Et puis, une autre question, c’est : quelle est la formation politique qui peut constituer une alternative crédible par rapport à la coalition ? Ben moi, je n’ai qu’une réponse à vous donner : c’est Calédonie ensemble.

Journaliste : Il y a un an, 5 mille Calédoniens descendaient dans la rue pour un drapeau commun. Un an après, où en est-on ?

Sonia Lagarde : Nous continuons à nous opposer, vous l’avez compris, avec vigueur, parce que ce drapeau, il n’était pas prévu dans l’Accord de Nouméa et parce que les Calédoniens n’ont pas été consultés. Je rappelle que ce drapeau commun, c’est un drapeau, c’est un symbole fort qui doit nous rassembler. C’est une véritable passerelle entre les communautés, et non pas un fossé entre les communautés. Et je crois qu’on a raté une très, très belle occasion d’écrire enfin la page du destin commun. Nous avons fait plusieurs propositions. Nous avons déposé plusieurs vœux au niveau du Congrès, et là, on s’aperçoit qu’il y a un blocage systématique de la part du RUMP. Mais je voudrais dire aussi que cette conception que nous avons, du drapeau commun, d’autres la partagent avec nous, et d’ailleurs, on les a bien entendus s’exprimer au niveau du Congrès. Et dans ces formations, il y a des indépendantistes, et j’ai envie de citer Paul Néaoutyine, j’ai envie de citer Victor Tutugoro ou j’ai encore envie de citer Nidoïsh Naisseline. Donc, on n’est pas les seuls à vouloir ce drapeau. C’est très simple, on va continuer de lutter. Et pour célébrer le premier anniversaire, qui était le 9 avril 2011, nous venons, à nouveau, de déposer, sur le bureau du Congrès, un projet de délibération pour qu’enfin, une commission soit mise en place, que nous nous parlions, toutes tendances politiques confondues, qu’on consulte la société civile, parce que si on a envie d’écrire cette page du destin commun, ça passe inévitablement par ce drapeau. Parce que, beaucoup de Kanaks, aujourd’hui, non-indépendantistes, ne se reconnaissent pas dans ce drapeau, et je ne vous parle pas des Calédoniens. Il faut impérativement que les choses se fassent. Nous n’avons pas envie de baisser les bras sur cette affaire, on continuera à faire tout ce qu’on a fait jusqu’à présent, on ira jusqu’au bout de la démarche, pour tenter de trouver une issue favorable et pour qu’enfin, on soit fier de ce drapeau commun qui sera celui de la Nouvelle-Calédonie et qu’on portera tous fièrement sur nos épaules.

Journaliste : Au début de l’entretien, vous vous compariez à une tortue.

Sonia Lagarde : C’est doucement, mais sûrement.

Journaliste : Vous me rappelez cette fable de La Fontaine, « Le Lièvre et la tortue ». Si vous, Sonia, vous êtes la tortue, qui est le lièvre ?

Sonia Lagarde : C’est les électeurs qui vont le dire. Vous savez, en politique, on dit toujours : il ne faut jamais démarrer trop tôt, il faut toujours monter dans le train au bon moment pour arriver au bon moment. Moi, je suis quelqu’un de patient. La politique m’a appris plein de choses, je sors plutôt grandie de cette belle aventure et j’espère qu’elle ne va pas se terminer et que les électeurs vont me faire confiance. Je ne peux pas anticiper sur le résultat. Mais ce que j’ai envie de dire aux auditeurs et aux Calédoniens qui m’écoutent que s’ils me font confiance, je ne vais pas les trahir. Parce que, si j’avais été députée à la place de monsieur Yanno, vous voyez, pour revenir au drapeau, eh bien, je me serai battue, je serai allée à Paris, j’aurai fait du lobbying auprès des députés, j’aurai alerté tout le monde sur le mal et la division qui a été orchestrée en Calédonie, et franchement, on n’avait pas besoin de ça, depuis la montée de ce drapeau. Moi, je fais de la politique avec mes tripes, avec mes convictions, je suis Calédonienne, j’adore ce pays, c’est mon pays, j’ai un fils, mais il y a beaucoup de gens, ici, qui ont autant de passion que moi pour ce pays, et c’est ce que j’entends défendre. Mais je ne ferai jamais, et là, je peux assurer tout le monde aujourd’hui, ce que je dis aujourd’hui, je le ferai, et je ne trahirai personne. Parce que si j’avais trahi, si je m’étais pliée ou si je m’étais couchée, eh bien, ça se saurait depuis longtemps.

Journaliste : Sonia Lagarde, merci.

Sonia Lagarde : Merci.

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