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PHILIPPE GOMES SUR RNC1ERE LE 13 AVRIL 2012

Journaliste : Philippe Gomès, bonjour !

Philippe Gomès : Bonjour !

Journaliste : Un mot sur l’affaire judiciaire. En tant que président de la province Sud pour un contrat de clims à Goro Nickel, vous risquez 6 mois avec sursis. Le procureur n’a pas demandé de peine d’inéligibilité. Le délibéré sera le 7 mai 2012. Si vous êtes condamné, Philippe Gomès, vous arrêtez la politique ou pas ?

Philippe Gomès : Vous plaisantez, Thierry Rigoureau ! Il y a deux juges d’instruction, pas un, deux, qui sont des magistrats indépendants et expérimentés, qui ont instruit ce dossier six années durant, qui ont entendu des centaines de personnes, des milliers de PV d’auditions, ici, au Canada, à Brisbane, et qui, au bout de ces six années, tous les deux, monsieur Ludovic Friat, d’abord, monsieur Serge Durand, ensuite, ont refusé de me mettre en examen, c’est-à-dire, ont considéré qu’il n’y avait pas d’éléments graves et concordants, susceptibles, dans ce dossier-là, en leur âme et conscience, en leur intime conviction, de me mettre en examen, c’est-à-dire de considérer que j’étais susceptible d’avoir commis un délit. Donc, pourquoi voulez-vous que je croie une seule seconde, un seul instant, qu’un tribunal indépendant décide le contraire de ce que deux juges d’instructions ont décidé? Je l’ai dit depuis l’origine : la montagne accouchera d’une petite souris. La petite souris a commencé à naître d’ailleurs parce qu’on a vu que j’ai fait quelque chose de fautif, selon le procureur qui me poursuit de son zèle depuis six ans, mais on ne réclame pas d’inéligibilité. Alors, il faudrait savoir : ou j’ai fait quelque chose de fautif, et il faut me rendre inéligible, ou je l’ai pas fait, et à partir de moment-là, il faut me relaxer. Moi, j’attends avec sérénité la décision du 7 mai.

Journaliste : Donc, pas de décision si jamais vous êtes condamné…

Philippe Gomès : Mais vous plaisantez ! Vous avez regardé le dossier ? Si vous l’aviez regardé une seule seconde, si vous aviez lu l’ordonnance du juge que j’ai mise sur mon site Facebook, vous vous seriez rendu compte que l’instruction de ce dossier a prouvé, au travers de deux magistrats indépendants que j’avais strictement rien à me reprocher. Je fais l’objet de poursuites politiques dans ce dossier-là, ni plus, ni moins. Parce que les magistrats sont indépendants, le parquet, lui, ne l’est pas.

Journaliste : Juste une question sur la visite du Premier ministre fidjien en Calédonie. Un auditeur de Lifou l’a déposé sur notre répondeur.

Intervenant : Je vois que monsieur Gomès est contre la venue en Nouvelle-Calédonie de monsieur Bainimarama, responsable actuel de Fidji. Je demande si lui, qui veut se dire défenseur des droits de l’Homme, il s’est posé la question quand monsieur Nicolas Sarkozy a invité le dictateur libyen. Il défend une certaine démocratie, ici dans le pays. Monsieur Gomès est toujours en train de mettre en cause les choses qui se font dans le pays. Et je confirme que je suis d’accord avec monsieur Wamytan, en disant : laissez-nous, les Mélanésiens, tisser nos relations avec nos frères de la Mélanésie.

Philippe Gomès : Je dis à ce monsieur de Lifou, qu’avant de penser à Bainimarama, il ferait mieux de penser au peuple fidjien. Je veux dire à ce monsieur de Lifou que le peuple fidjien n’a pas de liberté syndicale, impossible de se défendre contre le pouvoir dans les entreprises. Le peuple fidjien n’a pas la liberté de la presse. Désormais, les articles sont soumis à la censure. Le peuple fidjien n’a pas la possibilité de se rassembler dans la rue, au-delà de 5 personnes, c’est interdit. Je rappelle que des avocats, des hauts fonctionnaires, des journalistes, des syndicalistes sont emprisonnés. Je dis simplement ça, et je dis que le coup d’État de Bainimarama, en 2006, l’abrogation de la Constitution, en 2009, à laquelle il a procédé, sont des actes inacceptables. C’est pas parce qu’on est mélanésien qu’on a le droit d’être dictateur, pas plus qu’une autre ethnie, et donc à partir de ce moment-là, je considère que la Nouvelle-Calédonie n’a pas à servir de paillasson à ce dictateur pour qu’il vienne s’essuyer les pieds sur notre pays. J’ai une autre idée du message que doit porter notre pays, en Mélanésie, et dans le Pacifique.

Journaliste : Steven Gnipat me dit que la censure a été levée en janvier de cette année.

Philippe Gomès : Non, c’est faux. Je sais que c’était une dépêche AFP, il la connaît comme moi, elle date du 7 janvier, mais depuis lors, la presse s’est fait l’écho qu’on s’était peut-être réjoui un peu vite de ce fait-là, puisque, encore très récemment, d’autres atteintes aux libertés ont été menées. Je rappelle que ma position, c’est pas Philippe Gomès tout seul, avec Calédonie ensemble qui dit ça. Le Premier ministre néo-zélandais a déclaré très récemment qu’il attendait que Bainimarama fasse la preuve de ses intentions sincères, en ce qui concerne les élections organisées en 2014. Je rappelle également, que le ministre des affaires étrangères australien a indiqué, lui aussi qu’il jugeait un peu prématurée, la levée de sanction à l’égard de Fidji. La communauté internationale a condamné dans son intégralité ce qui s’est passé. Quant à Kadhafi et à Sarkozy, je condamne le fait que Nicolas Sarkozy ait accueilli Kadhafi à l’Élysée, et Rama Yade, quand je dis : Bainimarama ne peut pas utiliser la Nouvelle-Calédonie comme paillasson, c’est en réalité une paraphrase de ce qu’avait dit Rama Yade lorsque Kadhafi est venu à l’Élysée. Et moi, je suis libre de penser, je ne suis pas obligé de penser comme le président de la République, comme chacun l’a remarqué.

Journaliste : Est-ce que c’est pas tout simplement, au fond, le premier exercice de la diplomatie calédonienne qui doit impérativement quand même avoir une politique régionale active ? Le gouvernement français demande à ce que la collectivité, le pays ait une véritable politique régionale.

Philippe Gomès : Oui, d’accord. Et il faut aller se coucher aux pieds de Bainimarama pour mener une politique régionale ? Quelle drôle de manière de voir les choses. La politique régionale a été initiée de longue date, conformément à l’Accord de Nouméa. Je vous rappelle qu’à ce titre, je suis allé rendre compte des avancées de l’Accord à New York devant la commission spéciale de l’ONU. Je vous rappelle qu’à ce titre j’ai effectué des démarches en tant que président du gouvernement pour que nous soyons membres à part entière du Forum des îles du Pacifique, et non plus simplement, comme c’est le cas aujourd’hui, membres associés. Je rappelle également que nous avons fait une visite au plus haut niveau avec l’ensemble des présidents de provinces, avec le haut-commissaire, avec votre dévoué serviteur en tant que président du gouvernement, en Australie, nous avons rencontré le Premier ministre de l’époque. Donc, ce que je veux dire, c’est que la volonté de nous engager régionalement, est une volonté qui est portée aujourd’hui très fortement par l’ensemble des formations politiques. Ça n’est pas le sujet. Le sujet, ça n’est pas de s’engager régionalement, le sujet, ça n’est pas celui de l’intégration régionale. Ce sujet-là, je crois qu’aussi largement aujourd’hui, l’ensemble des partis politiques calédoniens le partage. Non, le sujet, c’est : est-ce qu’on doit cautionner un régime dictatorial qui, aujourd’hui, a mis à genoux un peuple ? La réponse, pour moi, est non, et je répète, c’est une certaine idée du pays et du message qu’il doit porter dans le Pacifique qui m’anime lorsque je dis ça. Alors, bien évidemment, ça ne veut pas dire que nous ne devons pas venir au secours du peuple fidjien, c’est ce qui se fait notamment au travers de nombreuses associations humanitaires qui œuvrent là-bas. Ça ne veut pas dire non plus que nous ne devons pas essayer de faire en sorte que le retour à la démocratie soit effectif en 2014, comme le contre-amiral s’y est engagé, et donc, bien sûr, l’ONU et les autres organisations internationales doivent aider à ce que ces élections aient lieu.

Journaliste : La discussion, c’est une forme de bonne gouvernance aussi.

Philippe Gomès : Oui, c’est ce qu’on dit. Hafez el-Assad aussi, je sais que longtemps, on a dit qu’à partir du moment où on dialogue avec des dictateurs, ça va mieux. En l’espèce, ça va pas mieux, et au contraire, ça leur a permis parfois de cautionner des régimes qui portaient des atteintes graves aux libertés. Donc, vous, vous défendez une position qui est très partagée, rassurez-vous, c’est celle du réalisme. Il faut avoir du réalisme en politique, c’est au nom du réalisme qu’on commerce avec la Chine, et au nom d’un certain nombre de réalismes de ce type-là qu’on ferme les yeux sur les atteintes aux droits de l’Homme. Ça n’est pas ma position, et à mon avis, ça n’est pas le message que la Nouvelle-Calédonie doit délivrer dans le Pacifique. Et je voudrais dire deux mots sur le drapeau, parce que j’ai entendu un long débat, et permettez-moi, Calédonie ensemble n’était pas invité, je le regrette, on avait peut-être deux ou trois choses à dire sur le sujet. Donc, je vais les dire. La première chose, c’est que les premiers qui se sont opposés au drapeau en février 2010, lorsque la proposition a été faite, c’est Calédonie ensemble, et qui a dit que ça portait une triple atteinte. Je rappelle simplement ces trois atteintes : une atteinte à la démocratie, c’est pour ça que ça fait polémique, Thierry, encore aujourd’hui. Ça semble vous surprendre. Oui, une atteinte à la démocratie. On ne décide pas d’un drapeau dans le dos du peuple. Une deuxième atteinte, une atteinte à l’Accord de Nouméa. L’Accord de Nouméa il dit bien qu’on doit avoir un drapeau recherché en commun, porteur de l’identité kanake et du futur partagé entre tous. C’est pas juste l’identité kanake, c’est aussi le futur partagé entre tous. Et enfin, c’est une atteinte au destin commun parce qu’on avait besoin d’un symbole qui nous rassemble, et ce symbole du drapeau FLNKS, hissé dans le dos du peuple a coupé le pays en deux. Donc, voilà pourquoi aujourd’hui ça fait encore polémique, et croyez-moi, les votes qui vont se produire aux prochaines élections présidentielles, et aux prochaines élections législatives seront, pour une part, issus de ce qui s’est passé avec le drapeau du FLNKS.

Journaliste : Simon veut vous poser une question.

Simon : Le Kanak, il a toujours été humilié, abaissé plus bas que terre. Aujourd’hui, le Kanak, il est encore censuré.

Journaliste : Est-ce que vous avez une question ?

Simon : C’est ça, je demande à monsieur Gomez, il peut répondre à ça ?

Journaliste : Peut-être le sentiment que certains soient encore discriminés ?

Philippe Gomès : Je comprends ce que veut dire monsieur, même s’il le dit d’une manière que je trouve un peu virulente. Cette question-là a été abordée et écrite de manière très juste, dans le préambule de l’Accord de Nouméa. Le préambule de l’Accord de Nouméa, il dit deux choses. La première chose, c’est qu’il y a un peuple autochtone, vieux de trois mille ans, le peuple kanak qui a été, nous dit l’Accord, marginalisé, je le cite, aux frontières économiques, politiques et culturelles de son propre pays, et que les mouvements de population ont déstructuré la société kanake, et l’Accord nous dit, qui a été nié dans son identité même. Bien évidemment, ce que dit monsieur, c’est son ressentir en réalité. Effectivement, tout ça est exact, c’est ce qu’on a appelé la colonisation, et même si elle a eu des lumières, comme nous dit l’Accord, elle a eu aussi ses ombres. Mais par ailleurs, le préambule de l’Accord nous dit aussi : à côté du peuple kanak, d’autres peuples sont venus, au fil du temps, construire le pays. Et je cite l’Accord, il nous dit : ces autres peuples ont acquis, par leur construction à l’édification de la Nouvelle-Calédonie, une légitimité à y vivre et à continuer de contribuer à son développement. Donc, la question aujourd’hui, c’est plus celle du peuple kanak et des autres peuples. La question, aujourd’hui, c’est notre capacité collective à construire un peuple calédonien pour accéder à un destin commun. Et donc, oui, il y a eu des humiliations, oui, nos histoires se sont affrontées, oui, on a été dans l’incompréhension, mais maintenant, on doit se projeter dans l’avenir pour faire, de cette mémoire qu’on ne doit pas abandonner, une mémoire forte pour construire le pays.

Journaliste : On revient sur votre congrès qui aura lieu ce samedi 14 avril et les prochaines échéances, les législatives. À vous entendre, c’est un rendez-vous majeur. Pourquoi ?

Philippe Gomès : C’est un rendez-vous majeur, parce que ça fait trois ans que le peuple calédonien est privé de parole et que la coalition au pouvoir, emmenée par le Rassemblement UMP, Pierre Frogier, Gaël Yanno et Éric Gay, a fait exactement le contraire de ce qu’elle avait dit aux Calédoniens en 2009. Et je pense que les 19 mille qui ont voté pour eux, en 2009, quand ils proposaient, d’une part, de faire un pacte républicain, c’est-à-dire rassembler les forces loyalistes alors qu’aujourd’hui, ils ont fait un pacte avec l’UC et le Parti travailliste, alors qu’ils proposaient d’autre part de purger l’indépendance, je cite Pierre Frogier, Gaël Yanno, Éric Gay, purger l’indépendance pour qu’après, on n’en parle plus et qu’aujourd’hui, ils ont hissé le drapeau du FLNKS, il doit y avoir très probablement, je le pense, je le sens, dans le pays, une interrogation forte par rapport à une confiance qui a été mise dans certains hommes, et cette confiance, elle a été trahie. Pour une fois, au bout de trois ans, les Calédoniens vont pouvoir dire s’ils sont d’accord. Est-ce qu’ils sont d’accord, et permettez-moi de terminer un raisonnement, l’espace qui dépasse un sujet, un verbe et un complément d’objet direct, est-ce qu’ils sont d’accord pour une coalition avec les indépendantistes, entre le Rassemblement UMP et l’UC et le Parti travailliste ? Est-ce qu’ils sont d’accord que Rock Wamytan, indépendantiste, soit élu aujourd’hui président du Congrès par cette même coalition ? Est-ce qu’ils sont d’accord pour que le drapeau du FLNKS soit aujourd’hui hissé aux côtés du drapeau français, dans le dos des Calédoniens ? S’ils sont d’accord avec ça, qu’ils votent, et je le dis, c’est simple, Éric Gay et Gaël Yanno, parce que ce sont les représentants de ces politiques. Par contre, s’ils ne sont pas d’accord avec ça, ils peuvent dire « stop », et il y a les candidatures de Sonia Lagarde, Hélène Iekawé, la mienne et celle de Gérard Poadja pour mener une autre politique pour notre pays, plus respectueuse des engagements qu’on prend à l’égard des électeurs.

Journaliste : Je viens de vous écouter très attentivement. Mais très honnêtement, j’ai pas entendu la campagne d’un député. J’ai entendu la campagne d’un politique pour les provinciales, deux ans avant les dates…

Philippe Gomès : Ben non, pas du tout. Est-ce que vous pensez que si j’avais été, une seconde, député de la Nouvelle-Calédonie, le drapeau du FLNKS flotterait aujourd’hui aux côtés du drapeau tricolore ? Ben je vous dis non. Donc, vous voyez que c’est bien la campagne d’un député. C’est bien un député et deux députés, Pierre Frogier et Gaël Yanno, qui ont soumis l’idée au chef de l’État et qui ont fait en sorte que ce drapeau soit là. Donc, oui, c’est parfaitement la campagne d’un député…

Journaliste : Mais il y a eu un vœu du Congrès. Est-ce que vous pensez…

Philippe Gomès : … Mais qui a proposé que le drapeau… Mais Thierry, il ne faut pas embrouiller les gens. Qui a proposé que le drapeau du FLNKS flotte aux côtés du drapeau tricolore ? C’est l’assemblée ? Non. C’est Pierre Frogier et Gaël Yanno, avec Nicolas Sarkozy.

Journaliste : Est-ce qu’un député élu n’a pas plus de pouvoir à l’Assemblée nationale qu’au Congrès de la Nouvelle-Calédonie ?

Philippe Gomès : Quel pouvoir à l’Assemblée nationale ? 98 % des lois qui sont votées à l’Assemblée nationale ne sont pas appliquées en Nouvelle-Calédonie, parce que nous sommes compétents au travers du Congrès, des provinces et pour une large part, également des communes. La question n’est pas celle-là. La question est de dire, au travers de ces élections…, que les Calédoniens disent à l’État : on n’est pas d’accord avec ce qui se passe. On n’est pas d’accord avec la politique qui a été menée, et surtout, on ne fait pas confiance à celles et ceux qui sont au pouvoir aujourd’hui, pour négocier la sortie de l’Accord de Nouméa. Parce que, bien évidemment, c’est l’indépendance association qui sera au bout du chemin et rien d’autre. Donc, c’est cette voix-là que les Calédoniens doivent exprimer.

Journaliste : C’est pas dangereux d’en faire un enjeu, presque provincial, deux ans avant…

Philippe Gomès : C’est pas un enjeu provincial, du tout, c’est un enjeu d’avenir pour le pays. L’indépendance association, c’est pas les provinciales, Thierry. L’indépendance association, c’est le pays que nous allons construire demain. Or, cette indépendance association, elle est en train d’être concoctée, comme le drapeau, dans le dos des Calédoniens, par Charlie Pidjot, Rock Wamytan, LKU, Pierre Frogier, Gaël Yanno et quelques autres. C’est contre ça que nous nous opposons, c’est contre ça que nous nous battons. Et puis, autre chose : est-ce que vous croyez normal, Thierry, que la parole du pays soit confisquée au Parlement, par quatre parlementaires du RUMP ? On a déjà les deux sénateurs qui sont Pierre Frogier et Hilarion Vendégou, on va avoir ensuite deux députés qui sont Gaël Yanno et Éric Gay, et donc, une seule et unique voix, pour porter la diversité calédonienne.

Journaliste : Mais Philippe Gomès, vous mettez la barre très haut.

Philippe Gomès : Donc nous, ce que nous souhaitons, c’est que la voix calédonienne ne s’exprime pas qu’au travers d’un seul parti, le Rassemblement UMP, mais que Calédonie ensemble, qui offre une alternative à celles et ceux qui sont de sensibilité non-indépendantiste dans ce pays, puissent également porter la voix d’une partie du peuple calédonien.

Journaliste : Vous mettez la barre très haut, est-ce que ça veut dire qu’en cas d’échec, vous en tirerez les conclusions, et lesquelles ?

Philippe Gomès : Vous voulez me faire, à chaque fois, arrêter la politique. Non, c’est assez amusant. Non, vous savez, nous, on défend des idées et des valeurs. Vous savez, si j’étais accroché à un poste, je serai resté président du gouvernement, il suffisait que je dise oui sur le drapeau, et je serais probablement aussi sénateur aujourd’hui. La majeure partie se sont couchés pour des postes. En ce qui me concerne, je suis debout, même si c’est sous un certain nombre d’obus que mon chemin, et celui de Calédonie ensemble, se poursuit. Mais l’importance, c’est qu’on reste fidèle aux engagements qu’on a pris à l’égard de nos électeurs, c’est à ça qu’on tient. On leur a dit des choses, on fait ce qu’on dit, et on dit ce qu’on fait. C’est ça qui est important pour nous.

Journaliste : Un auditeur :

Intervenant : Monsieur Gomès, bonjour. Moi, je voudrais vous rappeler que ce drapeau, il a été hissé le 1er décembre 1984 à la Conception, et c’est pas le drapeau du FLNKS, comme vous le dites, là, vous le chantez partout. Vous déformez toujours les choses, à tire-larigot, (?), le groupe de personnes qui combat ce drapeau, ce drapeau, c’est le drapeau du peuple, le drapeau du pays kanak, il faut bien le dire, ça. Parce que moi, je suis Européen et je sais que je peux parler en connaissance de cause, c’est que j’ai participé…

Journaliste : Votre question, Monsieur.

Intervenant : Je voudrais dire à Monsieur Gomès que lui, il a toujours défendu le drapeau français, c’est son drapeau, et nous, on a le droit d’avoir le nôtre.

Philippe Gomès : Je me suis peut-être mal exprimé, et je m’en excuse si tel est le cas, moi, je n’ai rien contre le drapeau du FLNKS. Le drapeau du FLNKS, c’est un drapeau respectable, en tant qu’un drapeau d’un parti politique, le drapeau d’une revendication, le drapeau d’une lutte, le drapeau d’un choix idéologique, et celui de l’indépendance de la Nouvelle-Calédonie. À ce titre-là, il a sa place dans le pays, il est même aux frontons des collectivités qui sont dirigées par les indépendantistes, c’est-à-dire 25 communes sur 33 et deux provinces sur trois. Donc, la question n’est pas si on respecte ou pas le drapeau du FLNKS, pour moi, c’est un drapeau respectable, au titre de ce qu’il représente. La question, c’est : est-ce qu’on est capable de dépasser les limites ethniques et politiques qui sont les nôtres, pour bâtir un drapeau commun qui est le prélude, avec la citoyenneté calédonienne, à un destin commun ? C’est ça, le véritable sujet. Ne voyez, dans mon discours, aucune attitude de mépris à l’égard du drapeau du FLNKS, voyez-y simplement une volonté de construire ensemble, autre chose que des petits espaces dans lesquels on a vocation à rester éthiquement  et politiquement emmurés. Parce que la Nouvelle-Calédonie, elle peut mourir de (?), on n’arrive pas à faciliter l’émergence de ce peuple calédonien, je ne suis pas le seul à le dire, des indépendantistes le disent.

Journaliste : Vous parlez de destin commun, vous parlez d’avenir. Est-ce que, au fond, on vous entend beaucoup dénoncer l’alternative critiquée, quels sont vos thèmes d’espoir, est-ce qu’il y a de l’espoir dans le programme de Calédonie ensemble ? Quels sont les thèmes qui donnent envie, qui rendent fier ?

Philippe Gomès : Essayez de favoriser l’émergence d’un peuple calédonien au lieu de rester d’un côté kanako-kanak, et de l’autre, non-kanak. Ça, c’est un formidable espoir qu’il faut donner aux générations futures. Arrêtez de faire vivre les gens dans des quartiers, les uns pour les Européens, les autres pour les Océaniens, ça, c’est un formidable espoir qu’il faut créer. Et, au total, dire, ensemble : on est un seul peuple et on a vocation à construire un seul pays, ça, c’est un formidable message d’espoir, c’est le message de Calédonie ensemble et j’espère qu’il sera entendu lors de ces élections législatives. Merci à vous, Thierry, même si c’est difficile de parler avec vous.

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Journaliste : Merci beaucoup.

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