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POUR UNE AGENCE DE DEVELOPPEMENT DE L’INDUSTRIE LOCALE

En tant que candidats aux élections législatives, dans la 2ndecirconscription, Philippe GOMES et Gérard POADJA souhaitent, par cette visite à une entreprise calédonienne de Ducos, marquer l’importance, pour la Nouvelle-Calédonie, de l’industrie de transformation locale et son rôle essentiel dans le développement économique et le rééquilibrage de l’intérieur du pays qui représente l’assise géographique de la 2èmecirconscription.

Calédonie Ensemble a toujours soutenu l’industrie de transformation localeet le rééquilibrage qui est un des piliers de l’Accord de Nouméa.

1. L’industrie de transformation locale est un des secteurs économiques les plus importants de Nouvelle-Calédonie. Elle regroupe environ 1 225 entreprises de toutes tailles employant près de 8 100 salariés directs, auxquels il convient d’ajouter plus de 12 000 emplois induits. La croissance des effectifs dans ce secteur est de 7,6% par an.

La première retombée de l’industrie de transformation locale pour la Nouvelle-Calédonie est donc sociale : 20 000 calédoniens vivent directement ou indirectement grâce à l’industrie. Il faut noter que plus des 2/3 des effectifs sont des ouvriers, dont la plupart ont été intégrés sans formation initiale, et qui ont reçu une formation qualifiante par l’entreprise.

La seconde retombée de l’industrie de transformation locale pour la Nouvelle-Calédonie est économique : le chiffre d’affaires annuel cumulé de ce secteur représente 170 milliards de francs CFP, soit 8 milliards de francs CFP de charges patronales pour la CAFAT et 5 milliard de francs CFP d’impôts pour les collectivités.

Ce tissu industriel calédonien n’a pas d’équivalent dans les autres collectivités d’outre-mer. L’industrie est une chance pour notre pays. Elle permet de diversifier l’économie calédonienne, centrée aujourd’hui sur le Nickel et le Tourisme.

2. C’est la raison pour laquelle, lorsqu’il a présidé la province Sud entre 2004 et 2009, Philippe GOMES a engagé une politique en faveur du développement économique et du soutien à l’industrie de transformation locale, notamment au travers de la réforme du code des aides financières à l’investissement (CAFI).

Le champ d’application du code a été élargi et défini en termes de filières, notamment prioritaires. Le taux des aides financières a été revalorisé et de nouvelles aides ont été créées pour les entreprises en démarrage, en difficulté ou en phase de recherche/développement d’un produit. L’accompagnement des plus petites entreprises a été renforcé et celui des promoteurs complété en termes de formation et de suivi comptable et financier. Enfin, dans un souci de rééquilibrage au profit de l’intérieur de la province, le code a distingué différents secteurs géographiques, conduisant à un taux de subvention majoré dans les zones rurales et coutumières.

3. Lorsqu’il a présidé le gouvernement entre 2009 et 2011, Philippe GOMES a également soutenu l’industrie de transformation locale, avec le concours de Philippe GERMAIN, membre du gouvernement en charge du secteur, au travers d’une série de réformes.

Outre les mesures destinées à améliorer le pouvoir d’achat des Calédoniens, ces réformes ont notamment été formalisées par la délibération du 2 juin 2010 relative à la régulation des relations commerciales entre acteurs économiques, qui vise notamment à interdire les remises différées de fin d’année et sanctionner les abus de position dominante dont relèvent certaines pratiques commerciales.

Par ailleurs, sous l’impulsion du Conseil du dialogue social, créé durant cette période, des négociations ont été engagées dans chaque secteur d’activité pour mettre en place un pacte pour l’amélioration de la compétitivité des entreprises, avec des objectifs concret sur l’absentéisme.

C’est aussi sous l’impulsion du gouvernement GOMES que l’industrie de transformation locale, qui était éligible à la défiscalisation locale, a été considérée comme un secteur prioritaire, dans le cadre de la rationalisation de ce dispositif, prévue par une circulaire de janvier 2010.

4. Fin 2011, Calédonie Ensemble s’est battu contre les décisions arbitraires qu’avait décidé de prendre le gouvernement Martin en matière de protections de marché. Nous avons obtenu que le gouvernement ne prenne de décision qu’après concertation avec les entreprises concernées et après une analyse des effets des mesures envisagées sur l’emploi.

Grâce à cette démarche, le projet initial du gouvernement a été modifié, voire supprimé, dans la quasi-totalité des secteurs concernés (charcuterie, café, yaourts, confiserie, chocolat, chauffe-eau solaires, grillages et barbelés, etc.).

Pour nous, la modification des protections de marché doit impérativement s’inscrire dans une politique globale et cohérente, s’accompagnant d’une négociation, avec les entreprises qui en bénéficient, de contrats d’objectifs permettant d’expliciter les contreparties attendues par la Nouvelle-Calédonie en termes de création d’emplois, de prix et de qualité des produits. Un texte en ce sens était d’ailleurs en préparation lorsque le gouvernement GOMES a été renversé.

5. L’industrie de transformation locale a un rôle essentiel à jouer en matière de rééquilibrage économique et social. Dès l’origine, notre mouvement a soutenu le projet d’Usine du Nord, contrairement à d’autres personnalités, qui ont beaucoup tardé à affirmer leur soutien à ce projet.

Très récemment, encore, notre groupe au congrès a interpelé le gouvernement sur le projet de construction d’une usine d’embouteillage à Pouembout et a contesté le refus de le faire bénéficier de la défiscalisation.

6. Si les Calédoniens nous accordent leur confiance les 10 et 17 juin prochains, nous œuvrerons, à l’égard de l’industrie de transformation locale, pour atteindre deux objectifs :

–  permettre à ce secteur de continuer à être éligible à la défiscalisation métropolitaine. Il me semble qu’il appartient à l’Etat d’accompagner la consolidation du tissus industriel calédonien, qui contribue au développement économique et social du pays ;

– ensuite, mobiliser les crédits spécifiques de l’Etat dédiés à la constitution de grappes d’entreprises et de pôles de compétitivité pour créer une « Agence de développement de l’industrie locale » en Nouvelle-Calédonie, qui serait chargée de soutenir la production locale, en favorisant la création et le développement de filière de production, la recherche et l’innovation, l’exportation, etc.

Cette priorité rejoindra celle du futur président de la République, quel que soit le candidat qui sera élu le 6 mai prochain. En effet, Nicolas SARKOZY a toujours inscrit son action dans l’objectif d’un développement endogène des territoires ultramarins, qui doivent « développer leurs propres productions et de ne plus dépendre exclusivement des importations ». François HOLLANDE a quant à lui annoncé que, s’il était élu, il ferait de la réindustrialisation une priorité, et qu’il mettrait en ce sens en œuvre à la fois des incitations fiscales et des soutiens bancaires.

En conclusion, l’industrie de transformation locale est une chance pour le pays ! C’est un formidable outil au service du développement économique et social de la Nouvelle-Calédonie. Et, son rôle sera déterminant pour assoir le rééquilibrage engagé par l’Usine du Nord. De notre capacité à soutenir et à développer ce secteur d’activité dépend l’essor de l’intérieur de la Nouvelle-Calédonie.

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