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PHILIPPE DUNOYER SUR OCEANE FM LE 27 AVRIL 2012

Ce Vendredi 27 Avril 2012, à midi, Philippe Dunoyer était l’invité sur Océane fm.

Journaliste : Nous avons le plaisir de recevoir Philippe Dunoyer en tant que porte-parole des candidates de Calédonie ensemble, Sonia Lagarde et Hélène Iekawé, dans la première circonscription.

Journaliste : Philippe Dunoyer, bonjour.

Philippe Dunoyer : Bonjour.

Journaliste : Merci d’avoir accepté notre invitation. Vous n’échapperez province Sud à une question sur la présidentielle, quelle est votre analyse des résultats du premier tour en Calédonie, dans la perspective de ces fameuses législatives ?

Philippe Dunoyer : Il y a, je pense, quelques enseignements principaux à retenir. Le premier de ces enseignements, c’est le taux de participation en Nouvelle-Calédonie qui est très en retrait avec celui de la métropole. Il y a 55 % seulement des Calédoniens, c’est-à-dire un Calédonien sur deux, grosso modo, qui s’est exprimé à l’occasion de ce premier tour, c’est 25 à 30 points inférieurs à ce qu’on trouve en métropole, et donc, c’est un élément très important, puisque ça révèle une abstention, un désintérêt des Calédoniens pour cette élection, alors que le président sortant et président de la majorité présidentielle, représenté localement par le RUMP, aurait pu imaginer progresser, puisqu’on a quand même, entre 2007 et 2012, 18 mille électeurs de plus  et aurait donc dû avoir un score bien supérieur à celui qui a été recensé. Je note également, ça paraît anecdotique, mais ça ne l’est pas du tout, que 3 % des suffrages exprimés étaient des bulletins blancs ou nuls. C’est un pourcentage très, très important qui, là aussi, manifestement, traduit, de la part de ceux qui ont fait l’effort d’aller voter, un désintérêt et une distance qui est marquée vis-à-vis du président de la République notamment. Et puis, il faut rappeler que le score en Calédonie, comme en métropole, du FN était un score très important par rapport à ce qu’on a pu connaître…

Journaliste : Il a doublé.

Philippe Dunoyer : Il a doublé, effectivement, il est à un peu plus de 10 % en Nouvelle-Calédonie, alors que le FN ne dispose plus, depuis 2009, de représentants dans les institutions. Ces trois faits, puisque ce sont des chiffres que je viens de rappeler, dénotent et témoignent, pour nous, d’un enseignement fort, c’est une contestation très marquée de la politique locale, conduite par l’UMP et ses représentants, le RUMP, avec un enseignement qu’il ne faut jamais oublier, c’est qu’entre des élections présidentielles et des élections législatives, il y a une déperdition forte entre le score du président et le score de ses représentants locaux. En 2007, par exemple, les 44 mille voix récoltées par Nicolas Sarkozy ne se sont reportées qu’à 24 mille sur les candidats aux législatives, qui étaient Pierre Frogier et Gaël Yanno. Ces enseignements vont être confortés par le second tour, mais surtout par les élections législatives où on considère que c’est déjà la traduction d’une contestation et d’une dénonciation de la politique qui est conduite par la coalition.

Journaliste : Un ticket femme-femme est inédit en Nouvelle-Calédonie. Rappelez-nous les raisons de ce choix ?

Philippe Dunoyer : C’est un choix qui s’est construit au fur et à mesure de la réflexion, à l’intérieur du parti. D’abord, le choix des candidats, en l’occurrence de Sonia Lagarde pour la première circonscription, a été fait sur un certain nombre de critères, mais lorsque le choix de la suppléante, en l’occurrence Hélène Iekawé, a été envisagé, finalement, on s’est trouvé devant une perspective inédite en Nouvelle-Calédonie, mais c’est pas normal de relever que c’est une première en Nouvelle-Calédonie, et même ailleurs. On trouve très peu de ticket femme-femme pour ces élections législatives, alors que, quand même, il me semble qu’elles sont susceptibles, d’abord, de représenter une bonne moitié de la population et puis d’amener une approche, une sensibilité, une diversité dans l’analyse politique et de mettre en avant, je pense que c’est aussi important chez nous, où on a des mécanismes, des phénomènes plutôt de société très graves, je pense aux violences conjugales qui sont 2,5 fois supérieures à ce qu’on enregistre en métropole, je pense aux inégalités de salaires également, que l’on relève et qui sont relevées par les instituts de la statistique ou des problématiques de freins d’accès à l’emploi, compte-tenu du faible nombre de places dans les crèches ou les garderies. Ces problématiques qui sont souvent, voire exclusivement, ressenties et vécues par les femmes en Nouvelle-Calédonie pourront être combattues de manière un peu plus forte par le ticket femme-femme que vous avez cité. Mais c’est finalement une singularité dont on est très fier et on est certain que ça permettra également de représenter aussi la diversité de nos tendances et de ce qu’on est à l’intérieur de Calédonie ensemble.

Journaliste : Qui dit campagne, dit programme. Sur quel programme faites-vous campagnes, vous, à Calédonie ensemble ?

Philippe Dunoyer : On fait programme sur un certain nombre de points, je vais essayer de les détailler sans être trop long, mais en étant précis quand même, et puis je vais peut-être vous livrer un petit scoop, puisque dans quelques jours, au tout début du mois de mai, une brochure sera distribuée, qui va détailler  notamment les dix priorités de Sonia Lagarde dans la première circonscription pour les élections législatives et ses engagements pour les discussions sur la sortie de l’Accord de Nouméa, mais on aura l’occasion de l’évoquer plus tard. Le programme, il est assez simple, basé sur deux piliers : un pilier politique et un pilier très proche de la vie quotidienne des gens. Sur un plan politique, vous savez que nous faisons partie de ceux qui prônent la réflexion et l’adoption d’un drapeau commun, c’est une question qui n’est toujours pas réglée et c’est une question et une priorité importante, bien sûr, non seulement pour Sonia Lagarde, mais pour Philippe Gomès. On aura, dans le programme affiché, la volonté d’aller réclamer au comité des signataires l’ouverture officielle de discussions pour la recherche de ce drapeau commun qui est, il faut le rappeler, ce que l’Accord de Nouméa réclame et, rappelons-le aussi, quatre fois le projet que nous avons déposé, enfin, la proposition de délibération au Congrès, et pour l’instant, sans aucun succès, alors qu’il ne s’agit que de réfléchir sur ce drapeau et que c’est la seule voie possible, ainsi que le réclame l’Accord de Nouméa, pour faire évoluer notre société et construire le destin commun. Donc, on aura ce point-là et on aura bien sûr des questions relatives à la vie chère, puisque nous sommes engagés sur ce chantier depuis toujours, de longue date, je vais citer par exemple la proposition de créer, en Nouvelle-Calédonie, une autorité administrative indépendante qui serait chargée, localement, du contrôle des pratiques économiques ou anticoncurrentielles qui pourraient être relevées, chargée de les relever, chargée de les sanctionner également. C’est un petit peu ce que l’autorité de la concurrence est censée définir et identifier, parce que c’est probablement et certainement le cas, mai l’autorité de la concurrence reste une autorité nationale, qui n’aura qu’une vertu d’identification des problèmes et il faudra ensuite que ces problèmes soient sanctionnés. Et pour le coup, tant qu’on n’aura pas d’autorité administrative indépendante, avec un pouvoir de contrôle, on aura probablement beaucoup de difficultés à changer des pratiques qui conduisent, année après année, chaque Calédonien à constater que la vie augmente tous les jours. On aura aussi une proposition en matière d’encadrement de frais bancaires très précise, c’est tout à fait le rôle des députés d’aller porter ce type de projet à l’Assemblée nationale pour que, enfin en Nouvelle-Calédonie, on ait les frais bancaires qui soient encadrés, qui soient conformes à ce qu’on trouve en métropole et pourquoi pas aussi plafonnés. Il y a également un volet un peu plus économique qui tend à redéfendre encore la montée de la Nouvelle-Calédonie au capital de la SLN pour que, enfin, les Calédoniens deviennent majoritaires dans cette société centenaire, plus que centenaire en Nouvelle-Calédonie, et que, enfin, la valorisation de notre richesse naturelle, notre ressource minière, produise les dividendes qui permettront aux collectivités publiques, aux pouvoirs publics, de construire des politiques à l’égard des populations les plus défavorisées, à l’égard des jeunes et puis de préparer l’avenir également dans un fonds souverain. Il y a une dizaine de priorités, je ne vais pas non plus tout vous détailler, mais ce sont véritablement ces préoccupations quotidiennes qui nous animent et puis je ne peux pas résister non plus à un dossier qui est prégnant en ce moment, qui est le dossier de la sécurité ou de l’insécurité. Il y a un sentiment d’insécurité, mais ce sentiment, il est plus que corroboré par les chiffres, puisque vous savez que les chiffres de la délinquance en Nouvelle-Calédonie sont en augmentation, notamment depuis le milieu de l’année 2010, et ce sont les chiffres officiels de l’État que je cite, avec une tendance à plus 12 %, chaque année, depuis que le drapeau du FLNKS a été proposé et hissé sur certains bâtiments publics. Ça n’a pas expliqué toute l’insécurité, mais ça a augmenté. On y voit …, ou alors, c’est une coïncidence particulièrement étonnante, mais les chiffres sont là. Et face à ces chiffres-là, qu’est-ce qu’on a pu constater ? On a pu constater que les moyens de l’État, mis en matière de sécurité et de lutte contre l’insécurité, ont été réduits, et on a cité la fermeture du commissariat de Tindu, on a cité la fermeture de la gendarmerie de Moindou. Ce sont deux exemples très importants, puisque lorsque vous vivez à Nouméa, vous êtes probablement un peu moins concernés par cette fermeture sur Moindou, mais lorsque vous vivez à Moindou, et  que vous vous retrouvez à plusieurs dizaines de minutes d’une gendarmerie et que, malheureusement, quelque chose vous arrive, ça vous inquiète. Pour Tindu, Tindu, c’est un quartier populaire et c’est un quartier dans lequel les mécanismes d’insécurité ou les phénomènes d’insécurité sont forts, il n’y a aucune raison, au contraire, alors qu’on assiste à une augmentation de ces phénomènes, à ce que les moyens diminuent. Donc nous, on portera…, Sonia Lagarde et Philippe Gomès porteront, auprès de l’État, une demande très ferme d’augmenter ces moyens. Je vais insister sur cette capacité, justement, d’aller porter, auprès de l’État et du chef de l’État, quel qu’il soit, une demande dès lors qu’elle est, d’après nous, en tout cas, conforme aux attentes des Calédoniens. C’est très important ce point-là, il faut que je le détaille, parce que c’est possible, à Calédonie ensemble, et ça n’est pas possible au RUMP. Pour une raison très simple, c’est que le RUMP est affilié, lié à l’UMP, et que lorsqu’on regarde le bilan de ces cinq dernières années, notamment de Gaël Yanno dans la première circonscription, on s’aperçoit d’une chose très simple, évidente, c’est que lorsqu’on est affilié au parti de la majorité présidentielle, quand on est député de Nouvelle-Calédonie, on n’a pas la capacité d’agir. Je vais vous donner des exemples : lorsque le budget de l’outre-mer est voté, et qu’à l’intérieur de ce budget, on réduit par quatre les crédits alloués à la continuité territoriale, le député de l’UMP, du RUMP, mais de l’UMP, Gaël Yanno, et le député Pierre Frogier, que peuvent-ils faire ? Rien, puisque c’est la majorité qui propose ce budget et donc, ils votent ce budget. Et on a une continuité territoriale qui bénéficie à 3 mille Calédoniens au lieu de 12 mille. Quand les moyens de l’État sont réduits, qu’il y a des commissariats ou des gendarmeries qui ferment, que peuvent-ils faire ou qu’ont-ils fait ? Rien. Les moyens sont réduits, c’est une décision du président, on s’y plie. Quand l’indemnité temporaire de résidence est supprimée, au profit des retraités qui vivent en Nouvelle-Calédonie, que peuvent-ils faire ? Rien, ils s’y plient. C’est une différence fondamentale avec la sensibilité que porte Calédonie ensemble. On le dit, et on le répète, nous sommes un parti calédonien, c’est-à-dire uniquement animé par le souci de défendre l’intérêt général des Calédoniens. Et si cet intérêt général doit, à un moment, se confronter à un intérêt divergent de la part de l’État, éventuellement du président de la République, eh ben, ça n’est pas grave. Parce que, comme nous ne sommes pas alliés ou affiliés à un grand parti national, c’est justement cette liberté-là qui nous permet d’avoir la liberté de ton, de ne pas nous retrouver avec un fil à la patte et de défendre, avec toute la force de nos convictions, ces projets, si on considère que c’est l’intérêt des Calédoniens.

Journaliste : On vous accuse de vouloir transformer cette élection en référendum anti RUMP. Vous confirmez ?

Philippe Dunoyer : Je pourrais préciser qu’il s’agit même d’un référendum anti coalition, et je vais vous l’expliquer et je vous le confirme, bien sûr. Ces élections législatives, c’est, pour nous, le premier temps de respiration démocratique qui est offert aux Calédoniens depuis trois ans bien sûr, mais surtout depuis plus d’un an et demi, depuis que la coalition en place a monopolisé, trusté, et s’est partagé tous les postes à responsabilité des institutions, en renversant totalement, non seulement les alliances classiques ou des partenariats pour piloter les institutions, mais surtout en enfreignant et en allant à l’encontre de tous les engagements que ces élus avaient pris à l’égard de leurs électeurs en 2009. Je cite simplement cette phrase de Pierre Frogier qui voulait purger l’indépendance, lorsqu’il se présentait aux provinciales en 2009 ou de Gaël Yanno qui, lorsqu’en 2007, il se présentait aux législatives, disait que, jamais, il ne laisserait le drapeau du FLNKS devenir le drapeau du pays. Qu’est-ce qu’on constate ? On constate que, non seulement il l’a laissé, mais c’est même lui qui l’a hissé à la mairie de Nouméa, et que même s’il essaye en ce moment de nous expliquer qu’il était contre au début et qu’il avait un peu de soucis, moi, je constate les faits. Il a promis qu’il ne ferait jamais rien pour que le drapeau du FLNKS soit le drapeau du pays, résultat : c’est lui qui le hisse. Et la coalition s’est non seulement répartie les postes, mais a aussi mis en place et soutenu une politique qui est une politique radicalement contraire aux intérêts des Calédoniens. Je vais vous citer juste l’instauration future, mais décidée de la TGA, qui produira immanquablement un effet inflationniste sur tous les prix et renchérira la vie chère, qui est déjà très lourde à supporter par les Calédoniens. Je vais citer aussi la politique de réduction drastique de construction logements sociaux, qui a été divisée par cinq, et dont on sentira les effets dans deux ou trois ans, le temps que cette absence de logements dont, pourtant la chambre territoriale des comptes avait identifié le besoin. Quand on verra ce trou, ce manque de constructions de logements, il sera trop tard. Mais c’est validé, c’est parti de la coalition. La question, finalement, est assez simple. On voit que, politiquement, le partage des postes a été fait à l’encontre des engagements électoraux pris par les uns et les autres, à l’encontre de la pratique démocratique de notre société, puisque, finalement, cette coalition majoritaire n’a pas non plus 100 % des voix. Il y a des partis des deux bords, Calédonie ensemble bien sûr, mais le RPC, le LMD, le Palika, l’UPM, le LKS aussi qui existent, qui ont des électeurs et qui sont définitivement exclus de toutes les responsabilités, il y a une politique que je viens de décrire. Alors, est-ce que les électeurs souhaitent que tout ceci continue ? Et finalement, c’est bien leur choix. C’est non seulement leur responsabilité, mais leur liberté. S’ils souhaitent maintenir cette coalition en place, eh bien, à ce moment-là, c’est très simple, il faut voter pour les candidats du RUMP, Éric Gay et Gaël Yanno. Et s’ils le font, à ce moment-là, bien sûr, ça va légitimer cette politique dont je viens de parler, mais surtout, ça va permettre ce qui, pour nous, est plus grave, c’est-à-dire la coalition, de continuer sur la voie de l’indépendance association. C’est pour ça que cette élection est une élection très importante et très particulière. C’est un moment charnière, je crois, dans la vie politique de la Nouvelle-Calédonie et il faut que les Calédoniens le comprennent, l’entendent, se mobilisent et participent massivement à ces élections législatives parce que, à la sortie, on saura véritablement qui est qui et qui pèse quoi. Aujourd’hui, cette légitimité-là, les partis ne l’ont plus, puisqu’ils ont trahi leurs engagements électoraux de 2009. Maintenant qu’on est en 2012, trois ans après, on va pouvoir peser tout le monde.

Journaliste : Tous les soirs, vous organisez des réunions. Comment ça se passe, sur le terrain, quelles sont les préoccupations qui reviennent le plus souvent ?

Philippe Dunoyer : Ça se passe très bien. On en est, maintenant, à plus de 150 réunions. Ce sont des réunions, je dirais, dans un petit format, c’est-à-dire qu’il y a entre une vingtaine de personnes, 20 ou 30 personnes, qui sont reçues et qui nous reçoivent chez un hôte, chez des particuliers, qui nous reçoivent dans des jardins, dans le garage, dans les salons, sur l’agglomération, en brousse, aux îles, et donc, on a, grâce à ces réunions, déjà rencontré un peu plus de trois mille Calédoniens. Ce sont des réunions très importantes, d’abord, parce qu’on partage, avec eux, les projets ou les idées que nous défendons, mais surtout, on s’enrichit de leurs réflexions. On nourrit la nôtre avec le ressenti de terrain, qui fait souvent défaut et auquel on peut ne plus prêter attention, si on ne va plus voir les gens régulièrement, donc c’est un moment d’échanges particulièrement riche et qui permet d’ailleurs d’affiner notre réflexion même si, je dois le dire, les préoccupations qui reviennent les plus souvent sont finalement bien identifiées. C’est évidemment la problématique de la vie chère qui revient systématiquement. Je dois aussi dire que la question du minimum vieillesse et du minimum retraite, tels qu’ils ont été adoptés et mis en place, revient également systématiquement, puisque ces deux dispositifs ont abouti à beaucoup plus d’incompréhensions et d’exclusions qu’ils n’ont fini par permettre un rétablissement de situation financière difficile pour les personnes âgées, il y a beaucoup de retraités, notamment tous ceux qui sont partis avant 60 ans, qui ne comprennent pas pourquoi ils ne sont pas éligibles au minimum retraite. D’ailleurs, je crois qu’en ce moment même, le Soenc Retraite, après avoir été reçu au Congrès et reçu au gouvernement sur ce point-là, mais il y a un point très important, qui revient dans toutes les réunions, que je vais très rapidement développer, c’est la question de l’avenir institutionnel. Et c’est pour ça que je reviens sur l’indépendance association. Ce projet qui, pour nous, est clairement celui que la coalition veut mettre en place et veut mettre en place avant 2014, ça inquiète bien sûr les gens. Les gens, un, ne comprennent pas pourquoi il faut se dépêcher, en 2012 et en 2013, de négocier très vite la sortie de l’accord. La réponse, elle est simple : c’est une décision qui est prise par la coalition qui est en place, parce qu’elle sait bien que ce positionnement majoritaire, aujourd’hui, il est très fragile et qu’il faut, pour avoir une chance d’aller plus loin, il faut très vite s’entendre à quatre partis de la coalition, plutôt que de risquer de repasser devant les électeurs aux élections provinciales. Souvent, on nous dit : vous êtes sûrs que c’est vraiment l’indépendance association qui est préparée, pas autre chose, parce qu’on entend des déclarations contraires ? Je vais vous citer juste trois phrases. Je vais vous citer Éric Gay qui est passé sur OFM en fin d’année dernière, et qui a dit, entre autres choses, qu’il était prêt à prendre des responsabilités sur quelque chose qui pourrait s’appeler indépendance. Je vais vous citer ensuite Pierre Frogier, sur RRB, un mois après, 15 jours après, qui disait que le congrès du RUMP, qui était en préparation, allait leur permettre de préparer la solution institutionnelle d’avenir et le Rassemblement portera la responsabilité de la rédaction de cette page qui sera définitive. C’est le « définitive », qui est très important. Et puis enfin, et ça, c’est tout récent, parce que ça date du 19 avril, dans Valeur actuelle, le sénateur Pierre Frogier est interrogé par Valeur actuelle, et notamment lui sont posées deux questions : quelle solution institutionnelle souhaitez-vous pour l’île ? La réponse est : une solution dont il nous faudra trouver les limites pour laquelle nous devrons faire preuve de beaucoup de pragmatisme, une solution qui devra prendre en compte nos spécificités, notre personnalité, et c’est là où c’est très important, notre double identité française et océanienne. Double identité, il faut comprendre, double nationalité. Deuxième question : les indépendantistes sont-ils d’accord ? Réponse : je suis convaincu que nous trouverons, ensemble, les bases d’une solution durable offrant, s’il le faut, là aussi, c’est très important, une représentation internationale à la Nouvelle-Calédonie, mais laissant à la France l’exercice des compétences régaliennes. C’est ça, l’indépendance association. Vous accédez à un statut international de pleine souveraineté, parce que vous êtes indépendant, mais vous vous associez avec la France pour l’exercice des compétences régaliennes. Ce projet d’indépendance association, c’est exactement le contraire de ce qu’il faut pour la Nouvelle-Calédonie, c’est ce que nous combattons. Nous, nous souhaitons un projet ou un statut, plus exactement, qui permette la plus large autonomie possible pour la Nouvelle-Calédonie. Il faut reconnaître que c’est déjà beaucoup le cas, puisque nous…

Journaliste : Bien avancé.

Philippe Dunoyer : …, quasiment toutes les compétences, en tout cas beaucoup plus que les régions et départements de métropole. Mais, on peut encore imaginer étendre jusqu’aux confins de ces compétences l’autonomie de la Nouvelle-Calédonie, à condition que les compétences régaliennes soient toujours exercées par l’État, parce que nous resterons un territoire de la République française. Cette limite-là, cette différence, elle est fondamentale entre les deux projets de société. C’est une préoccupation systématique de toutes les réunions, et c’est normal. Moi, je voudrais aussi rappeler une chose, c’est que l’Accord de Nouméa n’est pas un buffet campagnard. L’Accord de Nouméa, c’est pas un document dans lequel vous pouvez prendre ou ne pas prendre ce qui vous plaît ou ce qui vous déplaît. Il a été soumis aux Calédoniens qui l’ont approuvé à 72 % et il est constitutionnalisé. C’est donc le texte qui a plus grande valeur juridique en Nouvelle-Calédonie. Et ce texte-là, est-ce qu’il dit que nous devons trouver une solution avant 2014 ? Non. Il dit : en 2014, le dernier mandat de cinq ans commence. Et dans ce mandat, un certain nombre de questions pourront être posées, par la Nouvelle-Calédonie si elle le souhaite et par l’État en 2018, si, avant, s’est pas posée cette question. Question une fois, question deux fois, question trois fois, qui nous amène, au moins, jusqu’en 2023. Sans aller jusqu’en 2023, nous, ce qu’on dit, c’est quelque chose de très simple : il est urgent de ne pas se précipiter. Il est urgent de respecter l’Accord de Nouméa, c’est-à-dire d’échanger, de discuter, pas de problème, de négocier, certainement pas. Pour plusieurs raisons. D’abord, c’est contraire à l’Accord de Nouméa. Ensuite, le comité des signataires, et le Premier ministre qui le présidait en 2011, l’ont spécifiquement interdit. Ils ont rappelé qu’il était tout à fait possible de discuter, mais certainement pas de négocier avant 2014. Pourquoi ? Parce que c’est en 2014 que les représentants politiques auront la légitimité politique pour négocier cette sortie institutionnelle. Aujourd’hui, je ne l’ai pas. Aujourd’hui, personne ne l’a. La légitimité d’élus qui est celle des élus en place est indéniable, mais la sortie de l’accord qui se préparera lors de la dernière mandature, elle est nécessairement assise sur la légitimité des élections de 2014. Donc nous, on souhaite un calendrier maîtrisé, respectueux de l’Accord de Nouméa, il est prévu de le négocier, mais à partir de 2014 et au moins pendant 6 à 8 ans, et à partir du moment où les Calédoniens auront dit, aux provinciales de 2014, quels sont leurs représentants. Donc, ce sont toutes ces précisions qu’on apporte et que je vous remercie de pouvoir me laisser indiquer à l’antenne aujourd’hui.

Journaliste : Philippe Dunoyer, merci, vous allez plonger votre main dans la boîte magique et vous allez nous lire le petit parchemin :

Philippe Dunoyer : « Pour chaque minute de colère, vous perdez 60 secondes de bonheur ».

Journaliste : Est-ce que vous êtes coléreux ?

Philippe Dunoyer : Non, je ne suis pas coléreux par nature, mais je trouve que, effectivement, c’est une phrase qu’il faut peut-être marquer aux frontons des édifices publiques pour éviter que nous confondions, justement, la colère et la conviction. C’est une phrase pleine de bon sens.

Journaliste : Je vous remercie.

Philippe Dunoyer : Merci.

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