Accueil ACTUALITÉS LA DERNIERE MANŒUVRE DE PIERRE FROGIER OU LA « MAIN DE JUDAS »

LA DERNIERE MANŒUVRE DE PIERRE FROGIER OU LA « MAIN DE JUDAS »

Pierre Frogier vient de lancer un vibrant appel à l’unité, en invitant « à un regroupement de la droite » pour « garantir le maintien de la Nouvelle-Calédonie dans la France ».

La dernière fois qu’il a lancé un tel appel à l’union, c’était le 21 décembre 2010, devant l’assemblée de la province Sud. Pierre Frogier déclarait vouloir consolider l’entente républicaine entre les non-indépendantistes.

En réponse, Sonia Lagarde avait rappelé les termes du « pacte de stabilité des institutions » conclu 18 mois plus tôt : « Pour nous, s’entendre sur l’essentiel, c’est être capable de préserver la stabilité des institutions du pays. (…) Mais cela ne signifie pas transiger avec ses convictions et renier les engagements pris devant les Calédoniens. »

Quelques semaines plus tard, le 17 février 2011, l’Union Calédonienne renversait le gouvernement etPierre Frogier signait l’acte de décès de l’entente républicaine en déclarant : « je comprends ».

Aujourd’hui, Pierre Frogier réitère la même manœuvre politicienne.

Il appelle à l’unité et au « regroupement de la droite », tout en faisant l’apologie des  « nouveaux équilibres institutionnels » qu’il a concoctés dans le dos des Calédoniens en portant Roch Wamytan à la présidence du congrès et en offrant au parti travailliste des postes-clef dans toutes les institutions.

Il affirme, la main sur le cœur, qu’il veut garantir le maintien de la Nouvelle-Calédonie dans la France, tout en négociant avec l’UC de Charly Pidjot et le Parti Travailliste de Louis Kotra Uregei, l’indépendance-association du pays.

Cette indépendance-association qu’Eric Gay a annoncée au micro d’Océane FM le 13 octobre 2011, par ces mots : « nos partenaires indépendantistes [ont la] volonté (…) d’accéder à (…) quelque chose qui puisse s’appeler indépendance, sur lequel on peut accepter de prendre un certain nombre de responsabilités. »

Cette indépendance-association que Pierre Frogier a explicitement confirmée dans un entretien accordé à Valeurs Actuelles le 19 avril 2012, en déclarant que la solution à trouver pourrait offrir, « s’il le faut, une représentation internationale à la Nouvelle-Calédonie ». Il annonce ainsi clairement ce siège à l’ONU si cher à Roch Wamytan, un siège synonyme d’une Nouvelle-Calédonie devenue Etat, un siège synonyme d’indépendance.

Cette indépendance-association qui justifie que Pierre Frogier exclue des discussions engagées ceux qui y sont opposés. Pierre Frogier a ainsi déclaré le 21 octobre sur RRB : « Le Rassemblement aura la responsabilité historique, avec d’autres mouvements indépendantistes, de la rédaction de  cette page définitive. Tout se passera autour du Rassemblement. C’est pas Calédonie ensemble qui peut avoir la prétention de porter cette responsabilité historique. »

Voilà ce que sont les appels à l’unité de Pierre Frogier : des monuments de cynisme politique, car il fait toujours le contraire de ce qu’il annonce :

– Il évoque la menace indépendantiste, alors qu’il travaille pour eux.

– Il dénonce le risque de désunion, alors qu’il est le fossoyeur de l’unité.

– Il se place en chef politique, alors qu’il refuse d’affronter ses électeurs.

– Il se prétend l’héritier de Jacques Lafleur, alors qu’il a tout cédé aux indépendantistes, sans obtenir la moindre concession en retour.

Oui, l’unité de la famille non-indépendantiste est nécessaire, mais le RUMP n’en fait plus partie.

L’appel de Pierre Frogier ne s’adresse finalement qu’à ceux qui se sont déjà couchés devant lui : Harold Martin, Didier Leroux et Jean-Luc Régent.

Pour notre part, nous continuerons d’honorer les engagements que nous avons pris devant les Calédoniens en 2009.

Nous n’accepterons aucune compromission avec ceux qui ont choisi d’inscrire l’avenir de la Nouvelle-Calédonie dans la perspective indépendantiste, à marche forcée.

Pierre Frogier déclare : « nous ne pouvons pas attendre 2014 », « les Calédoniens nous demandent d’ouvrir au plus tôt les discussions », « le temps presse »…

Nous, nous disons : l’échéance de l’Accord de Nouméa, ça n’est pas 2014, c’est 2018 !

Pierre Frogier déclare : « seuls les signataires peuvent achever le processus engagé en 1988 ».

Nous, nous disons : c’est aux Calédoniens qu’il appartiendra de choisir ceux qui mèneront les négociations de sortie, après les provinciales de 2014.

Pierre Frogier déclare : « celles et ceux qui se sont exprimés (aux présidentielles), quel que soit leur camp, nous demandent, au plus tôt, d’ouvrir les discussions »

Nous, nous disons : le RUMP n’est pas propriétaire des voix qui se sont portées sur Nicolas Sarkozy.

Si Louis Kotra Uregei, partenaire de Pierre Frogier, se permet d’affirmer : « KA‑NA-KY 2014 ! On va négocier quoi ? La négociation, on l’a commencée il y a des décennies, et on est arrivé au bout. CA SUFFIT ! POINT FINAL ! », c’est peut-être que les négociations sont beaucoup plus engagées qu’on ne le croit.

C’est pour cette raison que les Calédoniens doivent dire STOP à la coalition, à l’occasion des prochaines législatives.

À voir aussi :

En Nouvelle-Calédonie, le sort de l’usine de Vale en suspens

( 17 août 2017 ) Le devenir de l’usine métallurgique du géant brésilien ne tient plus qu’à…