Accueil ACTUALITÉS COMMUNIQUE DE PAUL MAES ET PHILIPPE MICHEL DU 14 MAI 2012 – SHN

COMMUNIQUE DE PAUL MAES ET PHILIPPE MICHEL DU 14 MAI 2012 – SHN

Lundi 14 mai 2012

Promosud et SHN viennent de demander à la justice d’annuler les contrats passés entre SHN et le groupe Starwood, pour la gestion du Méridien de Nouméa et du futur Sheraton de Déva.

I – Une procédure injustifiée

Promosud et SHN prétextent que l’accord qu’elles avaient donné sur ces contrats, en 2009, n’avait pas respecté certaines règles de forme. Leur action judiciaire pose trois problèmes majeurs :

1°- Elle n’a pas été approuvée par les conseils d’administration de Promosud et de SHN.

2°- La cause est interne à SHN et Promosud et n’est donc pas opposable au groupe Starwood.

3°- Sur le fond, les conseils d’administration de la SHN et de Promosud avaient donné en 2009 un accord parfaitement valable sur ces contrats, après en avoir débattu de façon approfondie. Et ces contrats avaient aussi été examinés attentivement par le ministère des finances et par la commission des finances du Congrès, dans le cadre des défiscalisations nationale et locale.

II – Une manœuvre catastrophique pour notre secteur touristique

1°- Les hôtels Méridien de Nouméa et de l’île des Pins risquent l’anéantissement. En effet, Starwood ne peut partir du Méridien Nouméa, sans quitter aussi de celui de l’île des Pins. Ces deux fleurons du tourisme calédonien perdront alors le bénéfice d’une enseigne internationale et de l’expertise et de la notoriété du leader mondial de la gestion hôtelière, qui exploite plus d’un millier d’hôtels de luxe sur la planète. Il en irait ainsi, même si la procédure judiciaire n’aboutissait pas, Starwood pouvant décider de se retirer d’un pays dans lequel il n’a plus confiance.

2° – D’ores et déjà, le futur hôtel du Cap des Pins à Lifou, initié par la SODIL en partenariat avec la SHN, est remis en cause. En effet, la procédure engagée par Promosud et SHN a conduit à l’annulation de la lettre d’intention par laquelle Starwood avait accepté d’en assurer la gestion.

3°- Cette action judiciaire compromet la réalisation du projet de Gouaro Déva, car la perte de l’enseigne Sheraton et du savoir-faire de Starwood remet nécessairement en cause les défiscalisations locale et nationale. Dans ce cas, comment les marchés publics et privés déjà engagés seront-ils honorés ? Faut-il prendre le risque de maintenir les procédures de recrutement et de formation du personnel d’exploitation ou au contraire les stopper ? Ces questions sont de la toute première importance pour les entreprises et les populations de Bourail.

4°- Cette procédure peut coûter au final des milliards à la SHN et à Promosud, car Starwood, groupe international côté en bourse, va probablement se retourner contre elles. La jurisprudence abonde de cas de lourdes condamnations, pour rupture abusive de contrat.

III – Un contentieux poursuivant un objectif inavoué : privatiser la SHN

Le projet de céder la SHN à des intérêts privés revient régulièrement :

– en 1995, le RPCR a cédé 5 % du capital de la SNC casino, filiale de la SHN, à Michel Quintard, directeur général de la SHN et 5 % à Alfio Zuccato. Ces participations, acquises pour 20 millions CFP chacune, ont rapporté 500 millions CFP à chacun de ces « petits » actionnaires.

– en 2004, le RUMP avait préparé la vente la SHN à des casinotiers chinois de Macao, à un prix très attractif… Au lendemain des élections, nous avions fait échec à cette opération en portant la participation de Promosud à 85% du capital de la SHN. En 2009, pour éviter une nouvelle manœuvre à venir, nous avions signé un pré-contrat avec le groupe Barrière, qui a eu pour effet de reconnaitre que la valeur de la SHN n’était pas de 5, mais de 15 milliards CFP.

– fin 2011, le président de Promosud a évoqué devant la Chambre territoriale des comptes « le projet de cession d’au moins 30% du capital la SHN » (cf. rapport d’observation provisoire du 01/12/2011). Au même moment, le RUMP tentait une nouvelle fois de faire échec au projet de Gouano Déva, en récusant la proposition de financement bancaire de l’opération de l’hôtel Sheraton.

Tous cela démontre que le RUMP n’a jamais renoncé à son projet de privatisation de la SHN. Mais à ses yeux, cette privatisation est aujourd’hui d’autant plus indispensable qu’elle conditionne le financement de sa télévision politique.

En effet, le milliard nécessaire annuellement au fonctionnement de la chaîne NC9 doit provenir des impôts perçus sur le produit des jeux de la Française des Jeux (FDJ), une fois celle-ci implantée en Nouvelle Calédonie. Or la FDJ sera directement concurrente de la SNC casino, laquelle assure la quasi-totalité des ressources financières de la SHN, et donc de Promosud. Dès lors, le président de la province est dans une situation de conflit d’intérêt : sa télévision politique va conduire à une baisse significative des ressources de la province.

Pour l’arrivée de la FDJ, c’est Gaël Yanno qui est à la manœuvre : il a fait adopter, à l’assemblée nationale, un amendement à la loi de finances rectificative pour 2010, et obtenu du ministre des finances la signature d’un arrêté autorisant la création d’une filiale locale de la FDJ. Et c’est l’épouse de Gaël Yanno qui représente SHN et de Promosud dans son action judiciaire contre Starwood.

Au bilan, les responsables du Rassemblement UMP hypothèquent la réalisation du projet de Gouaro Déva et compromettent l’avenir de l’industrie touristique calédonienne, au travers de cette action intentée contre Starwood, dans l’unique but d’assurer le financement de leur télévision de propagande politique.

Nous prendrons donc toutes les dispositions nécessaires pour faire obstacle à cette opération qui porte atteinte à l’intérêt général, et qui ne vise qu’à favoriser les intérêts particuliers d’un mouvement politique.

À voir aussi :

Philippe Gomès : « J’ai demandé un rendez-vous au président de Vale-monde »

( 20 juillet 2017 ) En déplacement à Paris, le député Philippe Gomès a été reçu à Matignon…