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VIE CHERE : DE L’INCOHERENCE POLITIQUE AU DESORDRE INSTITUTIONNEL

Roch WAMYTAN, « français par accident », mais président du congrès par la grâce de la Coalition, vient de rendre public son programme d’action contre la vie chère.

Au même moment, Harold Martin, président du Gouvernement, par la grâce de la même coalition, déclare lui qu’il est impossible de signer des accords économiques et sociaux avant le 31 mai prochain, en précisant qu’il appartient au Gouvernement – et non au Congrès – de traiter ce dossier.

Ces déclarations interviennent toutes deux en pleine campagne promotionnelle de l’action gouvernementale en la matière, au moment où certaines organisations syndicales annoncent leur retrait de l’intersyndicale contre la vie chère…

Est-il possible d’imaginer pire cacophonie, sur le premier sujet de préoccupation des calédoniens ?

1 – Les propositions du président du Congrès pour lutter contre la vie chère :

Dans son communiqué du 21 mai dernier, Roch Wamytan indique : « Il revient maintenant au président du congrès, président de la commission, d’effectuer la synthèse et de soumettre au débat public, devant les Calédoniens, les principales orientations qui seront soumise à la commission du 25 mai prochain, si l’on veut respecter la date d’achèvement de nos discussions, proposée par nos partenaires de l’Intersyndicale au 31 mai ».

Suit un ensemble de mesures, qui reprennent, pour certaines d’entre elles, des propositions de la déclaration de politique générale de Philippe GOMES que la coalition a rejeté jusqu’à lors ( loi anti-trust et redevance d’extraction minière), Pour d’autres, il s’agit de mesures, inspirées du programme du parti socialiste, qui n’ont jamais été discutées, ni en commission de la vie chère, ni en commission spéciale de la réforme de la fiscalité, ni en commission de la réglementation économique et fiscale du Congrès (remplacement de l’IR par une CSG assise sur l’ensemble des revenus). Et enfin, cerise sur le gâteau, Roch Wamytan  propose de geler tous les traitements et retraites des fonctionnaires, jusqu’à alignement des rémunérations du secteur privé sur celles du secteur public !

Bref, un ensemble de propositions susceptibles de rencontrer l’assentiment immédiat de tous : formations politiques, organisations professionnelles et syndicats… Quel bel exemple de concertation entre les institutions, les groupes politiques, les acteurs économiques et les partenaires sociaux !

2 – Les déclarations du Président du Gouvernement :

De son côté, Harold Martin déclare qu’il est impossible de signer quoi que ce soit avant le 31 mai prochain, faute d’avoir étudié l’impact des mesures proposées et qu’il appartient au Gouvernement de reprendre la main sur ce dossier.

On observera d’abord que le Gouvernement aurait pu s’en rendre compte plus tôt, dès lors qu’il a officiellement signé le protocole de création de la commission vie chère du Congrès, qui avait fixé la date butoir du 31 décembre 2011, pour la conclusion des accords économiques et sociaux…

On observera ensuite, que c’est le Gouvernement lui-même qui a co-piloté et  animé les 33 réunions et groupes techniques qui se sont réunis sur le sujet, de sorte qu’il a clairement validé et accompagné intégralement le processus de discussions engagé jusqu’à ce jour sur la question de la vie chère.

On observera enfin que, jusqu’à présent, le même Gouvernement avait l’air très satisfait du processus, puisqu’il en fait lui-même la promotion au travers d’une vaste campagne de publicité, aux frais d’ailleurs du consommateur-contribuable !

3- une formidable démonstration d’incohérence et d’incurie :

Au bilan un constat s’impose : la coalition au pouvoir a créée un incroyable désordre institutionnel sur la question de la vie chère.

La démonstration est ainsi faite du caractère contre-nature et totalement artificiel de la coalition RUMP – UC – parti travailliste, qui est bonne à se partager des postes, mais qui est incapable de travailler dans l’intérêt général des Calédoniens.

Cette coalition n’a fait que des effets d’annonce, mais elle ne règle rien. Pire, elle a permis au groupe HAYOT de s’installer en Nouvelle-Calédonie et d’augmenter son emprise financière sur des pans entiers de l’économie du pays. Le groupe HAYOT qui est franchisé Carrefour et qui pourrait bien vouloir un jour racheter les magasins de ce groupe en Nouvelle-Calédonie, pour déboucher sur une situation à la polynésienne, où la grande distribution est entre les mains d’un seul groupe…

C’est d’autant plus regrettable que la lutte contre la vie chère est une préoccupation majeure des Calédoniens, et même « des outre-mers », pour citer le nouveau ministre.

25 000 personnes, 1 Calédonien sur 10, sont descendues dans la rue pour crier leur exaspération, leur ras-le-bol. Ils ont placé tous leurs espoirs dans leurs représentants syndicaux, unis au sein de l’Intersyndicale, et dans l’esprit de responsabilité de leurs élus.

Ces espoirs sont aujourd’hui déçus. Nous le déplorons.

Pour lire le communiqué du Président du congrès, cliquez ici.

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