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GERARD POADJA SUR OCEANE FM – VENDREDI 18 MAI 2012

Pour la première fois, Gérard Poadja, candidat aux élections législatives au coté de Philippe Gomès, dans la 2ème circonscriptions, était, ce vendredi 18 Mai 2012 sur Océane fm.

Journaliste : Nous avons le plaisir de recevoir pour la première fois Gérard Poadja, candidat de Calédonie ensemble, qui se présente dans la seconde circonscription comme suppléant de Philippe Gomès. Gérard Poadja, bonjour :

Gérard Poadja : Bonjour et merci pour l’invitation.

Journaliste : Pour ceux qui ne vous connaissent pas encore, Gérard, quelques mots pour présenter votre parcours professionnel et politique.

Gérard Poadja : Oui, alors, j’ai 49 ans, je suis marié, avec deux enfants, et j’habite Koné. Je suis le fils d’Auguste Poadja qui était grand chef du district de Poindah, engagé volontaire du bataillon du Pacifique et cofondateur du RPC de l’époque. Au plan professionnel, j’ai fait l’essentiel de ma carrière à l’agence de développement rural et d’aménagement foncier, où j’ai été d’abord responsable de l’agence de Koné, pour la zone Nord-Ouest, puis ensuite responsable de l’agence de Poindimié, pour la côte Est. Quant à mon engagement politique, il est clair, j’ai toujours milité pour le maintien de la Nouvelle-Calédonie dans la France, pendant 20 ans au RPCR, dont j’ai été élu au conseil municipal de Koné, de 2001 à 2008, et également au Congrès et à la province Nord de 1999 à 2004. Puis, aux provinciales de 2009, j’ai quitté le Rassemblement, parce que je n’acceptais plus la ligne politique de Pierre Frogier. Je me suis présenté en 2009 avec la liste « Une province pour tous », en partenariat avec Calédonie ensemble qui est dans le Sud. Depuis 2009, je suis donc élu de la province Nord et du Congrès. Aujourd’hui, je suis membre du bureau du Congrès et je siège dans le groupe Calédonie ensemble au Congrès.

Journaliste : Vous êtes candidat de Calédonie ensemble dans la seconde circonscription, suppléant de Philippe Gomès. Quels sont vos thèmes de campagne ?

Gérard Poadja : Alors, nous, nous avons, généralement, deux thèmes. Le premier thème, c’est bien entendu un thème très politique, celui de l’avenir institutionnel du pays. Nous savons tous que le Rassemblement UMP de Pierre Frogier et Éric Gay a décidé de former une coalition avec l’UC de Charlie Pidjot et le Parti travailliste de Louis Kotra Urégei. C’est ce qui leur a permis d’imposer le drapeau du FLNKS aux Calédoniens, sur proposition de Pierre Frogier, qui s’était pourtant engagé, en 2009, à purger l’indépendance dès 2014. Bon, bien entendu, il avait aussi d’autres déclarations que je ne vais pas revenir là-dessus, mais qu’il était contre l’usine du Nord, qui est pour nous un outil essentiel de rééquilibrage pour la province Nord. Nous savons aussi que cette coalition est en train de négocier l’indépendance-association du pays, et j’en veux pour preuve une grande page dans le journal de l’UC, « L’Avenir », dans lequel on trouve le projet de Constitution de Kanaky, et dont je conseille à tous vos auditeurs la lecture, surtout à ceux qui ne croient pas à ce que je vous dis, là. Alors, pour moi, les choses sont claires, il est hors de question que la Nouvelle-Calédonie accède à un statut d’indépendance-association, parce qu’on peut s’associer et se désassocier à n’importe quel moment, alors que l’indépendance, elle, elle est irréversible. Autrement dit, l’association, il y a une marche « avant » et une marche « arrière ». Alors que l’indépendance, elle, elle n’a qu’une marche « avant ».

Journaliste : Sur le terrain, j’imagine qu’en campagne électorale, vous n’avez pas le même discours quand vous vous adressez aux Broussards, comme aux gens des tribus, parce qu’on peut supposer que les attentes ne sont pas forcément les mêmes. Vous avez un commentaire ?

Gérard Poadja : Oui, effectivement, c’est pas souvent les mêmes attentes, mais en général, vous savez, l’intérieur, il n’y a pas tant de différence que ça. Nous nous considérons tous comme des Calédoniens, et puis surtout, la chose qui nous unit, c’est que nous sommes tous de l’intérieur. Et donc, le deuxième enjeu de cette élection pour nous, c’est la problématique du développement économique et de l’amélioration des conditions de vie de la population, surtout ceux de l’intérieur.

Journaliste : Donc, ça veut dire la cherté de la vie par exemple ?

Gérard Poadja : Exactement, c’est-à-dire, la capacité de régler les problèmes de la vie chère, des réformes sociales, du développement, de l’activité et de l’emploi, surtout en province Nord, avec un problème majeur sur la mise en valeur des terres coutumières.

Journaliste : Justement, parlez-nous-en, parce que, c’est important et c’est souvent absent des programmes électoraux. Quel est l’enjeu ?

Gérard Poadja : L’enjeu, pour nous, c’est, bien entendu, et particulièrement, pour moi, personnellement, puisque je suis issu de cette terre coutumière. Ce que je souhaite, pour résoudre ce problème-là, il faut impérativement trouver des moyens financiers avec le concours des banques, mais aussi des collectivités pour favoriser l’installation des personnes chez eux. Ainsi, ça diminuera l’exode rural et particulièrement pour l’ensemble de nos jeunes. Et lorsque je parle ainsi, je parle aussi bien pour les personnes de droit commun, comme les personnes de droit coutumier, parce que je suis à l’ADRAF et je connais parfaitement les problématiques du foncier coutumier et c’est la raison pour laquelle je dis qu’il faut impérativement les moyens nécessaires, surtout sur le plan financier, pour permettre à l’ensemble de la population de pouvoir y vivre. Et pour cela, il est impérativement nécessaire d’entamer le dialogue entre ces populations pour favoriser le développement et puis surtout leur installation sur nos terres coutumières, qu’ils soient, bien entendu, comme je le disais tout à l’heure, du droit coutumier ou du droit commun.

Journaliste : J’ai assisté à une réunion, la semaine dernière, sur la vie chère au gouvernement, et justement, ils parlaient de valoriser les terres coutumières d’un point de vue bancaire, qu’est-ce que vous en pensez ?

Gérard Poadja : C’est un sujet qui a malheureusement pris de l’ampleur ces dernières années. Moi, ce que je souhaite, c’est que le fonds de garantie soit mis en place le plus rapidement possible. Je rappelle quand même que, durant des années, on avait un fonds de garantie, justement pour le développement sur terres coutumières qui était logé, à l’époque, à la SICNC, qui est aujourd’hui la BCI. Et moi, ce que je constate, c’est que nous avons, aujourd’hui, des responsables qui sont dans la coalition actuelle et qui, malheureusement, font comme si ça n’existait pas. Moi, je dis simplement, qu’il suffit simplement de se référer aux méthodes qu’il y avait à l’époque pour trouver la solution pour la période d’aujourd’hui. Et moi, j’insiste sur le fait qu’à l’époque, le fonds de garantie pour le développement sur terres coutumières existait. À l’époque, on avait des outils de développement économique, tel que l’ODIL, le FADIL, et à l’intérieur de ces organismes-là, on avait énormément de promoteurs du monde mélanésien. Et les projets de développement existaient et c’est…, enfin moi, je…

Journaliste : Vous pensez que ça va apporter quelque chose de plus, ou en moins ?

Gérard Poadja : Écoutez, pour moi, ça devrait apporter quelque chose de plus dans la mesure où le développement, et puis bien entendu les problèmes sociaux, seront résolus, puisque nos jeunes seront chez eux, et même certainement avec l’accueil aussi de promoteurs qui ne seraient pas automatiquement issus de la terre coutumière, mais qui pourraient venir faire des investissements et créer un développement économique sur nos terres coutumières. C’est un peu l’exemple que je ne cesse de citer et que l’on a réalisé durant ces derniers temps, dans la zone VKP. Je prends l’exemple de terres coutumières de Baco, parce qu’effectivement, il y a plusieurs statuts à l’intérieur des terres coutumières. Il y a les terres de réserves, mais il y a aussi les terres de GDPL. Et c’est l’exemple typique que je ne cesse de citer parce que nous avons eu des projets de développement en cours actuellement sur la terre de réserve, qui est administrée par le conseil des clans de la tribu de Baco, et puis ensuite, on a aussi des projets économiques d’aménagement et de développement qui sont situés, cette fois-ci, sur les terres de GDPL, administrées par un GDPL clanique. Ce que je veux dire par-là, c’est qu’il n’y a rien, aujourd’hui, qui nous empêche d’avoir des échanges convenables pour faire du développement économique dans l’intérieur, et particulièrement sur nos terres coutumières. Bien entendu, il faut un cadre…

Journaliste : Un cadre juridique.

Gérard Poadja : Exactement, pour sécuriser ces différents projets de développement économique. Aujourd’hui, sur la zone VKP, c’est quand même assez bien sécurisé.

Journaliste : Revenons à votre campagne, quels sont les souhaits ou les critiques qui reviennent le plus souvent dans les réunions que vous organisez ?

Gérard Poadja : Bien entendu, les critiques habituelles, c’est à chaque fois la même chose, c’est normal lorsqu’on est en campagne politique, c’est que…

Journaliste : On se fait engueuler, quand même.

Gérard Poadja : Oui, bien entendu. On ne voit que les politiques que quand ils sont en campagne pour des élections. Mais, particulièrement, dans l’intérieur, d’abord, que les politiques respectent leurs engagements et c’est un peu ce qu’on a vu, qu’on a constaté, et puis ce qu’on entend durant ces derniers jours, parce qu’effectivement on a fait pas mal de choses avec Philippe Gomès, particulièrement à l’intérieur. Ensuite, on nous demande souvent que les politiques doivent respecter leurs engagements et ne trahissent pas leurs électeurs. Or, avec l’affaire du drapeau et la coalition avec l’UC de Charlie Pidjot et le Parti travailliste de Louis Kotra Urégei, les Broussards ont le sentiment d’avoir été trahis. Ce que les Calédoniens du grand Nouméa doivent comprendre, c’est que, pour nous, en province Nord, ça fait 23 ans qu’on vit dans une province indépendantiste. Ça fait 23 ans aussi que les états-majors politiques de Nouméa nous disent toujours : tenez bon, on est avec vous. Or, quand Éric Gay se promène bras dessus, bras dessous, avec Louis Kotra Urégei, ou qu’il se met à nous parler de sa grand-mère de Canala, en agitant le drapeau FLNKS, c’est sûr que les Broussards ne peuvent pas comprendre. Ce que les Calédoniens de brousse attendent aussi, c’est que les politiques soient capables d’agir pour améliorer  concrètement la vie des gens. Or, nous, en brousse, et particulièrement en province Nord, on a le sentiment d’être abandonnés. Quand on entend le Rassemblement UMP être contre l’usine du Nord, qui représente, pour nous, le seul levier de rééquilibrage de la province, on ne peut pas être d’accord. Quand on voit que la vie chère, les choses n’ont pas été réglées rapidement, quand on constate que le RUMP a diminué les aides aux agriculteurs et les éleveurs, c’est inacceptable. On ne vient que nous voir que lorsqu’on a besoin de nous, quand il y a des élections. Je rappelle que le député sortant de la deuxième circonscription, c’est quand même Pierre Frogier. Or, on ne l’a jamais vu sur le terrain depuis les élections et lorsqu’il a été élu, quoi.

Journaliste : Quel est l’intérêt d’avoir un député Calédonie ensemble au palais Bourbon ?

Gérard Poadja : Pour nous, l’intérêt essentiel et principal, c’est qu’il y ait un autre message, et je pense que ça sera le message de la majorité des Calédoniens auprès de l’État. Nous, ce que nous disons, c’est qu’il faut impérativement que l’on respecte l’Accord de Nouméa tel qu’il est aujourd’hui. Or, ça n’a pas été le cas, dans la mesure où nos représentants à l’Assemblée nationale ont quand même convaincu le chef de l’État pour lever le drapeau du FLNKS. Or, ça n’a pas été ce qui est inscrit dans les Accords de Nouméa. D’autre part, ce que nous souhaitons, nous, c’est que ce nouveau message soit compris et puis surtout écouté auprès de l’État parce qu’il y va de l’avenir institutionnel du pays et il y va aussi de l’intérêt des Calédoniens, voilà l’intérêt. Ensuite, bien entendu, il y a de véritables projets qui concernent la vie de tous les jours et qui concernent l’ensemble des Calédoniens. C’est le renforcement des moyens de l’État contre l’insécurité, il y a aussi, si possible, la création d’un dispositif permanent de lutte contre la vie chère, ça, il faut impérativement qu’on arrive à résoudre, parce que ça rentre dans la vie de tous les jours de chaque Calédonien.

Journaliste : Gérard Poadja, Merci.

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