Accueil ACTUALITÉS LE « COUVRE-FEU POUR JEUNES MINEURS », NOUVELLE ILLUSTRATION DE LA STRATEGIE DE L’ENFUMAGE UTILISEE PAR GAËL YANNO

LE « COUVRE-FEU POUR JEUNES MINEURS », NOUVELLE ILLUSTRATION DE LA STRATEGIE DE L’ENFUMAGE UTILISEE PAR GAËL YANNO

Gaël Yanno a présenté récemment la « mesure-phare de son programme en matière de sécurité » : l’instauration d’un couvre-feu, de 23 heures à 6 heures, pour les mineurs de moins de 13 ans, afin de les empêcher de « participer à des infractions au sein de groupes organisés ».

Que signifie exactement cette « proposition » ?

Envisage-t-il que le maire prenne un arrêté et dans ce cas, pourquoi n’a-t-il rien fait pendant 5 ans en tant que 1er adjoint au maire de Nouméa ? Envisage-t-il d’étendre à la Nouvelle-Calédonie la loi nationale qui permet aux préfets de prendre des arrêtés en ce sens, et en ce cas, pourquoi n’a-t-il pas déposé un amendement à l’Assemblée, en février 2011, lors du vote de cette loi ?

Comment compte-t-il faire appliquer cette réglementation, alors qu’il a laissé l’Etat diminuer ses effectifs en forces de l’ordre et fermer le commissariat de Tindu ?

Pour lutter contre les « groupes organisés », pourquoi cible-t-il seulement les mineurs de moins de 13 ans ? Quelle est l’implication réelle de ces mineurs dans des actes de délinquance ? Quelle réponse pénale est leur apportée aujourd’hui ?

Ces questions montrent que Gaël Yanno ne poursuit qu’un but : limiter un débat, qui devrait être complet, sérieux et argumenté, à des effets d’annonce, pour faire oublier son échec total sur le thème de la sécurité. Car, bien que Gaël Yanno ait placé la lutte contre la délinquance au cœur de son programme de 2007, en s’impliquant notamment dans le collectif « tranquillité républicaine » monté spécialement pour la campagne électorale par Gaby Briault, son bilan est catastrophique :

–         il ne s’est pas opposé à la politique de diminution des moyens des forces de l’ordre et de la justice, mise en œuvre par l’Etat. Il n’a notamment rien fait contre la fermeture du commissariat de police de Tindu et contre les fermetures de brigades de gendarmerie

–         alors qu’il avait affirmé en 2009 dans son programme électoral qu’il créerait « des structures semi-fermées alternatives à la prison », c’est exactement le contraire qui s’est produit : il a fait bloquer, par la mairie de Nouméa, pendant deux ans, le permis de construire destiné à créer au camp Est de nouvelles capacités pour les peines légères (« centre pour peines aménagées » de 80 places).

– La Nouvelle-Calédonie a connu une véritable explosion de la délinquance à la mi-2010 : à Nouméa, par exemple, il y avait en moyenne 680 faits de délinquance par mois avant cette date, et ce nombre est ensuite passé à 810 faits par mois, soit + 20%. Les rapports officiels du haut-commissariat attribuent cela à un « changement de mentalités » et à une « radicalisation des comportements », sur fond de « haine raciale ». A l’évidence, il faut faire le lien avec un fait particulièrement marquant qui s’est produit au même moment : la montée du drapeau du FLNKS au fronton des édifices publics…

Les Calédoniens, qui se préoccupent à juste titre de voir grimper la délinquance, méritent mieux qu’une telle proposition démagogique, qui ne cherche qu’à masquer un sinistre bilan.

Nous, nous proposons un plan d’ensemble :

– le renforcement des politiques sociales de prévention, en faveur des populations défavorisées du pays, et plus particulièrement de sa jeunesse, notamment celle qui se trouve en situation d’échec scolaire : accompagnement scolaire et social de proximité, mesures d’insertion, encouragement des activités sportives et culturelles,  développement des actions socio-éducatives, etc. ;

la mise en œuvre d’une véritable politique de la

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