Accueil ACTUALITÉS NOUVELLE MENACE SUR LA LIBERTE D’EXPRESSION !

NOUVELLE MENACE SUR LA LIBERTE D’EXPRESSION !

Dans le cadre de la vente des activités du groupe Hersant en Nouvelle Calédonie, les dirigeants de Promosud ont annoncé, lors du Conseil d’administration du 23 mai dernier, leur volonté de participer au rachat des IRN, pour un coût de 500 millions CFP. Cette opération s’effectuerait parallèlement à la cession du pôle presse-média à un groupe d’investisseurs privés constitué autour de Nouméa Rotative (groupe Jeandot).

Cette annonce est surprenante à plus d’un titre. Elle appelle plusieurs questions.

1 – Quelle est la justification de l’intervention de Promosud dans cette opération ?

Comme l’indique le rapport de présentation de Promosud, le pool d’investisseurs constitué autour du groupe Jeandot pour racheter le pôle presse-média du groupe Hersant n’est pas intéressé par les IRN. Et pour cause : ce pool d’investisseurs est partie prenante dans le groupe Nouméa Presse, dont la nouvelle rotative entrera prochainement en service, en concurrence directe avec les IRN, notamment sur le marché des magazines de la grande distribution. A terme, le groupe Nouméa Presse sera aussi en concurrence directe avec les IRN, sur le marché de l’annuaire téléphonique, ces deux activités représentant près de 50% du chiffre d’affaire actuel des IRN. On comprend donc parfaitement que ce pool d’investisseurs ne soit pas intéressé par le rachat des IRN.

Ce que l’on comprend moins par contre, c’est : qu’est-ce-que Promosud, c’est-à-dire la collectivité, vient faire dans cette opération, si ce n’est aider le groupe Jeandot à racheter le pôle presse-média du groupe Hersant ? Quelle est la justification de l’intervention de Promosud dans le secteur parfaitement concurrentiel de l’imprimerie ? Qu’est-ce qui justifie une dépense de 500 millions CFP de fonds publics dans le rachat d’une entreprise qui ne met en œuvre aucune prestation de service public ?

La réponse est clairement politique. Si Promosud est intéressé au rachat du pôle presse du groupe Hersant, c’est parce que les dirigeants actuels de la Province Sud espèrent contrôler la ligne éditoriale du quotidien local, après son rachat par des amis politiques.

2 – Dans quelles conditions Promosud interviendrait dans cette opération ?

On sait que le prix de « réserve » fixé par les banques créancières du groupe Hersant pour la cession des activités en Nouvelle Calédonie est de 3,6 milliards CFP. On sait également que l’offre du pool d’investisseurs du groupe Jeandot est nettement inférieure à ce prix de réserve, de sorte que la valorisation des IRN revêt une importance toute particulière dans le « bouclage » de l’opération. Car, plus le prix de rachat des IRN sera élevé, plus l’offre faite pour le rachat du pôle presse média sera acceptable…

Or, sur ce point, les estimations du vendeur et celle de Promosud varient quasiment du simple au double !

On peut donc légitimement s’interroger sur le prix retenu par Promosud pour le rachat des IRN (1,4 milliards CFP). Ce prix n’est justifié paraucune une expertise. Il n’est pas non plus justifié par les éléments comptables du dossier, qui montrent que la quasi-totalité du matériel d’exploitation est largement amorti et doit être renouvelé.

Or, il s’agissant d’une opération financée sur fonds publics, sans justification apparente pour la collectivité, ces éléments sont évidemment indispensables.

3 – L’opposition de Calédonie Ensemble au contrôle politique de l’information :

Après vingt cinq ans de cadenassage du paysage radiophonique calédonien, le Rassemblement UMP tente aujourd’hui de prendre le contrôle politique du seul quotidien d’information du pays. Cette opération s’inscrit dans le prolongement direct du projet de télévision de propagande NC 9, financé sur le développement des jeux d’argent en Nouvelle Calédonie.

Cette volonté politique de contrôler la liberté d’expression et d’information est pour nous doublement inacceptable. C’est une atteinte à la démocratie et aux libertés fondamentales des calédoniens. C’est également un détournement caractérisé de fonds publics.

Nous nous y opposerons par tous les moyens politiques et judiciaires à notre disposition.

A quelques jours des élections législatives, qui permettront aux calédoniens de dire quel avenir ils veulent pour leur pays, nous appelons tous les électeurs à sanctionner ces pratiques d’un autre âge.

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