Accueil ACTUALITÉS DEBAT TELEVISE DE L’ENTRE-DEUX TOURS: LE RUMP VEUT IMPOSER SA LOI

DEBAT TELEVISE DE L’ENTRE-DEUX TOURS: LE RUMP VEUT IMPOSER SA LOI

Après la décision de Nouvelle-Calédonie 1èred’annuler le débat télévisé de l’entre deux tours des élections législatives, nous tenons à préciser les points suivants :

Les faits

La semaine dernière, il apparaissait très clairement que Nouvelle-Calédonie 1ère avait décidé d’organiser, le 14 juin, un débat unique entre tous les candidats qualifiés pour le second tour. Toutes les formations politiques en avaient accepté le principe, y compris le Rassemblement-UMP  de Gaël Yanno. Jeudi 7 juin, en conclusion du débat organisé entre les 8 candidats de la 1èrecirconscription, Charlotte Rich et Nathalie Rougeau l’avaient d’ailleurs explicitement annoncé par ces mots : « La semaine prochaine, on retrouvera au moins deux d’entre vous, plus deux candidats de la deuxième circonscription, autour de la table ».

Lundi 11 juin au matin, la rédaction a tiré au sort, en présence des représentants des 4 candidats, les ordres de passage de ces derniers dans les émissions prévues cette semaine sur les ondes de Nouvelle-Calédonie 1ère : 4 matinales radio, 4 journaux télévisés du soir, ordre de passage des deux débats prévus le vendredi midi en radio. La rédaction a alors évoqué l’hypothèse de deux débats télévisés le jeudi soir, en lieu et place du débat unique initialement prévu. Le représentant de Sonia Lagarde et de Philippe Gomès et la représentante de Jean-Pierre Djaïwé ont demandé le maintien d’un débat à 4, tandis que la représentante de Gaël Yanno déclarait ne pas être habilitée à prendre position à ce sujet. La rédaction a alors procédé à un tirage au sort « de précaution », concernant l’ordre dans lequel auraient lieux ces éventuels débats.

Mardi 12 juin à midi, la rédactrice en chef de Nouvelle-Calédonie 1ère a informé Philippe Gomès que son directeur, Wallès Kotra, avait modifié l’organisation retenue la semaine précédente, pour que se tiennent finalement, dans l’ordre déterminé par le tirage au sort « de précaution » effectué la veille, deux débats au lieu d’un seul.

Pourquoi cette décision ?

Parce que le Rassemblement UMP l’a demandé. En effet, il n’a pu qualifier qu’un seul candidat pour le second tour, au lieu de deux, comme il l’espérait. On remarquera qu’en 2007, lorsque Gaël Yanno et Pierre Frogier ont été qualifiés pour participer au second tour des législatives, RFO avait effectivement organisé un unique débat d’entre deux tours, à quatre, sans que cela ne pose de problème à qui que ce soit !

Puisque le principal enjeu de cette élection est celui de l’avenir institutionnel du pays – tous les candidats l’affirment – et que cet enjeu se pose strictement dans les mêmes termes dans les deux circonscriptions, ce changement ne repose sur aucun autre motif que la volonté de se soumettre aux injonctions du Rassemblement‑UMP, qui impose le format du débat en fonction du nombre de candidats qu’il est parvenu à qualifier pour le second tour.

La position de Calédonie Ensemble

Contrairement a ce qu’a mentionné le présentateur du journal télévisé d’hier soir, Calédonie Ensemble ne pratique pas « la politique de la chaise vide ». Nos candidats ont répondu favorablement à l’intégralité des sollicitations des médias calédoniens, ce dont ne peut se prévaloir Gaël Yanno, absent sans raison valable du débat organisé le 25 mai par Radio Nouvelle-Calédonie 1ère, avec Sonia Lagarde, Michel Jorda et Stéphane Hénocque.

Nous maintenons notamment notre participation aux deux débats prévus vendredi midi sur Radio Nouvelle-Calédonie 1ère, respectivement pour la première et pour la seconde circonscription, car ce format avait été décidé et annoncé dès l’origine par Nouvelle-Calédonie 1ère.

De même, Sonia Lagarde et Gaël Yanno ont débattu ce matin même devant les journalistes des Nouvelles, et ce débat fera l’objet d’un article de deux pages dans l’édition de demain, comme ce fut le cas, ce matin, du débat entre Jean-Pierre Djaïwé et Philippe Gomès.

Deux débats distincts, l’un entre Sonia Lagarde et Gaël Yanno, l’autre entre Jean-Pierre Djaïwé et Philippe Gomès, auront également lieu ce soir sur la chaine de télévision par internet « Koodji ».

Par contre, nous refusons de nous plier à un changement unilatéral des conditions fixées pour le débat initialement prévu à 4 par Nouvelle-Calédonie 1ère, a fortiori lorsque ce changement va à l’encontre de l’avis de 3 candidats et qu’il répond au diktat du candidat du RUMP.

Nous déplorons d’autant plus cette situation que la campagne électorale des législatives a été marquée, sur Nouvelle-Calédonie 1ère, par la surexposition médiatique accordée à Gaël Yanno,

– tantôt au titre des élections présidentielles,
– tantôt au titre de son bilan de député sortant,
– tantôt au titre de son mouvement politique,
– tantôt au titre de sa fonction de 1er adjoint au maire de Nouméa,
– tantôt au titre de sa candidature aux élections législatives.

Par exemple, sur la période allant de la mi- février à la mi-avril, Gaël Yanno a été entendu 11 fois lors du journal télévisé, et Sonia Lagarde 2 fois seulement.

Ce favoritisme n’est pas conforme à l’obligation d’équité et de neutralité qui s’impose au service public. Et l’organisation du débat télévisé de l’entre deux tours n’aurait pas du échapper à cette obligation.

Le problème posé par la présentation, par Wallès Kotra, de sa décision

Hier soir, le directeur de Nouvelle-Calédonie 1ère est intervenu longuement pour présenter la situation et justifier sa décision. Il a délibérément choisi d’en attribué la responsabilité à Calédonie Ensemble. Nous avons donc demandé à pouvoir exercer, comme la loi nous y autorise en période électorale, un droit de réponse. Celui-ci nous a été refusé. Nous examinons les voies de recours qui nous sont offertes.

Sonia LAGARDE et  Philippe GOMES

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