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LA PAROLE DES CALEDONIENS N’EST PAS ENTENDUE

Conférence de presse du vendredi 3 août 2012

Le 20 juillet dernier, soit un mois après notre victoire aux élections législatives, nous appelions « tous les responsables politiques, attachés au respect de l’expression démocratique des Calédoniens à se rassembler autour de la candidature de Gérard Poadja à la présidence du Congrès ». Les réponses obtenues à ce jour sont tout, sauf celles que nous étions en droit d’attendre…

 Les élections législatives : le peuple calédonien a tranché.

Le 10 juin, au premier tour de l’élection législative, nos candidats totalisaient 25 000 voix, soit près de 25% de plus que les candidats soutenus par le RUMP, l’Avenir Ensemble et Didier Leroux et 10% de plus que le FLNKS. Ce résultat a fait de Calédonie Ensemble la première force politique du pays.

Lors de ce premier tour, Calédonie Ensemble a augmenté de 50% son score des provinciales de 2009 (16 000 voix).

Le 17 juin, Calédonie Ensemble a remporté haut la main le second tour de cette élection. Ses deux candidats ont été élus en rassemblant46 000 voix, soit la quasi-totalité des voix des électeurs de sensibilité non-indépendantiste.

Dans la 2ème circonscription, le candidat de l’alliance RUMP-AE-Didier Leroux a été éliminé dès le 1er tour, en recueillant à peine plus de la moitié des suffrages obtenus par le candidat de Calédonie Ensemble. Dans la 1ère circonscription, les électeurs ont lourdement sanctionné, au 2nd tour, le député sortant.

Cet échec du RUMP est d’autant plus remarquable que ses candidats avaient d’une part l’investiture de l’UMP, dont le candidat à l’élection présidentielle avait recueilli 63 % des suffrages le 6 mai dernier, et d’autre part le soutien, par la voix d’Harold Martin et de Pascal Vittori, de l’Avenir Ensemble, ainsi que le soutien de Didier Leroux.

Cet échec, c’est celui du président de la province Sud, sénateur de la République, président du RUMP et celui du président du gouvernement, président de l’Avenir Ensemble.

C’est cela le verdict de ces élections : notre mouvement, qui a pendant 18 mois été nié et purgé de toutes les institutions, est revenu par la grande porte du suffrage universel, par la volonté du peuple calédonien.

Après 35 ans d’hégémonie, la représentation parlementaire du RPCR d’abord, du RUMP ensuite, a été battue en brèche. C’est un tournant dans l’histoire politique du pays.

La candidature de Gérard Poadja est légitime

Elle est légitime parce que Calédonie Ensemble est la première force politique du pays.

Elle est légitime car Gérard Poadja a toujours défendu, avec ferveur et compétence, les intérêts des populations du Nord, au travers de ses différentes responsabilités d’élu de la collectivité, de responsable coutumier et d’acteur du développement économique et social. Son assise politique personnelle est devenue une évidence lors des élections provinciales de 2009, au cours desquelles il a été élu au titre de la liste « Une province pour tous », alors même que le Rassemblement UMP et l’Avenir Ensemble avaient choisi de présenter des listes concurrentes. Elle a été largement confortée lors des dernières élections législatives, au cours desquelles, en qualité de suppléant de Philippe Gomès, Gérard Poadja a pris une part très active à la campagne électorale. Grâce à son implication, notre représentativité en Province Nord est aujourd’hui près du double de celle du RUMP.

Elle est légitime car elle constitue aussi un geste politique de rééquilibrage et d’ouverture vis-à-vis des populations de la province Nord, et plus généralement de la brousse. Depuis 27 ans, la présidence du Congrès a toujours été occupée par des élus du sud (Albert Etuvé, Pierre Frogier, Harold Martin, Rock Wamytan …), ou des Iles Loyauté  (Dick Ukeiwé, Simon Loueckhote …), mais jamais de la Province Nord… Il serait donc légitime qu’un élu du Nord puisse, enfin, accéder à cette fonction.

Présidence du congrès : les grandes manœuvres ont commencé

D’abord, la coalition cherche à gagner du temps…

Elle a gagné du temps en autorisant Roch Wamytan, au mépris de la tradition républicaine, voire des règles de droit, à se maintenir à son poste jusqu’à la fin de la session administrative. Nous avons, à ce sujet, demandé au haut-commissaire de saisir le tribunal administratif, ce qui vient d’être fait.

Simultanément, Pierre Frogier et Harold Martin ont décidé d’envoyer Simon Loueckhote prêcher leur bonne parole, celle d’une candidature de compromis. Car la « proposition » de Simon Loueckhote n’a rien de spontané : c’est bel et bien une manœuvre initiée pour nous contourner, après nous avoir niés pendant 2 ans.

L’objectif est simple : tout sauf un candidat de Calédonie Ensemble.

Les Calédoniens n’ont-ils pas exprimé un message clair les 10 et 17 juin ?

N’ont-ils pas entendu Pierre Frogier, le 10 mai, appeler à un « regroupement de la droite » ?

N’ont-ils pas entendu Harold Martin, le 18 juin, déclarer qu’il appartenait à Calédonie Ensemble de regrouper les familles politiques non indépendantistes et d’être « chef de la majorité qui veut rester dans la France ».

Leur paraitrait-il exorbitant que Calédonie Ensemble, premier mouvement politique du pays, préside la 1ère assemblée du pays, étant rappelé que l’UC, le PALIKA, le RUMP et l’Avenir Ensemble, partis moins représentatifs, dirigent aujourd’hui le gouvernement et les trois provinces ?

Au nom de quoi, après avoir placé à la présidence du gouvernement un mouvement qui n’a que 2 élus au congrès, décideraient-ils maintenant d’installer à la présidence du congrès (l’Avenir Ensemble), un mouvement qui en compte autant (le LMD). Est-ce cela, pour eux, le respect de la légitimité démocratique ?

En ce qui nous concerne, nous entendons respecter la parole que nous avons donnée aux Calédoniens lors des élections des 10 et 17 juin dernier : Calédonie Ensemble ne participera pas à des combines politiciennes d’arrière-cuisine.

C’est pourquoi nous annonçons aujourd’hui que nous voterons pour notre candidat, Gérard Poadja, quoi qu’il arrive, au 1er, au 2ème et au 3ème tour de l’élection à la présidence du congrès.

Chacun devra prendre ses responsabilités, y compris ceux qui auraient décidé de refuser d’entendre le message délivré par les Calédoniens les 10 et 17 juin.

Les autres enjeux de la présidence du congrès…

L’enjeu de l’élection à la présidence du congrès est un enjeu démocratique et politique, au sens noble du terme.

Mais nous avons découvert ces derniers jours, à travers l’examen du projet de budget supplémentaire pour 2012, que l’élection à la présidence du congrès revêtait, pour certains, un tout autre enjeu.

Cet enjeu occulte, c’est celui de la réalisation d’un vaste projet immobilier pour le congrès, initié par Harold Martin il y a deux ans et poursuivi par Roch Wamytan depuis. La mise en œuvre de ce projet devrait être assurée par le président du congrès qui, selon le projet de délibération relative au budget supplémentaire 2012, sera « autorisé à signer tous actes relatifs à l’acquisition et l’emménagement de locaux et parkings dans le cadre de l’opération d’extension des locaux du congrès, d’une superficie de 3500 m², dans la limite de 2 milliards de francs ».

Ce projet a été mené sans aucune mise en concurrence, malgré son montant colossal. Il est porté par un promoteur immobilier dont l’identité n’est pas officiellement connue, ayant racheté l’immeuble situé en face du congrès, où se situait encore récemment la permanence de l’Avenir Ensemble. La mairie a délivré au promoteur un permis de construire le 17 juillet 2012. Pourtant, ce projet n’a jamais été présenté aux membres du congrès, ni au gouvernement…

Le coût de ce projet immobilier est de 550 000 FCFP par m² de surface aménagée, soit entre 150 000 et 200 000 FCFP/m² au dessus des prix du marché. Il présente donc un surcoût injustifié se situant entre 500 et 700 millions de francs…

Dans ces conditions, on peut comprendre que, pour un certain nombre de membres de la coalition, la candidature de Gérard Poadja à la présidence du congrès ne soit pas spécialement la bienvenue…

Et on peut dire, d’ailleurs, que nous avons été les seuls, avec Didier Leroux, à voter contre cette opération, lors de la commission des finances qui s’est tenue hier au congrès…

Cette « affaire dans l’affaire » doit s’apprécier au regard d’un autre projet immobilier initié par Harold Martin, cette fois en tant que président du gouvernement : celui du « centre administratif carré de l’Alma ». On retrouve dans ce projet les mêmes ingrédients que pour l’extension du congrès : montant pharaonique (3,2 milliards de francs), absence de mise en concurrence, surcoût de 25 à 35%, etc. Le projet de BS, approuvé par la coalition lors de la réunion du gouvernement du 24 juillet dernier, donnait au président du gouvernement tous pouvoirs pour signer les contrats de cette opération. Toutefois, la commission des finances du congrès a exprimé hier, à l’unanimité, un avis défavorable.

À voir aussi :

Les remerciements des députés Philippe Gomès et Philippe Dunoyer

Très cher(e)s ami(e)s, Ce dimanche 18 juin, 46 301 Calédoniens nous ont accordé leur confi…