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PROJET IMMOBILIER DU CONGRES

Communiqué de presse du 11 août 2012

Sur le projet immobilier du congrès

Les Nouvelles ont publié, dans leur édition du samedi 4 août, une brève de 15 lignes évoquant certaines questions posées par Calédonie Ensemble à propos du projet immobilier du congrès.

Alors qu’il n’était pas mentionné dans cette brève, Harold Martin a souhaité réagir par une « réponse aux Nouvelles Calédoniennes » de 3 pages.

Nous ferons sur cette « réponse » les deux observations suivantes.

Nous rappelons en préalable que ce projet porte sur l’acquisition à un promoteur, pour 2 milliards de francs, de bureaux et de parkings dans un bâtiment qui sera construit en face du congrès. Nous avons découvert ces éléments dans le projet de budget supplémentaire 2012 préparé par le gouvernement, alors qu’ils n’avaient jamais fait auparavant l’objet d’une présentation aux membres du congrès ou du gouvernement.

1°) Lors de notre conférence de presse du 3 août, nous n’avions cité Harold Martin, concernant ce projet immobilier, que pour préciser qu’il avait initié ce projet et que Roch Wamytan l’avait poursuivi. Cette affirmation est rigoureusement conforme aux propos tenus par Roch Wamytan lui-même, en commission des finances et du budget, le 2 août 2012.

La véhémence d’Harold Martin nous intrigue. Elle s’explique peut-être par le fait que le promoteur en question n’est autre que Jean-Marc Bruel – nous en avons la confirmation officielle.

Quoiqu’il en soit, compte tenu des zones d’ombre subsistant sur cette opération, Gérard Poadja, questeur du congrès, a, par lettre du 7 août 2012, officiellement saisi le président de l’assemblée d’une série de questions légitimes, en demandant la communication d’un certain nombre de documents. Ces questions portent notamment sur :

–         les raisons de l’absence d’appel public à propositions ;

–         l’évolution récente de la propriété du terrain d’assiette ;

–         le calendrier des études et des contacts entre le congrès et le promoteur ;

–         le permis de construire obtenu par le promoteur le 17 juillet 2012 ;

–         le recours éventuel à des expertises foncières ou immobilières, notamment du service des domaines, et le cas échéant leurs conclusions ;

–         la nature du contrat envisagé et sa compatibilité avec les règles relatives aux achats publics.

2°) Harold Martin prétend justifier le coût de cette opération en affirmant que le nouveau bâtiment administratif de la province Sud, que « Philippe Gomès a fait construire » à l’Artillerie, va coûter plus cher encore.

Quelques précisions sont donc utiles concernant ce projet :

a)      Tous les choix effectués l’ont été en toute transparence : pendant près de 7 ans d’études et de travaux, toutes les procédures prévues par le code des marchés publics ont été scrupuleusement respectées, ce qui n’est absolument pas le cas du projet du congrès.

b)      En particulier, Philippe Gomès n’a fait qu’entériner les choix effectués respectivement par le jury du concours architectural et par la commission d’appel d’offres de la province, deux instances au sein desquelles tous les groupes politiques de la province étaient représentés.

c)      Le cahier des charges de ce projet comportait certaines exigences atypiques :

–         aménagement de parkings en sous-sols, dans une zone en remblais avec nappe affleurante ;

–         terrassements importants et techniquement délicats sur la falaise ;

–         label « haute qualité environnementale ».

 d)      Pourtant, au final, le bâtiment de l’Artillerie reviendra moins cher que l’extension du congrès :

–         4,8 milliards de F pour 12 000 m² hors parkings, soit 400 000 F par m²,

–         contre 2 milliards de F pour 3 740 m² hors parkings, soit 540 000 F par m².

Par ailleurs, le projet de la province Sud sera économique à l’usage : les charges de l’emprunt liées à l’investissement seront pour une très large part couvertes par les économies réalisées grâce à la résiliation des baux des divers services déménagés et à la baisse des charges d’exploitation et d’entretien générée par leur regroupement.

Nous constatons enfin que cette opération n’est pas la seule méga-opération immobilière proposée par le gouvernement dans le cadre du projet de budget supplémentaire 2012, puisque figurait également dans ce BS l’intention du gouvernement d’acheter 5700 m² dans le futur « carré de l’Alma », pour 3,2 milliards de francs, sans aucune mise en concurrence et sans consultation préalable des membres du congrès et du gouvernement. La commission des finances et du budget du congrès a exprimé à l’unanimité un avis défavorable à l’encontre de ce projet.

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