Accueil ACTUALITÉS UN DENI DE REALITE

UN DENI DE REALITE

24/08/2012

Les déclarations de Pierre Frogier, lors du comité directeur du RUMP du 21 août, constituent un déni de réalité pour tous les Calédoniens qui se sont exprimés lors des dernières élections législatives : il prétend « tirer les enseignements de ce scrutin », mais il n’en tire aucune conséquence sur la ligne politique qu’il a portée personnellement et qui a été lourdement sanctionnée par les Calédoniens, ni sur la place qui doit être désormais celle de Calédonie Ensemble au sein des institutions.

Le refus d’assumer sa responsabilité politique

Selon Pierre Frogier, l’échec des candidats du RUMP aux législatives, c’est :

– la faute des Calédoniens, qui n’auraient rien compris ;

– la faute des indépendantistes, qui n’ont pas donné ce qu’ils étaient censés donner, en contrepartie des cadeaux offerts ;

– la faute de Calédonie Ensemble, qui aurait menti aux Calédoniens ;

– la faute de l’organisation du RUMP, qui n’aurait pas travaillé comme il aurait fallu qu’elle travaille ;

– et – accessoirement – un défaut d’explication de sa part sur ses orientations politiques.

En réduisant l’échec de la ligne politique du RUMP à une question organisationnelle, Pierre Frogier ramène cet échec à ce qu’il n’est pas – un échec de l’appareil – pour ne pas dire ce qu’il est – l’échec de ses propres choix politiques.

Hier, il avait fui ses responsabilités en se réfugiant au Sénat– la chambre haute ! – pour ne pas avoir à se représenter devant les électeurs de la deuxième circonscription. Aujourd’hui, il les fuit à nouveau : alors que c’est la ligne politique qu’il a imposée en tant que président du RUMP qui vient d’être sanctionnée, c’est de la présidence de la province Sud qu’il démissionne !

Le refus de prendre en compte la volonté de changement des Calédoniens dans le partage des responsabilités institutionnelles

A la province Sud, Pierre Frogier annonce un remaniement de l’exécutif, qui repose strictement sur le même équilibre politique : le RUMP continue de diriger la province avec l’appui de l’Avenir Ensemble d’Harold Martin, et Calédonie Ensemble continue d’être exclu de toute responsabilité.

Au gouvernement, aucune modification n’est intervenue ni même annoncée : le gouvernement du pays continue d’être dirigé par un mouvement politique représentant 2 élus sur  54 et c’est encore le seul gouvernement au monde doté d’un « ministre » de la météo…

Au congrès, enfin, le Rassemblement annonce qu’il soutiendra la candidature de Simon Loueckhote. Or, il y a un an, le même Simon Loueckhote n’était pas bon pour être reconduit comme sénateur, à cause de son « manque de loyauté », de ses « atermoiements » et de son « parcours sinueux et erratique », selon les propres mots des responsables du RUMP. Pierre Frogier lui imposait de laisser sa place au Sénat à Charly Pidjot, au nom des « nouveaux équilibres institutionnels »… avant que l’UMP, au niveau national, ne s’y oppose.

Mais aujourd’hui – à l’initiative de Pierre Frogier – Simon Loueckhote se présente à la présidence du congrès contre le candidat de Calédonie Ensemble. Alors, le RUMP se rappelle, opportunément, qu’il fait vraiment partie de « la famille » et le met en avant comme « candidat de l’union », alors que ce n’est que le candidat de la manipulation.

Un seul mot d’ordre : tout sauf Calédonie Ensemble

Le président du RUMP déclare : « aucun accord, aucune alliance, aucun dialogue n’est possible avec eux ».

Par son « ni-ni » sur la question de la présidence du congrès, il met Calédonie Ensemble au même niveau que le FLNKS. Ainsi, de fait, il va permettre à Roch Wamytan d’être réélu. Son objectif, c’est de faire semblant de sortir de la coalition, tout en gardant un pied dedans.

Car, si Roch Wamytan reste président du congrès, c’est que cela arrange Pierre Frogier. C’est que les accords secrets passés avec Charly Pidjot et Louis Kotra Uregei ne sont pas caducs, et qu’il faut continuer à les faire vivre, même après la sanction des législatives.

Dans ce cadre, prétendre que le RUMP est le « rempart à l’indépendance » n’est qu’une posture, en décalage avec les faits. Car, comment considérer que le RUMP constitue un véritable rempart à l’indépendance, lorsqu’il refuse d’entendre les 25 000 Calédoniens de sensibilité non indépendantiste qui ont voté au premier tour pour Philippe Gomes et Sonia Lagarde, et les 45 000 au second tour ?  Comment considérer que le RUMP constitue un véritable rempart à l’indépendance, lorsqu’il est prêt à favoriser la réélection de Roch Wamytan à la présidence du congrès, contre la candidature de Gérard Poadja, qui a été légitimé par le peuple calédonien.

Nous en appelons solennellement à la raison des élus du RUMP. A défaut pour eux d’attendre une « ultime concession » des indépendantistes, qui n’interviendra jamais, il ne doivent pas se rendre coupables d’une ultime trahison à l’égard des Calédoniens, en refusant d’apporter leurs voix à Gérard Poadja.

À voir aussi :

Philippe Gomès : « J’ai demandé un rendez-vous au président de Vale-monde »

( 20 juillet 2017 ) En déplacement à Paris, le député Philippe Gomès a été reçu à Matignon…