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DISCOURS D’INVESTITURE DE GERARD POADJA, NOUVEAU PRESIDENT DU CONGRES

Séance publique du 29 août 2012

Monsieur le haut-commissaire de la République,
Madame la députée,

Monsieur le sénateur,

Mesdames les consules générales,

Mesdames et messieurs les consuls et représentants diplomatiques,

Monsieur le président du gouvernement,

Mesdames et messieurs les membres du gouvernement,

Monsieur le président du sénat coutumier,

Monsieur le président du conseil économique et social,

Messieurs les présidents des assemblées de province,
Mesdames et messieurs les élus du congrès,
Mesdames et messieurs les élus des provinces,

Mesdames et messieurs les maires,

Messieurs les grands chefs et autorités coutumières,
Messieurs les représentants des forces armées,

Mesdames et messieurs les directeurs et chefs de service,

Mesdames et messieurs,

Je voudrais tout d’abord vous remercier de la confiance que vous m’avez témoignée, en m’élisant à la présidence de la première institution de notre pays. Cette élection prend en compte le fait politique issu du scrutin législatif des 10 et 17 juin derniers, qui a conduit Sonia Lagarde et Philippe Gomes à porter désormais la voix de tout le pays au sein de l’assemblée nationale.

Je tiens également à saluer mon prédécesseur Roch Wamytan, qui a assuré les fonctions de président du congrès au cours de l’année écoulée. Même si je n’ai pas partagé nombre de ses initiatives durant cette période, je tiens à souligner son rôle positif dans le cadre de la commission vie chère, créée par notre assemblée et dont il assumait la présidence.

A un moment charnière de notre histoire, à deux pas de 2014, je sais que c’est une lourde responsabilité qui va désormais peser sur mes épaules. Alors, soyez sûr qu’elles sont larges et solides et que, durant l’année de mon mandat, je mettrai tout en œuvre pour que notre institution assure pleinement sa mission, au service de la Calédonie et des Calédoniens.

Nous venons de connaitre plusieurs semaines de fébrilité sur le plan politique. Certaines déclarations à caractère menaçant ont encore été faites, pas plus tard qu’hier, par le président de l’Union Calédonienne, si la présidence de l’institution ne revenait pas au candidat de son mouvement. En toute sérénité, je tiens à lui dire, ainsi qu’aux élus qui, au sein de cette enceinte, représentent ce grand et vieux mouvement politique calédonien,  que rien ne pourra se construire dans notre pays, si on ne respecte pas la démocratie.

Car je crois profondément que le respect de la démocratie est une condition première de la construction du destin commun et du maintien de la paix. Celui qui vous dit cela aujourd’hui, a payé dans ses chairs et dans celles de sa famille, le prix de son engagement politique pendant les évènements. J’ai une pensée toute particulière aujourd’hui pour mon père et pour tous ceux et toutes celles qui, à ses côtés, durant toute leur vie, ont toujours su défendre les valeurs portées par la République.

Le respect de la démocratie, en l’occurrence, c’est admettre qu’il est légitime que la présidence de l’assemblée soit occupée par un élu de sensibilité non-indépendantiste, cette sensibilité étant  majoritaire au sein de cette assemblée, et cette assemblée étant issue du corps électoral acté par l’accord de Nouméa.

Il faut que nous ayons la sagesse de revenir à la raison : l’accord de Nouméa doit redevenir notre feuille de route commune, sur tous les sujets. Qu’il s’agisse de la citoyenneté, des signes identitaires ou des transferts de compétences. Tout l’accord, mais rien que l’accord.

Et cet accord nous rappelle quelque chose d’essentiel : tout pays appartient à son peuple. La Nouvelle-Calédonie appartient aux Calédoniens, à tous les Calédoniens. Tous ont contribué à la construction du pays. Tous sont ici chez eux, quelle que soit leur origine ethnique ou leur sensibilité politique.

L’accord nous a invités à dépasser nos différences, pour bâtir le pays ensemble, dans un destin commun. C’est là une chose essentielle, qui dépasse, et de très loin, la simple reconnaissance mutuelle de nos légitimités respectives, chose faite depuis la signature de l’accord de Matignon.

En ce qui me concerne, dans le cadre de mes attributions de président de cette assemblée, je prendrai des initiatives afin que son fonctionnement soit plus conforme à l’esprit et à la lettre de l’accord, plus démocratique et plus transparent.

Je ferai dans les prochaines semaines des propositions concernant

– la définition, en amont, des politiques que doit mettre en œuvre le gouvernement

– les propositions de loi du pays et de délibération, qui ne doivent plus être mises de côté lorsqu’elles émanent d’un groupe minoritaire

– la retransmission télévisée de certaines séances

– la définition des orientations du pays en matière de relations extérieures

– l’adoption et la mise en œuvre de notre nouveau règlement intérieur

Ce fonctionnement plus transparent et plus démocratique du congrès poursuit un objectif essentiel : celui d’un travail plus efficace, qui nous permette de trouver, en confiance, les équilibres nécessaires.

C’est ce que les Calédoniens attendent de nous. Ils attendent que nous apportions des solutions à leurs problèmes quotidiens et que nous fassions des choix honnêtes et courageux en matière de réformes économiques et sociales. Ils ont exprimé récemment, par leur vote, une volonté de changement. Ils nous regardent, et nous devons être dignes de leurs attentes et de leurs espoirs.

Je voudrais, pour conclure, témoigner de l’émotion que je ressens à cet instant en pensant à nos concitoyens du Nord. En effet, c’est la première fois, en 55 ans, qu’un élu du Nord prend la tête du congrès, ou de l’assemblée territoriale qui l’avait précédé. C’est donc là, à mes yeux, un moment particulier dans l’histoire de la politique de notre pays en faveur du rééquilibrage, et je suis fier d’incarner aujourd’hui cette part de notre histoire.

Je vous remercie.

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Source: NC1ère

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