Accueil ACTUALITÉS INTEGRATION REGIONALE DE LA NOUVELLE-CALEDONIE : UN ECHEC TOTAL DU GOUVERNEMENT MARTIN – TYUIENON

INTEGRATION REGIONALE DE LA NOUVELLE-CALEDONIE : UN ECHEC TOTAL DU GOUVERNEMENT MARTIN – TYUIENON

Communiqué du 06/09/12

Lors de sa mise en place, le gouvernement MARTIN – TYUIENON avait exprimé de grandes ambitions en matière de Relations extérieures : « Avec la Coalition, on allait voir ce qu’on allait voir ! ».

18 mois après, on peut dire : « On a vu ! ».

La Stagnation : La Nouvelle-Calédonie toujours pas membre à part entière du FIP

Cette année encore, Calédonie Ensemble constatele lamentable échec de la délégation présidée par Harold MARTIN qui s’est rendue au 43ème Forum des Iles du Pacifique (FIP), à Rarotonga (Iles Cook), du 28 au 30 août dernier.

Le communiqué établi à l’issue du Forum ne contient pas un seul mot sur la demande de la Nouvelle-Calédonie visant à ce que notre pays devienne membre à part entière du FIP, seule organisation internationale politique du Pacifique.

Déjà, lors du 42ème Forum qui s’était tenu à Auckland (Nouvelle-Zélande) en 2011, il n’avait nullement été fait mention, dans le communiqué final, de la demande calédonienne et du soutien des pays de la région.

Pas un mot non plus dans le communiqué final sur le projet du gouvernement de créer une aire marine protégée sur toute ou partie de la ZEE de la Nouvelle-Calédonie.

Il faut dire que cette annonce n’a jamais été évoquée en collégialité et qu’elle n’est accompagnée d’aucune précision en ce qui concerne la zone protégée, la nature de la protection et les moyens qui seront mis en œuvre pour garantir cette protection…

Il s’agit donc, à ce stade, d’un simple effet d’annonce… Un journaliste du Monde avait évoqué, à ce sujet, « une surenchère d’annonces qui semblent autant soucieuses de revendiquer un record médiatique que de préserver la biodiversité ».

Et, pourtant, la demande de la Nouvelle-Calédonie visant à ce que notre pays devienne membre à part entière du FIP, déposée par le gouvernement présidé par Philippe GOMES, était bien engagée.

En 2010, il était précisé, dans le communiqué final du Forum qui s’était tenu à Port-Vila (Vanuatu), que les dirigeants « notaient, tout en se félicitant, l’intérêt exprimé par le Président du gouvernement de la Nouvelle-Calédonie pour son accession, à terme, au statut de membre à part entière du Forum ». Les dirigeants de l’organisation « demandaient au secrétariat général du Forum d’approfondir avec la Nouvelle-Calédonie, l’étude des moyens d’étendre et d’enrichir son implication et son rôle au sein du Forum, notamment par la relance d’un dialogue avec le Comité Ministériel du Forum sur la Nouvelle-Calédonie ».

En outre, le gouvernement de la République française, par lettre du 25 août 2010, sous la signature du ministre des affaires étrangères et européennes ainsi que de la ministre chargée de l’outre-mer avait formellement soutenu, auprès du président du Forum, la demande de la Nouvelle-Calédonie.

Nous constatons donc, une nouvelle fois, que la demande de la Nouvelle-Calédonie n’a pas abouti alors que cela aurait dû être le cas, si le nouveau gouvernement avait fait le travail préalable nécessaire.

La régression : La Nouvelle-Calédonie n’est plus invitée à participer au GMFL

Ce nouvel échec intervient quelques jours après la fin de la mission en Nouvelle-Calédonie du Groupe Mélanésien du Fer de Lance (GMFL) qui s’est conclue par un véritable retour en arrière, la substitution du FLNKS par la Nouvelle-Calédonie étant désormais conditionnée à l’indépendance du pays… C’est ce que Victor TUTUGORO avait clairement exprimé : « Nous avons simplement rappelé que le GMFL continuerait d’apporter son soutien à la revendication kanak (…) Le FLNKS est un outil politique au service d’une revendication politique, celle de l’identité kanak. Il faut d’abord régler cette mission avant d’intégrer la Nouvelle-Calédonie et donc le gouvernement ».

Le 31 août 2009, dans la déclaration de politique générale du gouvernement collégial, Philippe GOMES avait annoncé cet objectif de voir la Nouvelle-Calédonie devenir membre du GMFL. Une première étape en ce sens devait être franchie à travers la participation officielle du pays aux réunions du Groupe, en tant qu’« invité spécial ». Le bureau du GMFL avait donné son accord pour cette position d’observateur, préalable à une substitution du FLNKS par la Nouvelle-Calédonie.

Le désastre : malgré les sourires de façade, les relations Relation Nouvelle-Calédonie / Nouvelle-Zélande sont au plus bas

Ce nouvel échec intervient, enfin, après la troisième annulation, en mars 2012, du déplacement en Nouvelle-Zélande d’une délégation calédonienne, à l’instar de la visite officielle effectuée en Australie en mars 2010 par une délégation du pays co-présidée par Philippe GOMES, Président du gouvernement, et Yves DASSONVILLE, Haut-commissaire de la République en Nouvelle-Calédonie. A ce jour, aucun nouveau déplacement n’est programmé et les autorités néozélandaises continuent d’être dans l’expectative, attendant une initiative du gouvernement calédonien. Ce sujet avait d’ailleurs fait l’objet d’une polémique au sein même de l’exécutif calédonien, comme en témoigne la lettre adressée par Gilbert TYUIENON à Harold MARTIN dans laquelle il précisait : « A propos de collégialité, je vous indique que le traitement de l’invitation récente du gouvernement néo-zélandais est un vrai sujet de préoccupation, à la fois par les motifs réels de l’annulation de notre déplacement, la manière dont la décision a été prise et les conséquences désastreuses de cette annulation sur nos relations avec ce grand voisin ».

Un seul point positif dans ce bilan désastreux

Une convention a été signée le 26 janvier dernier avec le ministre de la coopération et la ministre chargée de l’outre-mer qui permettra la mise en place des « délégués de la Nouvelle-Calédonie », représentant le pays, dans les cinq ambassades de France de la zone Pacifique.

Un bémol, toutefois… Cette convention avait été négociée, tout au long du dernier semestre de l’année 2010, en concertation étroite avec le ministère des affaires étrangères et la délégation générale à l’outre-mer. Au moment où le gouvernement GOMES a été renversé, la convention était prête à être signée. La procédure de sélection et de formation des délégués pour la Nouvelle-Calédonie devait être engagée début 2011.

Le renversement du gouvernement GOMES aura donc fait perdre au moins deux années à la Nouvelle-Calédonie. En effet, alors que les délégués auraient dû suivre la formation en septembre 2011, pour une entrée en fonction en septembre 2012, la formation ne pourra débuter qu’en septembre 2013, pour une entrée en fonction en septembre 2014.

La souveraineté partagée entre la Nouvelle-Calédonie et la France, en matière de relations internationales, seule compétence régalienne dans ce cas, nécessite une véritable ambition politique, qui a fait manifestement défaut au gouvernement MARTIN – TYUIENON. Il est regrettable que, dans ce domaine particulier, qui permet de traduire dans toute sa plénitude le processus d’émancipation engagé par l’Accord de Nouméa, le gouvernement n’ait pas pris toute la mesure des enjeux.

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