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BAYROU-BORLOO : AVANTAGE AU SECOND

ANALYSE Alors que l’UDI, la dernière née des formations centristes, le déstabilise, le Modem se réunit ce week-end.

Par CHRISTOPHE FORCARI

Pas question au Modem «de faire une crispation» sur le rassemblement des centristes au sein de l’Union des démocrates et indépendants (UDI) initié par Jean-Louis Borloo, président du Parti radical valoisien. Une initiative qui isole néanmoins un peu plus François Bayrou. Le dernier carré des fidèles de l’ex-candidat à l’Elysée minimise la mise sur orbite de cette formation qui tente de ravir l’appellation contrôlée «centre» au Modem. Cette ultime tentative de rassembler une famille politique éclatée devrait occuper une bonne partie des discussions des cadres et militants du Modem, réunis à partir de cet après-midi et jusqu’à dimanche pour une université de rentrée à Guidel (Morbihan).

«Il y a toujours eu en France un centre droit, un centre plutôt à gauche et un centre indépendant. Pour le moment, il y a une tentativeintéressante de rassembler le centre droit. Dans le futur, il peut y avoir des évolutions pour coopérer et travailler ensemble à la construction d’un centre indépendant», relativise Marielle de Sarnez, bras droit de François Bayrou qui doit prochainement déjeuner avec Dominique Paillé, conseiller de Jean-Louis Borloo. «Franchement le centre sans François Bayrou, ce n’est pas le centre», tranche la sénatrice (Modem) du Loir-et-Cher Jacqueline Gourault. Pour éviter de voir l’affaire lui échapper, Bayrou n’a pas exclu dimanche dernier, cinq jours seulement après l’annonce de la création de l’UDI, de participer à ce mouvement unitaire. «Si c’est vraiment l’unité qui est le but à atteindre, faisons-la ensemble», a-t-il lancé, visiblement plein de bonne volonté. «A condition que ce soit sur une ligne politique claire de coalition du centre et de la droite républicaine», lui a sèchement rétorqué Jean-Louis Borloo, président de l’UDI. Une fin de non-recevoir pour François Bayrou qui a fait de l’indépendance la colonne vertébrale de sa vie politique depuis 2002 lors du congrès fondateur de l’UMP. Une stratégie sans cesse réaffirmée depuis.

Verglas. Les deux hommes se pratiquent depuis l’UDF. Jean-Louis Borloo a été un des porte-parole de la campagne présidentielle de Bayrou en 2002. Le premier n’a jamais caché ses critiques sur l’exercice solitaire du pouvoir pratiqué par le second au sein de l’UDF. Le Béarnais n’a jamais vraiment masqué la défiance que lui inspirait le Nordiste. «Avec Borloo à sa tête, l’UDI risque d’avoir des problèmes de tenue de route et pas seulement en hiver par temps de verglas. La dernière présidentielle a montré de quoi Borloo était capable», i ronise un cadre du Modem. «Il ne faudrait pas non plus oublier que Borloo, aujourd’hui grand centriste revendiqué, a soutenu la candidature de Nicolas Sarkozy en 2007», tacle un proche du président du Modem. Réplique d’un responsable de l’UDI : «François Bayrou a bien évidemment sa place au centre. Mais aujourd’hui, il ne pèse plus politiquement et n’a plus de prise sur l’opinion. Alors qu’il ne vienne pas nous dire que sa stratégie d’indépendance qui l’a mené à l’échec constitue un préalable à son ralliement !»

Dans l’entourage de François Bayrou, bon nombre d’élus ont déjà fait leur choix et ont rejoint l’UDI. A l’instar de Jean-Marie Vanlerenberghe, sénateur du Pas-de-Calais, prêt «à lancer des ponts entre Jean-Louis Borloo et François Bayrou». «Moi j’ai franchi le pont. Je suis à l’UDI mais je suis prêt à jouer les médiateurs», ajoute-t-il.

Statuts. Dans le courant de la semaine prochaine, une nouvelle fournée d’élus locaux, inquiets de ne pas retrouver leurs sièges aux municipales de 2014, devraient annoncer leur ralliement à l’UDI. Une vague de départs niée par le plus proche entourage de François Bayrou, qui réfléchit tout de même à la possibilité d’accorder la double appartenance afin d’endiguer cet exode. «Sauf que cela exige de convoquer un congrès pour modifier les statuts. Dans le contexte actuel, personne n’y a intérêt. Sinon cela risque d’être legrand déballage», explique un des élus proche du départ.

«Nous sommes dans une phase de gestation et de redistribution»,tempère Jean-Luc Bennahmias, vice-président du Modem et à l’initiative d’un appel des «démocrates avec la majorité présidentielle», publié hier dans Libération . «Pas question d’abandonner la maison», ajoute Christophe Madrolle, secrétaire général adjoint du Modem et signataire de l’appel. Pour lui, «le Modem en tant que formation politique a vécu. La maison commune doit être transformée». Mais pas sûr que François Bayrou ait les futurs plans en tête.

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