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DE LA LÉGITIMITÉ D’UN PRÉSIDENT…

Conférence de presse de Philippe Dunoyer, Philippe Gomès et Hélène Iékawé

Lors du discours qu’il a prononcé mardi dernier, au nom de la Nouvelle-Calédonie, devant la commission des Nations-Unies chargée d’examiner les questions de décolonisation, Harold Martin a commenté la situation politique du pays en portant une nouvelle charge à l’encontre de Calédonie Ensemble.

Après avoir accusé notre mouvement de vouloir créer des troubles parce que nous œuvrons pour un drapeau commun, après avoir prétendu que nous serions responsables des actes de délinquance de droit commun qui ont émaillé l’actualité récente, il nous accuse maintenant d’avoir créé une situation politique qui inquiète les Calédoniens et qui empêcherait l’adoption « des réformes majeures de réduction des inégalités et de justice sociale (…) ainsi que la réforme fiscale dont la Calédonie a besoin »…

Inutile de préciser que ce discours – prétendument prononcé au nom du gouvernement collégial – n’avait pas été soumis aux membres Calédonie Ensemble, pas plus, semble-t-il, qu’aux autres membres du gouvernement.

Inutile de préciser également que, si les réformes envisagées en matière fiscale sont en cale sèche, c’est parce qu’un parti politique membre de la coalition a posé un préalable.

Inutile de préciser, enfin, que c’est grâce à la détermination de Calédonie Ensemble que certaines réformes de justice sociale aboutissent, notamment l’élargissement du minimum retraite, au travers de l’amendement adopté hier par le congrès de la Nouvelle-Calédonie contre l’avis du gouvernement, ou le plafonnement des frais bancaires, voté par l’Assemblée Nationale à l’initiative de Philippe Gomès et Sonia Lagarde.

Comme l’a très justement dit Paul Néaoutyine, après les dernières élections législatives : « ils gesticulent parce qu’ils ont perdu ». Quatre mois après les législatives, les gesticulations continuent.

Mais c’est la première fois qu’un président du gouvernement attaque un parti politique, membre de l’institution, devant une instance internationale, là où la Nouvelle-Calédonie se doit de parler d’une seule voix, en laissant ses problèmes internes de côté.

Car Harold Martin n’a toujours pas fait le deuil de la coalition RUMP – Union Calédonienne – Parti Travailliste. Ce faisant, il méprise une nouvelle fois la parole exprimée par les Calédoniens les 10 et 17 juin derniers. Il méprise également un mouvement politique qui a été légitimé par le peuple. Car les 45 000 Calédoniens qui ont accordé leur confiance, au deuxième tour des législatives, aux candidats de Calédonie Ensemble, ont exprimé, avant toute autre chose, leur refus de voir l’accord de Nouméa foulé aux pieds par cette coalition et leur envie de voir leur quotidien s’améliorer, notamment en matière de lutte contre la vie chère.

Au nom de qui Harold Martin parle-t-il devant l’ONU ? Au nom de sa mouvance, qui compte 2 élus sur 54 au congrès de la Nouvelle-Calédonie ? Au nom d’une coalition gouvernementale à l’agonie ? Au nom de Pierre Frogier et Gaël Yanno, les candidats qu’il a soutenus et qui ont été battus aux dernières élections ?

Nous lui rappellerons d’abord qu’un homme politique responsable doit s’honorer, à l’extérieur de son pays, à le représenter dignement, et non le salir à chacune de ses interventions.

Nous lui rappellerons ensuite qu’en démocratie, un homme politique, pour prétendre porter la parole du peuple, doit avoir été légitimé par le suffrage universel.

Ce n’est ni son cas, ni le cas de ceux qui l’ont soutenu. Il est temps – maintenant – qu’il en tire toutes les conséquences.

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