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LE RETOUR DES PRÉALABLES ET DES BOYCOTTS


Le bilan de 18 mois de coalition : le retour des préalables et des boycotts

Les partis (RUMP – UC – AE – Parti Travailliste) qui ont formé il y a 18 mois une coalition d’exclusion tout à fait contraire à l’esprit de l’accord de Nouméa, ont tenu ces derniers jours des positions qui renvoient notre pays à certaines périodes tumultueuses de son histoire.

Au « préalable fiscal » du RUMP, l’Union Calédonienne répond aujourd’hui par un boycott du « comité de pilotage sur l’avenir institutionnel ». Celui-là même décidé dans le consensus, lors du comité des signataires de juin 2010, par l’ensemble des formations politiques calédoniennes, afin d’engager un « travail de préparation, qui n’est pas une négociation ».

Ce comité boycotté par l’UC répond pourtant à un besoin essentiel : celui d’un dialogue constructif, documenté, nourri par des exemples, afin de préparer ensemble l’entrée du pays dans la mandature cruciale qui commencera en 2014.

Un dialogue que Calédonie Ensemble appelle de ses vœux depuis sa création. Philippe Gomès déclarait ainsi, en avril 2009, que « dès le mandat à venir, il convient d’engager les discussions, pour les finaliser dans la période 2014-2018 ». De même, dans son discours de politique générale du 31 août 2009, il appelait à la création « entre partenaires de l’accord (…) d’un espace de discussion, libre et informel, où nous pourrions échanger ». Et, lors de la campagne des législatives, il réaffirmait la nécessité de « réfléchir et échanger » dès aujourd’hui, pour préparer une future « négociation transparente, conduite par des représentants légitimes, issus des prochaines élections provinciales, après 2014 ».

Calédonie Ensemble considère que l’accord de Nouméa ne peut être pris en otage par l’UC pour manifester sa mauvaise humeur à l’égard de son partenaire de la coalition. D’une part parce que les mouvements politiques signataires de l’accord de Nouméa sont engagés par leur signature. D’autre part parce que cet accord a été constitutionnalisé et légitimé par 72% des Calédoniens. Il n’est pas la propriété privée de partis politiques – signataires ou non – qui pourraient en disposer comme ils l’entendent : il est devenu la propriété collective des Calédoniens.

Enfin, Harold Martin s’est une nouvelle fois distingué : selon Les Nouvelles, il en a « rajouté une couche », en donnant raison à l’UC « de boycotter le comité de pilotage ». Après son attaque en règle de Calédonie Ensemble devant l’ONU, le président du gouvernement est désormais favorable au boycott d’une institution initiée par le comité des signataires de l’accord de Nouméa : c’est encore une première !

Sa volonté de se maintenir à tout prix à la tête du gouvernement l’a conduit depuis longtemps à glisser du compromis à la compromission. Mais de là à soutenir un tel boycott, il y avait un pas à franchir…  Il l’a franchi, ce qui le disqualifie encore plus pour assumer la présidence de l’institution.

 


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