Accueil ACTUALITÉS « VIE CHÈRE: UNE NOUVELLE ÉTUDE CONFIRME QU’IL EST URGENT D’AGIR »

« VIE CHÈRE: UNE NOUVELLE ÉTUDE CONFIRME QU’IL EST URGENT D’AGIR »

Le CEROM (ISEE – IEOM – AFD) vient de rendre publique une étude montrant que, en moyenne, et en tenant compte des différences dans les pratiques de consommation, le niveau général des prix est, en Nouvelle-Calédonie, supérieur de 34% à celui de la métropole. De tous les territoires ultramarins étudiés, notre situation est de loin la moins enviable, puisque l’écart n’est « que » de 26% en Polynésie et se situe entre 6 et 13% dans les DOM.

Cette étude montre aussi que de nombreux produits et services sont nettement plus chers ici qu’en métropole. Par exemple, le panier-type de produits alimentaires, correspondant aux habitudes de consommation métropolitaines, revient en Nouvelle-Calédonie 90 % plus cher qu’en métropole. Pour l’habillement, c’est +47%, pour le logement et l’énergie, +62% et pour les meubles et l’électroménager, + 59%.

Le CEROM ne nous apprend rien de fondamentalement nouveau, des données ayant déjà, à plusieurs reprises, correctement illustré le problème de la vie chère. Notamment :

  • l’indice « Big Mac » fait de ce produit mondialisé vendu en Nouvelle-Calédonie le 5ème le plus cher de la planète
  • le panier de produits suivi par l’UFC Que Choisir est, ici, 104 % plus cher qu’en métropole

Mais c’est la première fois qu’une enquête aussi complète, émanant d’organismes incontestables, vient mesurer de façon objective le problème de la vie chère en Nouvelle-Calédonie. A ce titre, elle vient confirmer l’urgence qu’il y a à mettre en œuvre des réformes structurelles améliorant le pouvoir d’achat des Calédoniens, notamment celle recommandées par les deux rapports remis par l’autorité de la concurrence le 25 septembre dernier.

Malheureusement, nous constatons que le gouvernement n’a strictement rien fait depuis la mobilisation massive des Calédoniens contre la vie chère, il y a 18 mois.

Nous constatons également que les positions prises par le RUMP vont totalement à l’inverse des recommandations de l’autorité de la concurrence. Notamment :

  • l’autorité recommande l’adoption d’un texte luttant contre les situations de monopole et de position économique dominante, c’est-à-dire une « loi antitrust ». Pourtant, selon Pierre Frogier, « une loi antitrust est une sottise dans un petit pays comme le nôtre »…
  • elle recommande également de ne plus autoriser les deux groupes dominants en place à ouvrir de nouvelles surfaces commerciales. Pourtant, l’actuel exécutif de la province a déclaré, encore très récemment, qu’il accorderait toutes les autorisations qui lui seraient demandées, sans tenir aucun compte de la situation en matière de concurrence.

Extrait de l’étude CEROM (comparaison des prix entre la Nouvelle-Calédonie et la métropole):

« Les produits alimentaires concentrent de loin les plus forts écarts de prix avec la métropole. Un métropolitain avec ses habitudes alimentaires paierait 89% de plus s’il consommait à l’identique en Nouvelle-Calédonie. A l’exception notable des viandes de boeuf, la plupart des produits alimentaires sont beaucoup plus chers.

L’alimentation contribue à elle seule à hauteur de 28% au différentiel total de prix avec la métropole. Le surcoût des produits alimentaires est un phénomène commun à l’ensemble des géographies ultra-marines.

Toutefois, les écarts en Nouvelle-Calédonie sont nettement plus marqués que dans les DOM (de 34% en Guadeloupe à 49% en Guyanne) et même en Polynésie Française (+75%). »

 

 

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