Accueil ASSEMBLÉE NATIONALE SONIA LAGARDE DANS LE DÉBAT EGALITE HOMME-FEMME

SONIA LAGARDE DANS LE DÉBAT EGALITE HOMME-FEMME

Mardi 30 octobre 2012, la députée de la première circonscription de Nouvelle-Calédonie s’est exprimée comme porte-parole du groupe UDI dans le cadre du débat Egalité Homme-Femme. Depuis toujours, ardente défenseure des droits des femmes « pour qu’aucun talent ne soit gâché » Sonia Lagarde a plaidé, au nom de l’UDI, pour refuser les conservatismes et les sectarismes en tout genre encore présents dans la loi.

Ci-joint, le compte-rendu de l’intervention de Sonia Lagarde :

Monsieur le président, madame la ministre, mes chers collègues, le sujet de l’égalité entre les femmes et les hommes est, avouons-le, souvent perçu comme une sorte de marronnier, une rengaine, une litanie.

Tout le monde semble d’accord sur le fond, tellement d’accord et depuis tellement longtemps que le sujet devrait être d’anthropologie. Mais, il reste d’actualité.

Beaucoup de travail a été fait depuis soixante-dix ans. Je pense à la loi de 1980 qui fait enfin du viol un crime, à la loi de 1967 qui autorise la contraception, au combat de Simone Veil pour l’interruption volontaire de grossesse et pour le divorce par consentement mutuel, en 1975, aux lois de 2006 et 2010 traitant des violences conjugales, mais aussi aux nouveaux droits réels des femmes dans la vie civile, professionnelle et politique grâce à la loi de 2000 sur la parité des candidatures politiques, qui a permis dès les élections municipales de 2001 de passer de 25,7 % à 47,5 % de femmes élues, enfin aux lois de janvier 2011 et de février 2012 imposant des quotas de femmes dans les conseils d’administration des grandes entreprises comme dans les rangs de la haute fonction publique.

Ce sujet n’est donc pas un marqueur politique. Il ne doit pas pour autant devenir un cliché. Il reste beaucoup à faire.

Ainsi que vous l’avez dit de maintes façons, madame la ministre, comme les collègues qui viennent de me précéder à cette tribune, le travail des femmes reste sectorisé, parcellisé, précarisé ou fonctionnarisé et, le plus souvent, non valorisé, notamment par des postes à responsabilités dans le secteur public comme dans les entreprises privées : 15 % de femmes dans les instances dirigeantes des groupes du CAC 40, 2 % de PDG femmes, 60 % des effectifs dans la fonction publique mais seulement 10 % des hauts fonctionnaires.

Et, je ne peux pas taire ce chiffre atroce, insupportable des 50 000 femmes qui sont, chaque année, violées ou violentées derrière les portes fermées de leur foyer. Et je ne peux pas taire le fait que la Nouvelle-Calédonie d’où je viens bat bien des records dans ces atrocités. On connaît bien ces interrogations et ces abominations. Mais il faut se poser les bonnes questions pour penser la place et le rôle des femmes.

C’est vrai qu’à certains égards nous sommes plus le pays des droits de l’homme que celui des droits de la femme et nous devons faire mieux car nous avons le besoin impératif de redonner du souffle à notre pays et à son économie, de rassembler toute notre ressource humaine nationale, de créer des mixités dans les entreprises comme dans le secteur non marchand, parce que c’est une condition de l’efficacité collective.

Ouvrons aux femmes les nouveaux secteurs économiques, notamment ceux de la révolution écologique, à des postes de responsabilité, à la tête d’entreprises.

Les femmes sont une ressource nouvelle pour notre société qui a besoin de se renouveler. Quand je vous dis cela, je ne montre pas du doigt le conservatisme masculin. D’ailleurs, le conservatisme est une façon d’être qui ignore aussi bien les frontières partisanes que les genres sexuels. Et ce sont les femmes elles-mêmes qui souvent transmettent le relais de ce qui les lie au passé.

Et quand je vous dis cela, je ne veux pas non plus rallumer les feux d’un féminisme soixante-huitard. Ce combat a pris aujourd’hui le visage des plus jeunes d’entre nous, cette génération Y des 18-30 ans. Cette génération de la débrouille et de l’empirisme dans une société peu accueillante n’attend pas la construction de nouvelles Bastille ou de lignes Maginot, fussent-elles pour son propre bien. Elle attend légitimement que le monde s’ouvre à elle, sans trop d’entraves.

Les quotas ne parlent pas beaucoup à ces femmes. Elles plaident plutôt pour la modification des critères d’évaluation, des rythmes et des lieux de travail, pour de nouvelles modalités de garde de leurs enfants, ou pour une sensibilisation des salariés.

Il faut écouter cette jeunesse, sans a priori, juste avec le désir de faire avancer toute notre communauté nationale, unie, rassemblée. Il faut être innovant pour qu’aucun talent ne soit gâché.

Nous le comprenons toutes et tous, au-delà du combat de l’égalité homme-femme, le message fondamental de notre République est là. C’est celui de la fraternité, c’est celui du refus des conservatismes et des sectarismes de tous genres. (Applaudissements sur tous les bancs.

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