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LE RUMP ET LA CONCURRENCE: GRAND REVIREMENT OU GROSSE FICELLE ?

Lors de la conférence de presse organisée vendredi 26 octobre sur les questions de vie chère et de concurrence, certains élus du RUMP ont tenu des positions totalement contraires à la doctrine de leur mouvement.

Sur la loi anti-trust :

Alors que le RUMP s’est toujours opposé au principe même de cette loi, Pierre Frogier ayant déclaré dans les Nouvelles du 11 juin 2011 qu’« une loi anti-trust est une sottise dans un petit pays comme le nôtre », voilà maintenant que le RUMP serait prêt à voter une loi du pays « visant à lutter contre les concentrations abusives et les pratiques anticoncurrentielles » – c’est-à-dire une loi anti-trust…

Sur les autorisations d’urbanisme commercial :

Alors que l’exécutif de la province Sud répète depuis 16 mois que sa doctrine consiste à accorder toutes les autorisations qui lui sont demandées pour de nouvelles surfaces commerciales, sans tenir aucun compte de la situation en matière de concurrence (cf. Pierre Frogier, dans les Nouvelles du 11 juin 2011, ainsi que Pascal Vittori, lors du journal télévisé du 10 octobre 2012), voilà maintenant que le RUMP serait prêt à suivre les recommandations de l’autorité de la concurrence, selon laquelle il est indispensable d’examiner chaque demande vis-à-vis de la situation locale en termes de concurrence, si l’on ne veut pas renforcer la place des deux groupes déjà dominants…

Sur le contrôle des prix :

Alors qu’il y a 6 mois, Sonia Backès déclarait que le gouvernement ne voulait plus de « mesurettes » contre la vie chère, et que la solution c’était de « bloquer le prix ou les marges de 400 produits » (OFM, 23 mai 2012), voilà maintenant que le RUMP serait rallié à l’idée que « le contrôle des prix et des marges est contre-productif » (communiqué du 26 octobre 2012).

Nous, à Calédonie Ensemble, nous n’ajustons pas nos positions en fonction des circonstances, comme vient de le faire le RUMP. Au contraire, nous avons dans nos gènes la volonté de réformes justes, que nous avons annoncées de très longue date et pour lesquelles nous nous battons avec constance, dans l’intérêt des Calédoniens :

  • –  dès 2009, pendant la campagne des provinciales, nous nous sommes engagés en faveur d’une loi anti-trust et d’une réforme de l’urbanisme commercial.

–  notre programme de réformes a été confirmé dans la déclaration de politique générale du gouvernement Gomès.

  • – dès le 7 mai 2010, nous avons condamné publiquement l’autorisation accordée par l’exécutif de la province Sud au groupe Lavoix, déjà archi- dominant, pour un nouvel hyper-marché de 10 000 m2.
  • – et, lors de nos conférences de presse des 3 et 19 octobre 2012, nous avons salué publiquement les recommandations de l’autorité de la concurrence.

Nous nous réjouissons évidemment de voir aujourd’hui le RUMP mettre ses pas dans nos traces. Mais quel crédit peut-on donner à ces annonces portées seulement par certains de ses élus ? Jusqu’où va leur engagement en faveur d’une remise en cause des monopoles ? Veulent-ils réformer ou seulement annoncer des réformes ?

Il y a aucune chance, en effet, que ces réformes aboutissent si elles ne sont pas portées par un gouvernement volontaire.

En proposant de réformer les règles de la concurrence par le biais de propositions qu’il compte déposer seul sur le bureau du congrès, le RUMP reconnait de facto que le gouvernement issu d’une coalition défunte n’est pas en mesure de porter les réformes que les Calédoniens attendent. 

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