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UN BUDGET INEPTE, À L’IMAGE DE LA COALITION

Point-presse de Philippe Dunoyer Jeudi 15 novembre 2012

Pour tout gouvernement, l’élaboration d’un projet de budget est un acte politique fort, qui permet d’exprimer des priorités, d’engager des réformes destinées à améliorer le quotidien des citoyens et de tracer des pistes pour l’avenir.

Pour tout gouvernement, sauf le gouvernement Martin…

C’est en effet un projet de budget primitif 2013 sans aucune ligne de force qui a été approuvé ce matin. Un projet sans cap, tout à fait à l’image de ce gouvernement naviguant à vue, qui n’a diffusé aucun document cadrant la préparation de ce budget et orientant l’action des différentes directions du gouvernement.

Ainsi, après les rapports de l’autorité de la concurrence et du CEROM, après la signature, le 12 juin dernier, par l’ensemble des mouvements politiques du pays, des « accords économiques et sociaux », on pouvait espérer que le projet de budget adopté ce matin marquerait un tournant dans la lutte contre la vie chère.

Eh bien c’est raté : la lutte contre la vie chère n’est même pas mentionnée dans l’introduction, à caractère politique, du projet de budget ! Et, dans les 700 pages qui suivent, on ne retrouve aucune trace de la loi anti-trust, de la rationalisation de la TGI, de la création d’un produit d’épargne calédonien, de la tarification sociale de l’électricité, de la création d’une mutuelle complémentaire obligatoire, etc. Bref, le gouvernement semble ne pas avoir remarqué que les mouvements politiques du congrès s’étaient engagés à mettre en œuvre les « accords économiques et sociaux ».

Sa seule mesure nouvelle sur la vie chère est la création d’un site internet « Info Conso » ! Même le projet de « chèque repas », mesure-phare de la déclaration de politique générale du 28 novembre 2011, est passé aux oubliettes…

Concernant l’emploi, le projet de budget reconnait que « le marché du travail donne des signes de ralentissement ». Pourtant, pour répondre à cet enjeu, le gouvernement Martin ne propose que de travailler sur la qualification des Calédoniens, ce qui ne répond nullement au problème dans la mesure où les diagnostics économiques établis ces derniers mois par l’IEOM, l’ISEE et la CELECO-BTP ont fait clairement ressortir que la stagnation de l’emploi résultait d’un déficit d’activité économique, tout particulièrement dans le secteur du bâtiment. Le projet de budget se devait donc d’évoquer le renforcement de la commande publique en logements sociaux, d’autant qu’il s’agit, là aussi, d’une mesure explicitement prévue par les « accords économiques et sociaux ».

Rares sont, dans ce projet de budget, les mesures s’inscrivant dans une politique cohérente, fondée sur une analyse rationnelle et concertée des choix possibles. Par exemple, à défaut d’un schéma de l’énergie et du climat, comment savoir s’il faut engager un programme en faveur des véhicules électriques, déjà exonérés de TGI ? En tous cas, l’« expertise collégiale sur l’énergie », réalisée en 2010 par l’IRD à la demande du gouvernement, recommandait de l’éviter.

De nombreuses mesures sont grassement dotées, pour des retombées douteuses. Qui est convaincu, par exemple, qu’il faut dépenser 365 millions pour « développer les usages de l’économie numérique» ou 35 millions pour organiser à Nouméa des « rencontres océaniennes du développement durable » ? Qu’il faut augmenter de 360 millions (+60%) les crédits dédiés au « soutien et pilotage » du gouvernement ou doubler ceux dédiés à sa politique de communication ?

Le projet de budget contient également des mesures que nous dénonçons fermement, telle que l’élaboration d’une réglementation sur les jeux de hasard, destinée à préparer l’arrivée de la Française des jeux, qui n’a fait l’objet d’aucun débat préalable, ni au gouvernement, ni au congrès.

Nous dénonçons aussi le fait que nous avons été, comme d’habitude, mis à l’écart de l’élaboration de ce projet de budget. Aucune réunion de collégialité n’a d’ailleurs été organisée pour une lecture en commun, qui nous aurait permis de faire valoir notre point de vue.

Enfin, nous trouvons tout simplement sidérant que le gouvernement ait approuvé ce matin un document totalement bâclé et incomplet, dans lequel de très nombreux chiffres manquent et dont le texte n’est, par endroits, qu’un copier-coller de celui du budget 2012.

Pour toutes ces raisons, les élus Calédonie Ensemble ont voté contre ce projet de budget.

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Depuis Paris où j’assiste actuellement aux travaux de l’Assemblée nationale, j’ai été info…