Accueil ASSEMBLÉE NATIONALE SONIA LAGARDE SOUTIENT LA PARITÉ – 31/01/13

SONIA LAGARDE SOUTIENT LA PARITÉ – 31/01/13

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Sonia Lagarde est intervenue le 31 janvier 2013 à l’assemblée au nom de l’UDI mais aussi à titre personnel sur une proposition de résolution tendant à modifier le règlement intérieur de l’assemblée nationale afin d’instaurer la faculté pour les groupes politiques de se doter d’une coprésidence paritaire.

Les députés UDI n’ont pas souhaité participer au vote au motif que cette proposition n’apportait pas de vraie réponse quant à la parité stricte à l’assemblée. Tout en étant d’accord sur ce point, la députée de la Nouvelle-Calédonie a tout de même voté favorablement cette proposition qui est une « toute petite avancée » même si elle est facultative. Elle l’a fait, explique-t-elle : « au nom de la solidarité féminine et en accord bien sur avec l’UDI qui a compris ma position. »

Vous pouvez trouver ci-joint le compte-rendu intégral de l’intervention de Mme Lagarde :

M. le président.

La parole est à Mme Sonia Lagarde.

Mme Sonia Lagarde.

Monsieur le président, monsieur le ministre, madame la rapporteure, mes chers collègues, il aura fallu bien des années pour que la présence des femmes au sein des instances politiques, leur accès à des responsabilités équivalentes à celles des hommes et l’idée même d’une véritable gouvernance paritaire soient reconnus par tous comme les conditions nécessaires à l’exercice d’un pouvoir équilibré. Cet équilibre, fondé sur un partage équitable des responsabilités, doit permettre aux femmes, qui constituent 52 % de la population française, d’être réellement représentées, d’être entendues, de défendre leurs idées et d’imposer leur propre vision de la société. Aujourd’hui, chacun semble d’accord sur le fond et reconnaît que les femmes doivent pouvoir peser, au même titre que les hommes, dans la prise des décisions qui concernent l’avenir de nos concitoyens.

Pourtant, malgré cette apparente prise de conscience collective, la parité en politique n’est pas toujours une réalité. Elle n’est encore qu’un idéal vers lequel on devrait tendre. Elle est d’ailleurs souvent considérée comme un sujet accessoire, que l’on reléguerait au second plan.

En faisant ce constat, je ne renie pas les avancées significatives réalisées ces dernières années, sous l’impulsion de gouvernements et de parlements de droite comme de gauche. Je pense à l’introduction dans notre Constitution, en 1999, du principe de l’égal accès des hommes et des femmes aux mandats électoraux et aux fonctions électives.

Mme Catherine Coutelle.

C’est la gauche !

Mme Sonia Lagarde.

Je pense à la loi du 6 juin 2000 sur la parité des candidatures politiques.

Mme Catherine Coutelle.

Toujours la gauche !

Mme Sonia Lagarde.

Je pense encore aux lois de 2007 et 2008 qui ont étendu l’obligation de parité aux exécutifs régionaux et municipaux.

Si nous sommes aujourd’hui 155 femmes à siéger sur les bancs de cet hémicycle – c’est un record historique dans notre assemblée ! –, c’est en partie grâce à ces lois qui ont permis d’amorcer une féminisation des instances décisionnaires.

M. Philippe Doucet.

Ce n’est pas grâce à l’UMP ni à l’UDI !

Mme Catherine Coutelle.

Ils préfèrent payer des amendes !

Mme Sonia Lagarde.

Si les femmes représentent, dans les conseils régionaux, 48 % des élus alors qu’elles n’étaient que 9 % en 1986, c’est encore en partie grâce à ces lois.

Malheureusement, les chiffres sont aussi là pour attester de la lenteur de cette progression. Si nous nous en tenons à ce rythme de progression, la parité à l’Assemblée nationale ne sera effective que dans quinze ans,…

M. Bruno Le Roux.

Très bien !

Mme Sonia Lagarde.

…et nous ne pouvons que le déplorer.

Les femmes sont encore moins nombreuses dans les conseils généraux, où elles ne représentent que 12 % du total des élus, un chiffre à peu près semblable à la proportion de femmes maires. En outre, la progression est loin d’être assurée puisque le Sénat a connu, pour la première fois de son histoire, un recul de la part des femmes qui le composent par rapport à 2008.

Ces constats révèlent que la parité n’est pas uniquement une question de législation. Au fond, l’un des principaux obstacles à l’égalité – non pas seulement formelle, mais aussi réelle – entre les sexes est bien une question de mentalité. S’il est aisé d’édicter des règles, rien n’est plus difficile que de modifier en profondeur le comportement de nos contemporains voire de certaines formations politiques.

De par ses traditions, de par la famille politique à laquelle elle appartient, l’UDI est un mouvement humaniste, progressiste, écologique, européen, social, et un grand défenseur de la parité. Créée après les élections législatives, elle est un parti neuf, qui peut de ce fait progresser là où les autres connaissent encore des défaillances, et qui entend dès maintenant travailler à l’émergence d’une nouvelle génération de femmes en politique.

La proposition de résolution du groupe écologiste a pour objectif d’étendre le principe de parité au sein même de la présidence des groupes en favorisant une pratique plus collégiale du pouvoir. On a pu entendre, ici ou là, l’opposition de parlementaires qui craignent que le texte ne provoque une rupture avec notre système traditionnel dans lequel une personne représente un groupe. Pour d’autres, cette proposition de résolution nous obligerait à remettre en question tout le fonctionnement de nos instances politiques, en étendant le principe de coprésidence à la présidence de l’Assemblée nationale, aux vice-présidents, voire à la présidence de la République, aux maires et aux présidents de conseil général ou régional.

À mon sens, l’adoption de cette proposition serait plutôt l’occasion de développer une pratique du pouvoir différente, qui fasse davantage place à la collégialité et au partage des responsabilités entre les hommes et les femmes.

Mme Catherine Coutelle.

Très bien !

M. Paul Molac.

Excellent !

Mme Sonia Lagarde.

C’est justement de ce type d’innovation dans la gouvernance de notre régime représentatif dont nous avons besoin pour étendre la parité à un maximum d’échelons de décision. Le renouvellement de la classe politique par l’émergence des femmes est nécessaire à la respiration de la vie démocratique. C’est la raison pour laquelle je suis, à titre personnel, favorable à ce texte. (Applaudissements sur les bancs du groupe écologiste et sur plusieurs bancs du groupe SRC.)

En revanche, les députés du groupe UDI émettent plusieurs réserves sur cette proposition de résolution.

La première réserve, que je partage, est qu’une coprésidence paritaire aurait plus de force si elle était assortie d’une obligation et non d’une faculté pour les groupes de s’en doter.

M. François de Rugy.

Déposez un amendement, alors !

Mme Sonia Lagarde.

Le fait que chacun des groupes soit présidé par un homme et une femme permettrait par ailleurs de lever tous les doutes sur le risque d’inégalité entre les groupes que cette mesure pourrait susciter.

Dans la même logique, une coprésidence des groupes n’aurait de sens réel que si la parité était effective au sein de notre assemblée. Or, mesdames, nous ne sommes actuellement que seulement 26,6 %.

M. Dominique Raimbourg et M. Marc Dolez.

Il faut adopter la proportionnelle !

Mme Sonia Lagarde.

Pour l’ensemble de ces raisons, les députés du groupe UDI ne participeront pas à ce vote.

M. Noël Mamère.

Courage, fuyons !

Mme Sonia Lagarde.

Cependant, en tant que femme, je sais l’importance et la nature des combats qu’il nous reste à mener pour qu’un jour, enfin, nous ayons la fierté de voir dans cet hémicycle autant d’hommes que de femmes. Quand nous y serons parvenus, la représentation nationale prendra tout son sens. Cette reconnaissance, il nous appartient de la conquérir. C’est tout le travail qu’il nous reste à accomplir !

Je conclus en vous disant qu’il ne faut jamais désespérer de rien, car je sais que la combativité est en chacune de nous. J’ai même envie de dire que c’est notre lot quotidien !

Comme je l’ai déjà indiqué, j’émets un avis favorable et solidaire sur cette proposition de résolution. (Applaudissements sur les bancs du groupe écologiste et sur de nombreux bancs du groupe SRC.)

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