Accueil ASSEMBLÉE NATIONALE PREVENTION ET LUTTE CONTRE LA VIOLENCE EN MILIEU SCOLAIRE – 21/02/13

PREVENTION ET LUTTE CONTRE LA VIOLENCE EN MILIEU SCOLAIRE – 21/02/13

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Lors de la séance du jeudi 21 février 2013, le député Philippe Gomès est intervenu à de nombreuses reprises à l’occasion de la discussion d’une proposition de loi sur la prévention et la lutte contre la violence scolaire. Au nom du groupe UDI, le député de la seconde circonscription a soutenu l’ensemble du projet de loi et a notamment défendu le dispositif de responsabilité parentale qui fut malheureusement supprimé.

Selon Philippe Gomès : « Ce dispositif de responsabilité parentale est majeur, parce que les victimes des violences, ce sont d’abord les enfants dans les établissements scolaires, mais ce sont aussi les personnels scolaires, ce sont aussi les familles »

Vous trouverez ci-dessous, l’ensemble des retranscriptions de ces interventions :

Mme la présidente. La parole est à M. Philippe Gomes.

M. Philippe Gomes. Le groupe UDI soutient cet article 1er, ainsi que l’ensemble du projet de loi, comme notre collègue Rudy Salles l’a indiqué tout à l’heure. La loi Ciotti, même si elle fut extrêmement caricaturée dans cette enceinte, a abouti à ce que, sur 80 000 signalements, il n’y ait, au bout du compte, que 1 500 mesures de suspension des allocations familiales, ces allocations étant rétablies dès lors que, dans le délai d’un mois, l’élève n’est pas absent plus de quatre demies journées.

Ce dispositif progressif n’a pas pour objet de « stigmatiser », terme insupportable, mais d’accompagner, de soutenir, d’aider des familles démunies, qui elles aussi sont victimes. Ce n’est qu’une fois constaté l’échec de ces mécanismes de soutien et d’écoute qu’une sanction peut être prise, en sachant qu’elle peut être levée si, dans le mois qui suit, une nouvelle absence n’est pas constatée.

Ce système a donc fait la preuve de sa pertinence : si seulement 1 500 signalements sur 80 000 ont conduit à une mesure de suspension, cela signifie que dans 98 % des cas, la procédure initiée par la loi Ciotti a été fructueuse et utile.

Appliquer une procédure de ce type au traitement d’un autre fléau, celui de la violence, me paraît une excellente mesure. Car la violence stigmatise les établissements et les classe sur une liste noire des établissements à éviter. Des élèves en viennent à ne plus venir à l’école parce qu’ils y sont harcelés.

Nous voterons cet article.

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Mme la présidente. La parole est à M. Philippe Gomes.

M. Philippe Gomes. Le groupe UDI appelle à voter contre cet amendement de suppression.

D’une part, la stigmatisation du dispositif Ciotti est tout à fait inacceptable, dans la mesure où il a été instauré récemment et qu’il n’a pas pu véritablement s’installer durablement dans le paysage, comme tout dispositif qui demande du temps.

D’autre part, une fois qu’on a laissé un dispositif s’installer, après une, deux ou trois années, on l’évalue sérieusement et c’est en fonction de cette évaluation que l’on décide s’il est pertinent ou pas, s’il est efficace ou pas. Toute autre procédure relève donc du procès d’intention, ou du procès en sorcellerie !

En l’espèce, ce dispositif, dans le temps qui lui a été donné pour s’installer, a produit les résultats que j’ai rappelés tout à l’heure : 80 000 signalements qui aboutissent à 1 500 suspensions, soit 98 % de réussite.

Enfin, le contrat de responsabilité parentale, qui est au cœur du processus, en appelle à la responsabilité – ce n’est pas un gros mot ! – des parents. Il aurait dû, à mon sens, produire ses fruits dès lors qu’il s’insère dans un dispositif global tel que l’a rappelé Luc Chatel, dispositif global au sein duquel se situe le recrutement des 500 assistants qui a été rappelé tout à l’heure.

Ce dispositif de responsabilité parentale est majeur, parce que les victimes des violences, ce sont d’abord les enfants dans les établissements scolaires, mais ce sont aussi les personnels scolaires, ce sont aussi les familles qui ont des enfants dans des établissements particulièrement turbulents, et ce sont, enfin, les établissements eux-mêmes, qui finissent pas être mis sur une liste noire et sont évités par la majeure partie des familles. Au bout du compte, les victimes des violences, c’est l’ensemble des acteurs de notre système éducatif.

Donc, lutter contre les violences scolaires de manière préventive, dans le cadre qui était proposé, me paraissait une excellente méthode.

C’est pour ces raisons que nous voterons contre cet amendement de suppression.

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Mme la présidente. La parole est à M. Philippe Gomes.

M. Philippe Gomes. Nous soutenons l’amendement du rapporteur.

Des chiffres particulièrement explicites sont indiqués dans l’exposé sommaire. J’insiste sur ces chiffres, même si j’en ai parlé de manière globale tout à l’heure. Entre février et juillet 2011, il y a eu 51 000 signalements, 32 000 avertissements ont été adressés, 12 000 élèves ont fait l’objet d’un deuxième signalement et seulement 277 demandes de suspension ont été adressées aux caisses d’allocations familiales. Les allocations ainsi suspendues sont susceptibles, dès lors que, dans le mois qui suit, quatre demi-journées successives d’absence n’ont pas été constatées, d’être rétablies rétroactivement.

Je considère que le caractère progressif du dispositif a pleinement joué son rôle. Il en est de même pour l’année 2011-2012, avec près de 80 000 signalements, dont 75 % ont donné lieu à un avertissement. Il y a eu ensuite 21 000 « deuxièmes signalements », suivis, pour 1 418 d’entre eux, d’une demande de suspension adressée à la CAF, avec, là aussi, la possibilité, au bout du compte, de rétablir les allocations familiales.

Compte tenu du faible temps d’application de ce dispositif, il est clair que la procédure progressive a eu un effet particulièrement dissuasif et qu’elle a conduit un certain nombre de parents à exercer, autant que faire se pouvait, leurs responsabilités vis-à-vis de leurs enfants.

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Mme la présidente. La parole est à M. Philippe Gomes.

M. Philippe Gomes. Aller jusqu’à passer au Kärcher le contrat de responsabilité parentale me semble redoutable. Si j’ai bien compris, c’est la stigmatisation liée à la suppression, fût-elle extrêmement résiduelle, des allocations qui aboutit à ce combat idéologique contre la loi Ciotti, appliqué aujourd’hui aux violences scolaires. Mais le contrat de responsabilité parentale, gardons-le ! C’est une bonne initiative, et une bonne manière d’associer les collectivités et la communauté éducative dans l’accompagnement de familles parfois en grande difficulté, en déshérence, désemparées !

M. Guy Geoffroy. Évidemment !

M. Philippe Gomes. Complétons-le, renforçons-le, revoyons-le, mais ne le supprimons pas ! Arrêtons-nous au seuil de l’idéologie qui va jusqu’à faire du mot « responsabilité » un terme honni au sein d’un texte visant à lutter contre les violences scolaires ! Bien évidemment, nous souhaitons le maintien du dispositif permettant la suspension des allocations familiales que l’actuelle majorité veut supprimer.

M. Guy Geoffroy. Très bien !

(L’amendement n° 13 est adopté et l’article 2 est ainsi supprimé.)

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