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NC9: GARANTIE 100% PROPAGANDE !

Conférence de presse du 15 mars 2013

La décision du CSA autorisant le projet de télévision NC9 a été publiée au JORF du 21 février dernier. Cette publication confirme toutes les craintes que l’on pouvait nourrir sur ce projet de télévision prétendument consensuelle, appelé à être financé sur des fonds publics, au profit exclusif de deux partis politiques.

Les documents publiés attestent en effet que NC9 est dirigée par une association exclusivement composée de responsables du RUMP et qu’elle est surveillée par un « comité du pluralisme », également contrôlé par le RUMP. Ils confirment également que la fameuse « cellule de consensualité », prévue pour garantir la représentativité des différents courants politiques du Congrès, est totalement « bidon ». Enfin, cerise sur le gâteau, l’ensemble du dispositif se trouve placé sous le contrôle officiel d’une représentation locale du CSA, totalement noyautée par les représentants du Rassemblement UMP et de l’Union Calédonienne.

1°) Une association NC9, totalement contrôlée par le RUMP :

Les membres du bureau de l’association ICI, promoteurs déclarés du projet NC9, sont : Bruno MEGE, président et « directeur de la publication » ; Elisabeth NOUAR, vice-présidente ; Jean-François BODIN, trésorier et Serge LAMAGNÈRE, secrétaire.
Le premier est conseiller en communication de Pierre FROGIER, la deuxième et le troisième sont respectivement directrice générale et directeur général adjoint de RRB, la radio aux ordres de Pierre FROGIER, et le quatrième est la personne à qui Pierre FROGIER a personnellement confié la mission de concevoir ce projet de télévision. L’association ICI, porteuse du projet NC9, est donc totalement inféodée au Rassemblement UMP.

2°) Un comité du pluralisme composé de militants politiques :

Ce comité est théoriquement composé de « personnalités indépendantes ». Il a pour mission d’« établir un bilan annuel » et il « peut être consulté » par le CSA. Ses membres sont officiellement chargés de « veiller au respect du pluralisme » de l’information diffusée par NC9.

En l’espèce, le JORF nous apprend que ce comité est composé de Mme Anne-Marie MESTRE et de MM. Bernard BERGER et Sylvain HONS.
Or l’engagement politique de ces trois personnalités publiques est connu de tous. Et en l’occurrence, il ne permet pas de les qualifier de « personnalités indépendantes » :

– Anne-Marie MESTRE, présidente d’une association de défense des droits de la femme,

a été candidate aux élections provinciales de 2004 sur la liste RPCR et élue municipale RUMP de la ville de Nouméa jusqu’en 2008 ;

– Bernard BERGER, dessinateur très connu des calédoniens, s’exprime régulièrement sur RRB,

en affichant ses sympathies pour le RUMP et pour la levée du drapeau du FLNKS, et son antipathie à l’encontre de Calédonie Ensemble 1;

– Enfin, Sylvain HONS, président d’une fédération d’associations de parents d’élèves, était 9ème de liste du RPC aux provinciales de 2009.

3°) Une « Cellule de consensualité » sans aucune attribution :

Cette structure, présentée comme la garantie indiscutable du respect du pluralisme par NC9, devrait être composée au prorata de la représentativité des différents « courants » politiques présents au congrès et de différentes personnalités de la société civile, désignées par cooptation.

Le problème est que la convention passée entre les promoteurs de NC9 et le CSA ne lui confère strictement aucun rôle. Elle ne prévoit même pas qu’elle puisse être consultée par le CSA !!!

4°) Une représentation locale du CSA « verrouillée » par le Rump et l’UC :

Le « comité territorial de l’audiovisuel » (CTA), qui sera chargé, au nom du CSA, de vérifier que la chaine respecte la loi sur l’audiovisuel, ainsi que sa convention,

est totalement contrôlé par les représentants du RUMP et de l’UC.

Or, mis à part le président du tribunal administratif de Nouméa, président de droit du CTA, tous les autres membres sont des politiques :

Le secrétaire général du CTA est Yves Tissandier,

membre de l’état-major du RUMP, nommé par Pierre Frogier au Conseil Economique et Social, représentant officiel du candidat du RUMP aux dernières législatives, dans la 1ère circonscription ;

1 Comme par exemple, le 2 janvier dernier, lors d’une rétrospective de l’année 2012 : « Certains ont joué la carte d’être élu à tout prix sans penser aux intérêts du pays (…). Les Calédoniens n’ont pas voté pour ces deux députés, c’est tout bête mais c’est comme ça puisqu’en fait le corps électoral est un corps électoral extra-calédonien. (…) On a entendu à la fois un monsieur Gomès qui s’accrochait au drapeau français comme ça nous a rappelé quand même, même pas les années 80, ça rappelle plutôt l’époque de la création de l’UC (…) »

Ses autres membres sont :

– Fizié Bolé,

candidat RUMP aux provinciales de 2009, grand électeur désigné par le RUMP aux sénatoriales de 2011, conseiller municipal RUMP de Nouméa, depuis août 2012

– Téva Sliman, militant du RUMP,

ancien collaborateur de membres RUMP du gouvernement de la Nouvelle-Calédonie (Bernard Deladrière, puis Sonia Backès) ;

– Viviane Arhou Boahoume,

militante de l’UC, candidate du FLNKS lors de l’élection du Gouvernement de novembre 2002, candidate de la liste UC – FLNKS en province Sud aux provinciales de 2009.

– Brigitte Briand,

militante UC, ancienne collaboratrice de membres UC du Gouvernement (Jean Louis d’Anglebermes et Gilbert Tuyenon), candidate de la liste UC- FLNKS aux provinciales de mai 2009.

Qui pourrait croire qu’avec une telle composition, le CTA pourra dénoncer la mainmise du RUMP sur la ligne éditoriale du journal non-indépendantiste, ou la mainmise du de l’UC sur la ligne éditoriale du journal indépendantiste ?

Au bilan, nous avons donc dans ce dossier, une association aux ordres d’un parti politique, un comité chargé du respect du pluralisme inféodé à ce même parti, une cellule de consensualité bidon, et un CTA sous le contrôle politique des deux mouvements qui décideront de la ligne éditoriale de NC9, dans le cadre de la coalition politique qu’ils ont constitué pour prendre le contrôle de toutes les institutions du pays…

Dans ces conditions, il apparaît désormais incontestable que NC9 sera une télé de propagande politique, financée sur fonds publics, en violation des principes les plus élémentaires de notre démocratie.
Comme la plupart des calédoniens, nous n’acceptons cette perspective.
Nous saisissons donc, dès aujourd’hui, le CSA sur les problèmes soulevés par ces différentes structures, afin d’obtenir une révision de leur composition.

Post-scriptum :

Quelques heures après notre conférence de presse, madame Anne-Marie Mestre nous a contactés pour nous préciser qu’elle avait effectivement été sollicitée il y a plusieurs mois par les porteurs du projet NC9 en vue d’être nommée au « comité de pluralisme », mais qu’elle leur avait explicitement signifié son refus. Mme Mestre nous a également informés qu’elle venait de saisir le CSA d’une demande de faire retirer son nom de la convention avec NC9.

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