Accueil VU SUR LE WEB LA REVUE DE PRESSE DU 17 AVRIL: LE FEU D’ARTIFICE

LA REVUE DE PRESSE DU 17 AVRIL: LE FEU D’ARTIFICE

LNC

Le numéro de Les Nouvelles Calédoniennes du mercredi 17 avril 2013 nous offre un 14 juillet avant l’heure dans un feu d’artifice d’informations plus édifiantes les unes que les autres. Jugez-en plutôt :

Page 4 : condamnés en appel, après l’avoir été en première instance, à un an de prison avec sursis et deux de privation des droits civiques pour fraude électorale à Ouvéa, la vice-présidente de la Province des Îles et l’ancien maire se sont pourvus en cassation au prétexte que : « À Ouvéa, on a toujours fait comme ça ».

« Pénibles, ils sont ces juges à ne pas respecter les traditions… »

Page 5 : Monsieur Loueckhote, pour qui on a évidemment le plus grand respect, va avoir l’occasion de tromper son désœuvrement grâce à monsieur Frogier. Tel l’hôte de la cultissime pub Ferrero Rocher, notre ancien sénateur se voit confier, par l’homme de l’Opuscule, la charge honorifique d’ambassadeur auprès de tous ceux qui veulent bien le recevoir et l’écouter. Pour une fois donc, il ne sera pas juste l’ambassadeur de lui-même. Le but, nous dit-on, serait : « outre de fédérer, de mettre en avant une nouvelle génération de responsables politiques ». Sont pressentis, nous dit-on également, pour jouer les premiers rôles dans cette vaste entreprise : Didier Leroux, Pascal Vittori, Jean-Luc Régent, Isabelle Lafleur, et le…FN, en l’occurrence ravalé au rang de personne morale désincarnée. Comme c’est émouvant toutes ces jeunes pousses qu’un doux alizé rumpiste vient faire frémir. Monsieur Martin n’a pas été cité dans l’article. Faut dire que dans le genre citation, il a déjà bénéficié de celle à comparaitre. Sans doute cela suffit-il à son bonheur.

« Pour une fois donc, monsieur Loueckhote ne sera pas juste l’ambassadeur de lui-même… »

Page 6 : on y apprend que monsieur Martin, dans son infinie mansuétude, a temporairement restitué à madame Backès le droit à l’utilisation de ses cordes vocales, à la condition expresse, bien entendu, qu’elle use de cette libéralité pour tacler les membres CE du gouvernement. Quelques rémanences du bon vieux temps, celui de la Koalition…

« Madame Backès retrouve le droit d’utiliser ses cordes vocales… »

Page 6 : où est également évoquée la deuxième réunion de la commission pour un drapeau commun. On comprend bien que plusieurs courants de pensée s’y côtoient: La kanakytude, la calditude et l’opusculitude. Pour le premier, ce n’est pas très compliqué : le drapeau FLNKS, à l’instar du vin tiré qu’il faut boire, a été levé et il faut le voir. Définitivement et exclusivement. Cela dit, on ne pourra pas reprocher aux indépendantistes leur manque de cohérence : leur discours n’a pas varié en la circonstance d’un milliardième de millimètre. Pour le second courant, sur lequel vogue Gaby, théoricien de Caldie, le peuple de Calédonie n’a pas d’existence réelle et il n’a donc pas droit à un drapeau. Pas de bras, pas de chocolat. Pas de Caldien, pas de drapeau. À l’évidence, une réalité a échappé à monsieur Briault : en Nouvelle-Calédonie, on trouve d’ores et déjà un peuple multiethnique qui se reconnaît volontiers sous l’appellation de Calédonien. L’opusculitude frogiérienne, le troisième courant, on connaît : on hisse le drapeau FLNKS à côté du BBR, comme ça, un beau matin, sine die, et il n’y a plus qu’à attendre un geste en retour, geste qu’on ne verra pas plus que le Godot de Beckett, ou alors une fois la pièce jouée jusqu’à l’indépendance finale. Bref, au sein de la Commission du drapeau commun, siègent pour l’essentiel des gens qui, de drapeau commun, ne veulent pas entendre causer. Dès lors, on comprend que Philippe Michel aspire à faire participer les citoyens au débat : avec ses rappels incessants à l’Accord de Nouméa et son « futur partagé entre tous », soliloqués dans l’indifférence générale de la Commission, il doit se sentir un peu seul.

« Pas de bras, pas de chocolat. Pas de Caldien, pas de drapeau… »

Page 23 : sans doute dans le souci de ménager ses effets, notre quotidien préféré nous a gardé le meilleur pour la fin, telle une cerise confite déposée sur un gâteau roboratif : l’interview de monsieur Hilarion Vendegou. Interrogé à propos du clan Vama, il nous dit « Il n’y a plus de conflit, les Vama sont expulsés (…) j’ai reconfirmé l’expulsion, ce ne sont plus des gens de l’Île des Pins », « et puis c’est tout » aurait-il pu ajouter… Au cas où on aurait oublié que, selon lui, Kunié « c’est pas la France », monsieur le maire nous le rappelle opportunément ce jour. Étonnant non, eût dit Desproges, ce Sénateur de la Nation, dépositaire supposé des valeurs d’équité et d’humanisme républicains, qui, faisant fi des lois de son pays, se comporte avec ses concitoyens et administrés tel le roitelet ubuesque d’un royaume d’opérette. Un peu plus loin, monsieur Vendegou précise qu’il ne postulera pas à un second mandat au Sénat. Gageons qu’au Palais du Luxembourg, nul ne remarquera son absence tandis qu’à l’Île des Pins, nombreux seront ceux qui regretteront sa présence.

« Tel le roitelet ubuesque d’un royaume d’opérette… »

Un authentique collector, je vous dis, ce numéro de LNC !

 

(Source Calédosphère:  http://caledosphere.com/2013/04/18/point-de-presse/ )

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