Accueil ACTUALITÉS CENTRALE À CHARBON DE LA SLN : UNE PREMIÈRE VICTOIRE DANS UN COMBAT ENGAGÉ DE LONGUE DATE

CENTRALE À CHARBON DE LA SLN : UNE PREMIÈRE VICTOIRE DANS UN COMBAT ENGAGÉ DE LONGUE DATE

Sonia lagade a l'assembleeConférence de presse du 25 avril 2013 

Hier après-midi à l’Assemblée nationale (cette nuit pour nous), Sonia Lagarde a interpelé le gouvernement à propos de la décision de la SLN de construire au cœur de Nouméa une centrale au charbon, destinée à remplacer son obsolète centrale au fioul.

Dans sa réponse, la ministre de l’écologie du développement durable et de l’énergie, Delphine Batho, a rappelé, au nom du gouvernement, que le souhait de celui-ci « était qu’Eramet choisisse le gaz comme énergie de remplacement plutôt que le charbon ». Elle a également annoncé que le gouvernement était prêt « à expertiser toute solution alternative au choix du charbon, qui pose évidemment un problème environnemental ».

Calédonie Ensemble se félicite de cette annonce.

De très longue date, nous nous sommes résolument engagés en faveur de solutions plus respectueuses de l’environnement et de la santé des Nouméens :

–        le gouvernement présidé par Philippe Gomès s’était engagé dans la mise en œuvre de certaines solutions visant à améliorer la compétitivité de la solution au gaz, un peu plus chère que la solution au charbon (communiqué du 14 février 2011). Philippe Gomès avait saisi en ce sens le premier ministre (lettre du  31 janvier 2011) ;

–        lors de la campagne des législatives, Philippe Gomès et Sonia Lagarde ont pris l’engagement de soutenir la défiscalisation de la nouvelle centrale, à la condition expresse qu’elle ne soit pas au charbon ;

–        dès l’annonce de la décision du conseil d’administration de la SLN, nous avons rappelé notre opposition à la centrale à charbon (communiqué daté du 5 décembre 2012) ; il faut noter que les représentants indépendantistes et non indépendantistes siégeant, au nom de la STCPI, au conseil d’administration de la SLN, ont tous voté pour la centrale à charbon ;

–        enfin, à la province Sud et au conseil municipal de Nouméa, nos élus ont réclamé l’organisation d’un véritable débat sur ce sujet, en présence de l’industriel, des associations environnementales et des associations de riverains, sur le fondement d’une tierce expertise.

Mes dix priorités pour le pays

Suite à nos demandes, la province Sud et la ville de Nouméa se sont contentées d’inviter l’industriel à présenter son projet, respectivement devant l’Assemblée de la province, le 11 janvier, et devant le conseil municipal, le 18 avril.

Ces présentations nous ont clairement montré que la SLN n’avait pas correctement évalué les solutions alternatives à son projet, qu’il s’agisse de recourir aux énergies renouvelables  ou de construire la nouvelle centrale en dehors de Nouméa.

Ces présentations nous ont également confirmé le caractère indispensable d’une tierce expertise, pour faire toute la lumière sur les choix effectués par la SLN.  C’est là une condition indispensable pour que la future enquête publique, imposée par le code de l’environnement adopté par la province Sud en 2009, puisse se dérouler dans de bonnes conditions, et que ses conclusions soient acceptées par tous.

La réponse obtenue du gouvernement par Sonia Lagarde, hier à l’Assemblée nationale, va permettre, dans les prochains mois, de mettre en place cette expertise sur les solutions alternatives au charbon. Lors de son prochain déplacement à Paris, début mai, le député de la deuxième circonscription sollicitera un entretien auprès des ministères de l’écologie et des outre-mer afin qu’elle soit engagée dans les meilleurs délais. Il verra également à cette occasion le président d’ERAMET, Patrick Buffet, afin d’échanger sur cette importante question.

Retrouvez ci-dessous la question que la députée Sonia Lagarde a posée lors de la séance de questions au Gouvernement le mercredi 24 avril :



Voici la retranscription de la question de madame Sonia Lagarde ainsi que la réponse de la ministre :

Assemblée nationale – Extrait du compte-rendu de la séance du 24/04/2013

M. le président. La parole est à Mme Sonia Lagarde, pour le groupe Union des démocrates et indépendants.

Mme Sonia Lagarde. Monsieur le Premier ministre, en 2015, du fait de l’industrie du nickel, la Nouvelle-Calédonie rejoindra les pays du Golfe, principaux contributeurs au réchauffement climatique, et dans les dix ans à venir, ses émissions de CO2 par habitant vont progresser de plus de 165 %.

Et voilà que la Société Le Nickel, la SLN, filiale du groupe Eramet dont l’usine est implantée en plein cœur de Nouméa, doit remplacer sa centrale électrique au fioul.

Après avoir déclaré que son choix se porterait sur une centrale au gaz, la SLN a récemment annoncé, sur fond de chantage à l’emploi, sa décision de recourir au charbon sans que les Calédoniens n’aient jamais été consultés. Nous sommes donc devant le fait accompli et, je le dis ici, cela est inacceptable.

Alors que notre lagon est inscrit au patrimoine de l’Unesco, alors que nous sommes l’une des régions du monde les plus touchées par le réchauffement climatique, alors que nous avons un devoir d’exemplarité écologique, dont la SLN ne saurait être exemptée, alors que le Gouvernement a rappelé hier, ici même, l’engagement de la France dans la réduction des émissions de CO2, cette seule centrale en rejettera 1,2 million de tonnes chaque année. Pire : cette centrale à charbon sera éligible à la défiscalisation outre-mer.

Ma question est donc très simple. Tiendrez-vous compte des importants enjeux environnementaux lors de l’instruction de la demande de défiscalisation, qui ne devrait pas tarder à arriver sur les bureaux de Bercy ? Et l’État, qui est actionnaire d’Eramet… (coupure micro).

M. le président. Merci, madame la députée. La parole est à Mme la ministre de l’écologie, du développement durable et de l’énergie.

Mme Delphine Batho, ministre de l’écologie, du développement durable et de l’énergie. Madame la députée, je vous prie d’excuser Victorin Lurel, qui est en partance pour Haïti, où il va représenter le Gouvernement français au sommet des États de la Caraïbe.

L’usine de la SLN, filiale d’Eramet à Nouméa, doit effectivement remplacer son ancienne centrale au fuel d’ici à 2018 ou 2020. Le souhait du Gouvernement était qu’Eramet choisisse le gaz comme énergie de remplacement plutôt que le charbon. Il était prêt pour cela à mobiliser tous les leviers possibles pour soutenir la compétitivité du gaz par rapport au charbon, dans une zone Asie-Pacifique où le prix du gaz est extrêmement élevé. C’était aussi la position des élus calédoniens, qu’ils soient du gouvernement ou de la province Sud.

Comme vous l’avez indiqué, Eramet n’a pas choisi cette option. Néanmoins, le Gouvernement reste vigilant. Les autorisations administratives que vous avez évoquées relèvent des autorités locales mais pour le reste, le Gouvernement reste prêt à expertiser toute solution alternative au choix du charbon, qui pose évidemment un problème environnemental. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe SRC.)

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