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DE LA MÉMOIRE DÉCHIRÉE A UNE MÉMOIRE COMMUNE

Philippe Gomès Ouvéa 5 Mai 2013

Ouvéa

5 mai 2013

A la suite de la commémoration du 22 avril, la mémoire des 19 preneurs d’otage tués lors de l’assaut de la grotte d’Ouvéa a été honorée ce dimanche 5 mai près de la tribu de Wadrilla par une foule nombreuse.

Parmi les familles, dont celles des gendarmes tués, les délégations officielles étaient présentes pour ce rendez-vous de la mémoire. Léonard Sam, représentant du président du congrès était notamment accompagné par Hélène Iekawé, membre du gouvernement.

Léonard Sam

Helene Iekawe

 

Suite à la cérémonie œcuménique, les discours officiels ont été l’occasion pour chacun de rappeler l’impérieuse nécessité de construire, ensemble, le pays de demain.

Le député Philippe Gomès a rappelé, comme il l’avait fait le 22 avril dernier, que c’est l’ensemble des morts qu’a connu la Nouvelle-Calédonie au cours de son histoire qui doit être honoré par les générations actuelles.

« Nous accomplissons aujourd’hui ce devoir de mémoire au nom de tous les morts du pays en y associant tous nos morts qui sont devenus, je crois, les morts du pays. » a déclaré Philippe Gomès.

Il s’agit pour l’élu de Calédonie Ensemble, d’élargir l’hommage d’Ouvéa, en rassemblant dans une mémoire commune tous ceux qui ont marqué l’histoire du pays :

« Ces mémoires de nos morts ont été longtemps des mémoires séparées, qui se sont heurtées. Il nous appartient aujourd’hui – et c’est la responsabilité de notre génération – de tisser les fils entre ces mémoires déchirées pour en faire une, une mémoire commune, la mémoire du pays. Une mémoire assumée sur laquelle nous sommes susceptibles, ensemble, de construire le destin commun auquel l’Accord de Nouméa nous appelle pour constituer le peuple calédonien. » Philippe Gomès

Enfin, répondant à cet appel, l’élu indépendantiste de la province des Iles, Mathias Waneux, a déclaré à la suite du député que la « réconciliation doit être celle du peuple calédonien avec l’histoire »

Ceremonie d'Ouvea 5 mai 2013

Retrouvez ci-dessous le discours prononcé par Philippe Gomès lors de cette commémoration:

Monsieur le Haut-commissaire de la République,

Monsieur le représentant de la gendarmerie,

Messieurs les autorités coutumières,

Monsieur le maire d’Ouvéa,

Monsieur le vice-président du congrès, Léonard Sam

Monsieur le sénateur honoraire de la République,

Monsieur le représentant du comité du 22 avril,

Messieurs les représentants des autorités religieuses,

Chers habitants de Iaai,

Nous sommes aujourd’hui, en ce 5 mai, le cœur gros. Le cœur gros parce que une part de l’histoire du pays s’est écrite là. Les 19 militants auxquels nous rendons hommage aujourd’hui c’est l’accomplissement d’un devoir de mémoire qui est essentiel pour notre pays et pour notre île.

Ce devoir de mémoire nous l’accomplissons aujourd’hui pour les « 19 », comme nous l’avons accompli le 22 avril pour les « 6 ». Les quatre gendarmes et les deux militaires qui ont trouvé la mort, eux aussi, dans ce drame qu’a connu notre pays.

Ce devoir de mémoire nous devons aussi y associer Jean-Marie Tjibaou, Yeiwéné Yeiwéné et Djubelly Wéa qui, eux aussi, nous ont quittés.

Ce devoir de mémoire nous devons le faire aussi à l’égard de tous nos morts qui sont devenus aujourd’hui je crois les morts du pays. Ceux des évènements qu’il s’agisse de Eloi Machoro comme d’Yves Tual, ceux de la révolte de 1878 comme celle de 1917.

Ces mémoires de nos morts ont été longtemps des mémoires séparées, des mémoires qui se sont heurtées. Il nous appartient aujourd’hui – et c’est la responsabilité de notre génération – de tisser les fils entre ces mémoires déchirées, pour n’en faire qu’une.

Une mémoire commune, la mémoire du pays. Une mémoire assumée, une mémoire partagée. Une mémoire sur laquelle nous sommes susceptibles, ensemble, de construire le destin commun auquel l’Accord de Nouméa nous appelle.

Une mémoire – parce qu’elle est partagée – qui saura nous rendre plus fort pour constituer ce peuple en devenir qu’est le peuple calédonien.

Un peuple constitué du peuple kanak, peuple originel, mais un peuple constitué aussi d’autres peuples venus au cours de cent soixante années, de France métropolitaine, d’Asie ou d’Océanie.

Et j’espère que ce 25ème anniversaire que nous vivons ensemble dans le cadre de cette mémoire rassemblée que nous essayons de constituer, nous permettra de donner un nouvel élan, une nouvelle vie, à la construction du destin commun auquel nous appelle l’histoire.

Je vous remercie,

Oleti.

Source: NC1ère

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