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CALÉDONIE, LA FUTURE CENTRALE À CHARBON D’ERAMET FAIT TOUSSER

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Par Claudine WERY

NOUMEA (France), 14 mai 2013 (AFP) – Le groupe français Eramet veut construire une centrale électrique au charbon pour remplacer la vieille unité au fioul de la Société Le Nickel (SLN) à Nouméa mais élus locaux et écologistes contestent ce choix de combustible, jugé trop polluant.

« L’époque où on se couchait devant la SLN est terminée. Nous demandons une expertise indépendante sur cette centrale, c’est un minimum », a déclaré à l’AFP Philippe Gomes, député de Calédonie Ensemble (groupe UDI).

En déplacement à Paris, il doit évoquer ces jours-ci la réalisation de cette expertise avec Victorin Lurel, ministre des Outre-mer, son homologue de l’Ecologie et de l’Energie, Delphine Batho, ainsi qu’avec Patrick Buffet, Pdg d’Eramet.

A l’unisson avec sa collègue Sonia Lagarge (UDI), M. Gomes a part ailleurs indiqué qu’il s’opposerait à la défiscalisation de cet équipement par Bercy.

Opérateur historique du nickel calédonien, la SLN possède à l’entrée de Nouméa une usine pyrométallurgique, qui produit environ 55.000 tonnes de ferronickel par an, alimentée par une centrale électrique au fioul, qui a plus de 40 ans.

Les fumées qu’émet cette centrale, plantée au milieu de zones urbanisées, sont très polluantes. Quand les vents sont mal orientés, elles provoquent des pics de pollution au dioxyde de souffre, qui obligent les populations environnantes à prendre des mesures de précaution.

Depuis plusieurs années, la SLN évoque le projet de construction d’une nouvelle centrale, promettant initialement qu’elle serait alimentée au gaz.

Finalement en décembre 2012, le conseil d’administration de la société a entériné le financement d’une unité de 180 MW fonctionnant avec du charbon, seul combustible jugé « économiquement viable ».

« La centrale de la SLN est trop petite et trop éloignée d’autres marchés. Aucun producteur de gaz ne s’est montré intéressé pour nous livrer du gaz », a indiqué Olivier Béligon, directeur de la communication de la SLN.

L’industriel a beau assurer que les normes les plus récentes seront respectées, que « les émissions de poussières seront divisées par 15 et celles des dioxyde de souffre par 10 ou 15 », la pilule a du mal à passer.

« Nous sommes mécontents de l’attitude de la SLN. Elle a tergiversé pendant des années sur le gaz ou le charbon et d’un seul coup elle nous met la pression pour que son projet avance vite », maugrée Gaël Yanno, premier adjoint au maire de Nouméa.

Vent debout contre le charbon, l’association écologique Ensemble pour la Planète (EPLP) a mis en ligne une pétition, qui a rassemblé 4.000 signatures.

« Nous reprochons à la SLN de n’avoir étudié que les énergies fossiles, excluant toute autre alternative », proteste Martine Cornaille, présidente d’EPLP.

Elle déplore également que les émissions de CO2 de la SLN ne baisseront pas d’un gramme, au contraire une hausse de 4% est annoncée, alors que la Nouvelle-Calédonie est déjà très mauvaise élève en la matière.

Peu peuplé mais fortement industrialisé, le Caillou émettra, d’ici 2015, 36,8 tonnes de CO2 par habitant et par an, soit un niveau comparable aux pays pétroliers comme le Qatar ou le Koweit.

Un incivisme écologique que dénonce EPLP alors que plusieurs micro-Etats insulaires du Pacifique sud, voisins de la Nouvelle-Calédonie, subissent de plein fouet les effets du réchauffement climatique tels que l’acidification des océans et la montée du niveau de la mer.

La SLN s’est engagée à financer des « projets innovants » pour compenser son empreinte carbone.

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