Accueil VU SUR LE WEB LES 25 ANS DU DRAME OUVÉA CÉLÉBRÉS DANS LA RÉCONCILIATION

LES 25 ANS DU DRAME OUVÉA CÉLÉBRÉS DANS LA RÉCONCILIATION

l'expressAFP/REMY MOYEN

Par LEXPRESS.fr, publié le 22/04/2013 à 13:20

Des célébrations ont eu lieu ce lundi à Ouvéa. Une messe a été célébrée et une plaque commémorative dévoilée.

Des célébrations, marquées par la réconciliation entre gendarmes et familles d’indépendantistes kanaks, ont eu lieu lundi à Ouvéa en Nouvelle-Calédonie, pour commémorer la sanglante prise d’otages de Gossanah, il y a 25 ans. Une messe a été célébrée par Mgr Jean-Pierre Brard, aumônier militaire en Nouvelle-Calédonie au moment des faits, dans la petite église de Saint-Michel puis une plaque commémorative a été dévoilée dans l’enceinte de la brigade, face au magnifique lagon de l’atoll d’Ouvéa.

Le commandant de la gendarmerie dans l’archipel, les familles des gendarmes et des militants indépendantistes décédés en 1988, le député Philippe Gomes (UDI) et le haut-commissaire de la République Jean-Jacques Brot ont participé à cette commémoration. « Je suis très ému par la leçon que nous donnent les Calédoniens, particulièrement à Ouvéa. La matinée a été empreinte d’esprit de pardon et de réconciliation, qui demande un effort énorme », a déclaré M. Brot.

Le 22 avril 1988, un commando du FLNKS (Front de Libération Nationale Kanak Socialiste, indépendantiste) avait attaqué la gendarmerie de la petite île d’Ouvéa, tuant quatre gendarmes et en prenant une vingtaine d’autres en otages dans la grotte de Gossanah. Entre les deux tours de l’élection présidentielle, le 5 mai 1988, l’assaut militaire de la grotte, l’opération « Victor », s’était soldé par un bain de sang, avec la mort de 19 indépendantistes et de 2 militaires.

« Les politiques n’auraient jamais dû envoyer l’armée »

Depuis 1998, le Comité du 22 avril qui réunit les familles des gendarmes et les habitants d’Ouvéa commémore de manière oecuménique cette tragédie. Le 5 mai prochain, des manifestations partagées auront lieu à Gossannah. « Un jour, la mère d’un gendarme disparu (à Ouvéa, ndlr), Daniel Leroy, m’a dit: ‘Les larmes d’une mère kanak sont les mêmes que les miennes’. Il faudra toujours se souvenir que cet épisode a existé », a déclaré François Lambolley, président du Comité 22 avril aux Nouvelles Calédoniennes. La brutalité de l’assaut et les conditions dans lesquelles les militants kanaks sont morts, plusieurs ayant été exécutés selon des accusations, ont à l’époque soulevé la polémique. »Les politiques n’auraient jamais dû envoyer l’armée dans ce conflit. Il aurait fallu laisser faire les gendarmes », a-t-il également déclaré. Un peu plus d’un mois après le drame d’Ouvéa, sous l’égide du Premier ministre d’alors, Michel Rocard, loyalistes et indépendantistes enterraient la hache de guerre, en signant le 26 juin 1988, les accords de Matignon. Leur réconciliation fut symbolisée par une poignée de mains entre les leaders des deux camps rivaux: Jacques Lafleur et Jean-Marie Tjibaou.

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