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BAINIMARAMA EN NOUVELLE-CALÉDONIE : PETITS ARRANGEMENTS SUR LE DOS DU PEUPLE FIDJIEN

Bainimarama

Communiqué du mardi 18 juin 2013

L’amiral Franck Bainimarama est arrivé hier sur le sol calédonien. A cette occasion, Calédonie Ensemble souhaite rappeler un certain nombre de faits qui éclairent la situation dramatique vécue par le peuple fidjien.

Ainsi, le dernier rapport annuel d’Amnesty International établit un constat alarmant sur la situation des droits de l’homme à Fidji. Il mentionne notamment : « Le régime militaire continue de restreindre les droits à la liberté d’expression, d’associations et de réunion pacifique. Des responsables politiques et des défenseurs des droits humains ont été arrêtés et inculpés de graves infractions. Certains d’entre eux ont été emprisonnés. »

Amnesty International a également dénoncé les pratiques de torture infligées aux prisonniers, qui font de longue date l’objet de témoignages et qui viennent d’être confirmées par une insoutenable vidéo diffusée au mois de mars dernier (cf : http://tinylink.net/84365‎).

Dans un rapport du 25 avril 2013, Amnesty International rappelle que Franck Bainimarama n’a pas respecté son engagement de réunir une Assemblée constituante et qu’il a fait préparer par son gouvernement un projet de constitution comportant de nombreuses incompatibilités vis-à-vis des droits de l’homme.  Ce projet autorise notamment le maintien des actuels décrets limitant la liberté d’expression,  largement dénoncés par l’association internationale Reporters Sans Frontières, qui permettent d’infliger 2 ans de prison à tout journaliste qui publierait des informations contraires à l’ « intérêt public », et 5 ans de prison à toute personne qui tiendrait des propos qui « portent atteinte à l’économie de Fiji ».

Les droits des travailleurs sont également largement bafoués par le régime de Franck Bainimarama. Ainsi, à la fin de l’année 2012, l’Organisation Internationale du Travail, qui dépend des Nations-Unies, a envoyé sur place une mission de haut niveau, qui incluait un membre de la Cour internationale de justice. Cette mission n’a pas pu entrer sur le territoire Fidjien et a dû repartir par le premier avion. Le gouvernement Fidjien a traduit en justice deux syndicalistes locaux qui étaient venus accueillir cette mission à l’aéroport… L’OIT a vertement critiqué l’expulsion de ses missionnaires, jugeant au passage que cela « met davantage en lumière la situation critique des libertés syndicales aux Fidji ».

Face à cette situation, la communauté internationale est restée ferme à l’encontre du régime fidjien : Fidji reste suspendue du Forum des îles du Pacifique et du Commonwealth, Franck Bainimarama et sa famille ont été officiellement déclarés « persona non grata » sur leur sol par l’Australie et la Nouvelle-Zélande, le Conseil de l’Europe a étendu ses sanctions commerciales contre le pays, le Premier ministre japonais a « désinvité » son homologue fidjien à la 6ème rencontre des Dirigeants de l’Alliance du Pacifique (PALM) des 25 et 26 mai 2012, etc.

Vu la gravité de la situation des droits de l’homme à Fidjien, confirmée par des ONG réputées et par l’OIT, vu la fermeté de la communauté internationale à l’encontre de Franck Bainimarama, Calédonie Ensemble estime inadmissible que la France ait accordé à ce dernier un visa lui permettant de conduire en Nouvelle-Calédonie la délégation officielle du Groupe du Fer de Lance Mélanésien.

Nous regrettons que cette décision du ministre français des affaires étrangères affaiblisse la position d’un certain nombre de pays du Pacifique.

On connaît désormais le prix des droits de l’homme pour la France : c’est trois Airbus…

Calédonie Ensemble, qui a toujours été favorable à un renforcement de l’intégration régionale de la Nouvelle-Calédonie, tient à réaffirmer sa solidarité avec les peuples mélanésiens et particulièrement avec le peuple fidjien, qui vit sous le joug d’un dictateur ne reculant devant rien.

Nous dénonçons ceux qui prétendent que Fidji serait sur le chemin du retour à la démocratie. Nous regrettons également que, contrairement à Gérard Poadja, président du congrès, Harold Martin, qui, selon les termes de la loi organique « représente la Nouvelle-Calédonie », n’ait pas eu la décence de s’abstenir de participer aux différentes manifestations officielles prévues dans le cadre du 19ème sommet du GFLM. Mais encore fallait-il qu’il ait de véritables convictions…

Car, pour reprendre à nouveau la formule de Rama Yade, la Nouvelle-Calédonie n’est pas un paillasson sur lequel un dictateur de la région peut venir s’essuyer les pieds.

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