Accueil ACTUALITÉS UN PREMIER MINISTRE À L’ ÉCOUTE

UN PREMIER MINISTRE À L’ ÉCOUTE

premier ministre

Conférence de presse du mardi 30 juillet 2013

h

En prenant le temps, à peine plus d’un an après avoir pris ses fonctions à Matignon et malgré un agenda chargé, d’effectuer une longue visite en Nouvelle-Calédonie, Jean-Marc Ayrault a confirmé toute l’attention qu’attachait le gouvernement de la République à la situation de la Nouvelle-Calédonie, à son avenir, et à une sortie apaisée de l’accord de Nouméa. Pendant ces 2 jours et demi, nous avons constaté la très grande attention dont le premier ministre a fait preuve à l’égard de tous les problèmes qui se posent aux Calédoniens, y compris sur les sujets qui les concernent au quotidien, comme la réduction des inégalités, l’emploi, le développement économique, la vie chère ou le logement.

Plusieurs éléments sont à retenir dans les déclarations du premier ministre.

D’abord, sur le plan politique, Jean-Marc Ayrault a fait la démonstration de son réel souci d’impartialité, en décrivant dans des termes très équilibrés sa conception du rôle de l’Etat à l’égard de la mise en œuvre de l’accord de Nouméa. Ses déclarations s’inscrivent dans la continuité de celles du président de la République avait indiqué, lorsqu’il avait reçu les membres du comité de suivi de l’accord de Nouméa, que l’Etat se devait d’être « à équidistance » entre les mouvements de sensibilité indépendantistes et ceux de sensibilité non-indépendantiste. Pour autant, l’attitude de Jean-Marc Ayrault nous parait importante, tant elle contraste avec l’engagement partisan dont avait fait preuve le gouvernement précédent, lorsque celui-ci s’était engagé en faveur des deux drapeaux, de l’élection de Roch Wamytan à la présidence du congrès ou encore de la légalisation des squats. Il serait erroné de croire que c’est par hasard que le premier ministre n’a pas une seule fois, durant son séjour, abordé le sujet des deux drapeaux…

Toujours sur le plan politique, nous avons été marqués par l’esprit d’ouverture dont a fait preuve Jean-Marc Ayrault, lorsqu’il a notamment évoqué, dans son discours devant les élus du congrès, le fait que, « sauf à ce qu’une solution consensuelle réunisse l’ensemble des forces calédoniennes, solution qui entrainerait nécessairement une révision de la Constitution, la question de l’accès de la Nouvelle-Calédonie à la pleine souveraineté sera posée par référendum au plus tard en 2018, dans les termes prévus par l’accord de Nouméa ». C’est pour nous une très bonne chose que l’Etat accepte d’envisager ainsi une révision de la Constitution, à la condition que l’ensemble des forces politiques en soient d’accord, dans le but d’éviter le référendum « guillotine » prévu par l’accord. Le premier ministre rejoint ainsi la perspective que nous avions nous-mêmes tracée d’une nécessaire modification constitutionnelle, en évoquant le fait que, si le contenu détaillé des deux choix possibles qui se présentent aux Calédoniens (Etat indépendant ou maintien dans la France) pouvait faire l’objet « d’un accord politique entre les indépendantistes, les non-indépendantistes et l’Etat, des garanties devront être apportées aux Calédoniens en inscrivant dans la Constitution de la République les termes de cette nouvelle consultation, ainsi que les éléments fondamentaux de cet accord politique. De sorte que, quel que soit leur choix, les Calédoniens sachent avec certitude quelle sera la situation institutionnelle et politique de leur pays au lendemain du référendum » (Les Nouvelles Calédoniennes du 5 juillet 2013).

f

Nous sommes également satisfaits d’avoir entendu le premier ministre confirmer l’engagement de l’Etat sur plusieurs dossiers sur lesquels Calédonie Ensemble a joué  un rôle moteur :

Plafonnement des frais bancaires

Ainsi, Jean-Marc Ayrault a déclaré être déçu des résultats obtenus par la négociation concernant les frais bancaires, au point qu’il envisage de « prendre des dispositions législatives ou par décrets », parce que « faire payer les frais bancaires trois, quatre, cinq fois plus qu’en métropole, je ne trouve ça pas juste ». Rappelons que Philippe Gomès et Sonia Lagarde avaient, à travers un amendement, fait inscrire dans la loi « Lurel » la possibilité de plafonner par décret 16 frais bancaires « de base », et que le gouvernement s’était alors engagé à négocier un accord avec les banques, et à prendre un décret en cas d’échec de cette négociation.

Renforcement du logement social

En ce qui concerne le logement social, Jean-Marc Ayrault a dit publiquement, lors du journal télévisé dont il était l’invité, que le fait que « des gens [n’aient] pas les moyens d’accéder à un logement de qualité, et le développement de certains squats, ce sont des situations qui ne sont pas acceptables ». Là encore, cela rejoint directement nos préoccupations, car nous dénonçons depuis deux ans l’abandon coupable, par l’exécutif de la province Sud, des politiques de logement social, au détriment à la fois des populations concernées et du secteur du BTP, qui a déjà perdu plus de 1500 emplois.

Extension et réhabilitation du Camp-Est

De même, le premier ministre a rappelé l’urgence de réaliser l’extension-réhabilitation du Camp-Est et a demandé à la garde des sceaux « d’accélérer le programme d’investissement, pour que les travaux soient réalisés dans les meilleures conditions possibles ». Lors de l’entretien que les deux députés de Calédonie Ensemble ont eu vendredi avec le premier ministre, celui-ci s’est également engagé à inscrire au budget les crédits d’étude portant sur la création, en province Nord, d’un centre dédié aux personnes originaires de cette province et dont la condamnation est définitive.

Lycées du Mont-Dore et de Pouembout

Lors du même entretien, Jean-Marc Ayrault a garanti à nos élus que la réalisation des lycées du Mont-Dore et de Pouembout se ferait dans les temps, afin d’accueillir leurs premiers élèves lors de la rentrée 2016.

Emplois d’avenir et contrats de générations

Lors de son interview au journal télévisé de Nouvelle-Calédonie 1ère, le premier ministre a aussi confirmé publiquement le soutien de l’Etat à un dispositif local déclinant les emplois d’avenir et les contrats de générations.

k

Enfin, pour la première fois, le chef du gouvernement de la République s’est rendu à Ouvéa pour « s’incliner à la mémoire de toutes les victimes de la tragédie de 1988 » et, lors de son  discours devant les élus du congrès, il a, en s’inscrivant dans les pas de Michel Rocard et Lionel Jospin, affirmé la nécessité de « poursuivre le travail de mémoire, parce que c’est lui qui permet l’acte de paix et de réconciliation ». Nous considérons quant à nous qu’aucun destin commun ne pourra s’écrire si nous ne sommes pas capables d’assumer une mémoire commune.

À voir aussi :

Réunion à la CPS avec L’IFRECOR

( 18 septembre 2017 ) Philippe Gomès : « Réunion hier matin à la Communauté du Pacifique S…