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MANIFESTATION: INCIDENT À VALE

Usine de vale

NOUMEA (France), 18 nov 2013 (AFP) – Quelque 300 personnes ont manifesté lundi pour réclamer une remise à plat totale des conditions d’exploitation de l’usine chimique de traitement de nickel du Brésilien Vale, à l’arrêt après un nouvel incident survenu le 11 novembre.

André Vama, président de l’association RheebuNuu (association écologique et autochtoniste) à l’origine du mouvement, a dénoncé un manque de suivi de cette gigantesque usine métallurgique, entrée en production cette année.

« La province sud et la Direction des mines ont laissé faire. Le tuyau n’avait pas été inspecté depuis 2011 », a-t-il déploré. Le 11 novembre, un tronçon de 15 mètres de l’émissaire marin, par lequel l’usine rejette ses effluents, a été découvert flottant en surface du lagon, au fond duquel il est normalement amarré, au sud de la Nouvelle-Calédonie.

Des investigations ont mis au jour une autre avarie, alors que ce tuyau de 21 km, à l’origine de fortes polémiques lors de la construction de l’usine, rejette des effluents industriels, aux composants potentiellement dangereux s’ils ne sont pas strictement surveillés.

Les femmes des tribus kanakes de la région campent depuis lundi matin aux abords de l’usine, pour exiger explications et « sanctions ».

« On a l’impression que Vale nous cache des choses, qu’ils avancent à l’aveuglette », a déclaré Eliane Attiti, habitante de la tribu de Goro.

Une dizaine de baleines à bec, dont trois sont mortes, se sont d’autre part échouées ce week-end sur une plage proche de l’usine. Des habitants s’interrogent sur le lien avec la rupture de l’émissaire tandis que d’autres y voient « un signe des anciens » sur les dangers de cette unité.

Dès octobre, Rheebu Nuu avait déploré dans un communiqué « le fort déficit d’information des populations et de la commune de Yaté« , soulignant que la province sud n’avait réuni « qu’une seule fois » le Comité Local d’Information.

Le député Philippe Gomes a lui aussi mis en cause la « défaillance totale » de la collectivité en termes de « contrôles, de transparence et de sanction ».

« Cela a créé un contexte propice au relâchement pour l’industriel, dont on paie aujourd’hui le prix », a-t-il déclaré à l’AFP.

Jeudi, la présidente de la province sud a mis en demeure Vale d’expliquer en « détails » les circonstances de l’incident. Le groupe brésilien doit rendre ses conclusions lundi.

D’un coût de 6 milliards de dollars, l’usine hydrométallurgique de Vale, classée Seveso 2, est entrée en production en 2013 après un chantier de douze ans, émaillé d’une kyrielle d’incidents techniques et de différends avec les populations locales.

Elle devait produire 24.000 tonnes d’oxyde de nickel en 2013 mais certains observateurs estiment que ce sera « à peine la moitié ».

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