Accueil FOCUS MÉDIA LES PROPOS DE DANIEL GOA : « CE N’EST PAS TRÈS SÉRIEUX »

LES PROPOS DE DANIEL GOA : « CE N’EST PAS TRÈS SÉRIEUX »

Oceane fm

 

Journaliste : Concernant l’avenir institutionnel du territoire, Daniel Goa, le président de l’UC, a déclaré, je cite, « si au bout de trois référendums, c’est non, de toute façon, l’Accord de Nouméa s’arrête là, c’est la fin de la démarche. On renvoie alors le colonisé et le colonisateur en bilatéral, c’est-à-dire une discussion avec l’État, c’est ce qui est dit dans l’Accord de Nouméa, et l’État ne peut que nous donner l’indépendance ». Fin de citation. Qu’en pensez-vous ?

Philippe Gomès : Je pense que ce n’est pas très sérieux, pas très sérieux que le président du premier parti politique indépendantiste du pays, qui est l’UC, Daniel Goa, dise des choses pareilles. C’est pas très sérieux, parce que l’UC est engagée par sa signature, sa signature sur l’Accord de Nouméa. C’est une signature qui a été donnée en 98. Et donc, ils ne peuvent pas maintenant, au terme de cet accord, aller réécrire la sortie de l’Accord, comme ça les arrange, c’est-à-dire de manière malhonnête et d’essayer de faire croire à leur base des choses qui, en aucune manière, ne sont prévues par l’Accord de Nouméa.

Je m’explique : qu’est-ce que prévoit l’Accord de Nouméa à sa sortie ? Trois référendums. Le premier, organisé, au plus tard, en 2018, par l’État, pour ou contre l’indépendance. Si on dit non, un deuxième, organisé en 2020. Si les Calédoniens disent une nouvelle fois non, un troisième, organisé en 2022. Et si les Calédoniens disent une nouvelle fois non, qu’est-ce que prévoit l’Accord de Nouméa ? L’Accord de Nouméa dit : les partenaires se réunissent pour examiner la situation ainsi créée. L’Accord de Nouméa ne dit pas, comme le dit, là, Daniel Goa, selon une histoire qu’il s’est raconté à lui tout seul et qu’il raconte maintenant aux siens, de manière malhonnête, je le redis, on renvoie alors le colonisé et le colonisateur en bilatéral, c’est-à-dire une discussion avec l’État, et l’État ne peut que nous donner l’indépendance. L’Accord de Nouméa ne dit pas du tout ça.

L’Accord de Nouméa dit, au bout de trois non à des référendums, on doit se remettre autour de la table pour examiner la situation ainsi créée, c’est-à-dire, en clair, trouver une solution qui nous permette de continuer à vivre ensemble et à vivre en paix. Donc, rien à voir avec les affirmations de Daniel Goa.

Deuxième chose, l’Accord de Nouméa prévoit explicitement que la réponse des Calédoniens à l’indépendance puisse être un non, puisqu’il pose même un principe, l’Accord de Nouméa, c’est le principe d’irréversibilité. Ça veut dire quoi, le principe d’irréversibilité ? C’est-à-dire que le point où on en est rendu au terme de l’Accord de Nouméa, en matière de décolonisation et d’émancipation, et notamment les transferts de compétences qui ont été effectués au profit de la Nouvelle-Calédonie, on ne peut pas revenir en arrière. L’Accord de Nouméa prévoit explicitement que l’autre hypothèse, celle qui n’est pas l’indépendance, a un cliquet qui empêche le retour en arrière, c’est l’hypothèse d’une Nouvelle-Calédonie qui reste au sein de la République, mais que les avancées de la Nouvelle-Calédonie, en termes de capacités à se gouverner elle-même, ne peuvent pas être remises en cause et que l’irréversibilité s’applique.(OFM, 15/11/13)

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